D’un côté un étudiant catholique pratiquant Henri, un « ange gardien » d’une grande modestie et porté par une foi exceptionnelle, sublimé par son amour envers ses « prochains » et des cathédrales qu’il visite depuis trois mois sur l’ensemble du territoire, de l’autre un loueur de pédalos, tout aussi jeune, réunis dans le même hommage bien mérité rendu par le chef de l’Etat accompagné de son épouse Brigitte, hier à Grenoble et Annecy. Un hommage partagé avec l’ensemble des pompiers, gendarmes, policiers nationaux et municipaux, personnels et équipe médicale, auxquels Emmanuel Macron souhaitait témoigner tous les remerciements de la nation à ces bons « soldats » de l’anonymat et du devoir, témoins et acteurs de cette attaque qui, de toute évidence, ont permis de sauver des vies. Celles qui plus est de bambins, d’où l’extrême émotion de cette situation dans laquelle, qu’on l’aime ou à l’inverse le déteste, le président excelle et prend tout son temps. Cette communion pleine de compassion évidemment pas seulement religieuse fait chaud au cœur et nous éloigne momentanément et de façon hélas trop provisoire, à d’autres images, même si elle était consécutive à un drame épouvantable à l’image d’un monde devenu toujours plus fou, d’une actualité nationale et internationale toujours plus sombre.
Comme quoi il existe encore quelques lueurs d’espoir avec ces anonymes aussi, qui au péril de leur vie se sont transformés bien malgré eux en héros loin d’être ordinaires. Ce n’est pas vraiment une surprise si Henri a surtout pensé en poursuivant l’assaillant au lieutenant-colonel de gendarmerie Arnaud Beltrame, qui du côté de Carcassonne, au pied presque d’un de nos joyaux de l’histoire, fit don de sa vie pour sauver les otages d’un fou islamiste dans un supermarché qui avait déjà assassiné sur son périple meurtrier deux personnes. Avant d’être blessé par balles puis égorgé par ce barbare auprès duquel il avait choisi de se substituer comme otage pour sauver des vies humaines. Très croyant lui aussi, l’un des autres invités du couple présidentiel à Annecy espère lui seulement être invité lors de la réouverture de Notre-Dame-de-Paris, l’année prochaine. Une demande qui ne devrait pas poser le moindre problème !
Qu’elle est aussi surréaliste et miraculeuse à des milliers de kilomètres d’Annecy la récupération d’une fratrie de quatre frères et soeurs colombiens de 1 an pour la plus petite à 13 ans, disparus dans un crash d’avion dans la jungle amazonienne (au cours duquel le pilote et leur maman périrent) qui, 40 jours après ont été retrouvés sains et saufs par d’autres secouristes. Dans un environnement d’une grande hostilité où leur origine indigène leur a permis vraisemblablement de se nourrir et d’échapper à des fauves et à une faune pas spécialement hospitalière et conviviale. Comme quoi il y a aussi des infos heureuses. Il ne faut pas bouder son plaisir. Elles sont tellement rares. Une incroyable histoire et ce d’autant plus que le président colombien avait annoncé à tort qu’ils avaient été récupérés vivants il y a deux semaines ! Cette fois, c’est la bonne et si heureuse conclusion.
C’est évidemment moins effroyable mais l’actualité de ce ces derniers jours nous a offert également une polémique toute aussi « con-sacrée » dont on se serait bien passée. Ca se passe à Carnac, célèbre station balnéaire du Morbihan, où très près du célèbre alignement de menhirs, légitime fierté de la Bretagne, et même au-delà, le chantier d’un magasin « Monsieur bricolage » est en voie d’achèvement sur un terrain lui aussi chargé en histoire sur lequel avec l’accord bien sûr de la mairie qui après un premier refus de permis avait finalement donné son accord et de la Direction régionale de l’action culturelle (DRAC). Une trentaine de moindre importance de ces mégalithiques d’une hauteur de 80 centimètres avaient dû disparaître du paysage. Au grand dam puis de la colère justement médiatisée des opposants qui à partir d’un blog d’un archéologue amateur ont été sensibilisés par cet enlèvement. Hélas un peu tard ! Panoramix, Astérix et surtout Obélix n’ont pas dû goûté la plaisanterie ! Si on s’attaque maintenant indirectement à nos célèbres héros gaulois. Il y a de quoi vraiment devenir réfractaires. Aux dernières nouvelles, l’implantation d’un IKEA n’est pas encore prévu sur le site millénaire (un jeunot par rapport à toutes ces vestiges d’époques beaucoup éloignées) du Mont-Saint-Michel. « Emmanuel 2″ n’en a pas parlé lors de son déplacement normand en milieu de semaine. Tonnerre de Brest, il n’aurait plus manqué que ça ! Quel sparadrap, capitaine « bachi-bouzouk » et « ectoplasme » aux illustres onomatopées et jurons ça aurait collé à un autre de nos héros préférés des bandes dessinées de notre jeunesse…Par Toutatis, « L’île mystérieuse » normande du belge Hergé matinée d’un peu de Bretagne (une autre source de discorde historique avec cette foutue rivière du Couesnon) n’entend pas passer sous pavillon suédois !