L’emballement médiatique ne concerne pas que nos politiques qui trop souvent après un drame confondent vitesse et précipitation en tirant plus vite que leur ombre. L’arrivée dans l’espace informatif des chaînes d’infos en continu (enfin pour ceux qui les suivent longuement) a bouleversé notre quotidien. Avec tous ses travers exagérés. « Pierre qui roule n’amasse pas mousse » comme dit le proverbe. Surtout à Carnac où l’on s’est peut-être trop…aligné, à proximité du site de dolmens et menhirs, classé monument historique depuis 1889 qui a fait la richesse et la notoriété de cette station balnéaire du Morbihan, avec le lancement d’une polémique probablement survendue. N’aurait-on pas un peu bricolé avec la vérité et l’importance du préjudice archéologique ?
Cette affaire désolante s’est tout de même trouvée prolongée ce week-end par des menaces de mort et la destruction de sa maison proférées à l’encontre du maire de la ville touristique par certains illuminés bien allumés par des politiques locaux et nationaux (Eric Zemmour s’est même rendu sur les lieux pour dénoncer cet outrage) . Et même jusqu’à l’inscription d’un tag sur le porche de l’église Saint-Cornely. » Tout raser comme les menhirs ». Ca c’est du concret. Imbécile. Pour le reste, il est peut-être permis de s’interroger sur la vraie nature et la richesse du site archéologique mis à jour et même le nombre de petits menhirs transférés pour cause de construction d’un magasin de bricolage. Qui a fait beaucoup couler d’encre. Tout comme d’ailleurs quelques jours plus tôt une autre affaire beaucoup plus émotionnelle: celle relative à l’agression dont avait été victime un petit enfant de 8 ans, Kenzo, atteint d’un cancer, dans l’une des loges du stade d’Ajaccio où il avait été invité avec ses parents pour voir son équipe favorite l’OM. Quelques zones d’ombre étaient très vite survenues, mais on s’était surtout attaché et c’est bien normal à la seule agression scandaleuse du « minot » marseillais qui était même remontée jusqu’à l’Elysée avec là aussi une juste intervention de soutien du chef de l’Etat…supporteur du club phocéen.
Or, il se pourrait que l’enfant n’ait pas été frappé et son maillot de l’OM pas davantage brûlé. Seul son père, suspecté lui de provocation à l’encontre de supporters corses, aurait été victime de coups! Ce qui en rien n’est acceptable et ne justifie la moindre tolérance mais forcément modifie néanmoins un peu le compréhension de cet événement qui a bouleversé nombre de nos compatriotes. Cette possible exagération à la marseillaise toute aussi regrettable qu’elle puisse être n’enlève pas pour autant le préjudice du petit déjà assez éprouvé par sa maladie et celui de ses proches…qui en ont-peut-être-rajouté pour « faire de la mousse » !
C’est beaucoup moins grave mais un ministre du gouvernement s’est retrouvé en rade dans la « pampa » dans son train bloqué d’où il revenait de Nouvelle-Aquitaine où il avait annoncé quelques heures plus tôt des nouvelles rames assurant les liaisons entre Bordeaux et Marseille. Un sur-place de plusieurs heures dont ont été victimes aussi des milliers d’usagers vendredi soir retenus bien malgrè eux dans des trains à partir des gares de Montparnasse et du Nord. Avec une punition identique sur plusieurs lignes en sens inverse.
Reconnu par ses compagnons d’infortune…le ministre des Transports, Clément Beaune, a donc joué les médiateurs avec la SNCF pour informer en temps réel les passagers et leur garantir une indemnisation dans les meilleurs délais…C’est toujours mieux d’avoir un ministre partageant ses…déboires. Ce n’est pas pour autant que le ministre de tutelle du rail a payé une tournée générale à tous les « assoifés » ! Il n’y avait peut-être pas de wagon-bar ouvert ! A sec le ministre…