Que de décibels et il ne s’agit pas là de ceux de la fête de la musique ! L’hystérie collective est en marche forcée. Après Annecy, Bordeaux et l’effroyable agression d’une grand-mère et de sa petite-fille, violemment projetées au sol. Terribles images véhiculées à une vitesse éclair sur les réseaux sociaux à partir de la captation d’images à des fins très intéressées de la caméra de surveillance du hall de l’immeuble d’où elles ont été extraites avec la plus grande des violences. Une vidéo dans un premier temps diffusée sans floutage des victimes. Ce qui au passage est illégal. D’où notamment la réaction de totale incompréhension pour ne pas dire plus de la pauvre famille sous les feux d’une sombre actualité comme à l’image de la météo très orageuse sur la France. Et des réactions à chaud d’une classe politique complétement hystérisée par l’événement. Dans un sens comme dans l’autre. Un « parler pour ne rien dire » selon la version de la Première ministre bien malheureuse dans son propos comme pour celui de l’éco-terrorisme et la dissolution aujourd’hui programmée du collectif « Soulèvements de la terre ». Lamentable comme celle de la grande imprudence de Marine Le Pen qui, avant même d’en savoir plus, suivie de plusieurs de ses lieutenants les plus fanatisés et extrémistes, a parlé d’un assaillant migrant…puisque noir ! Pas de chance, l’agresseur, de parents français, est né à Bordeaux il y 29 ans. Peut-être, allez savoir, un antillais même si son prénom, Brahima, est davantage de consonnance africaine ou d’autres territoires d’outre-mer où la cheftaine du Rassemblement national obtient ses meilleurs scores électoraux. Heureusement encore que le parcours judiciaire de l’intéressé, un sans domicile fixe, valait, si j’ose dire, le coup ! Ca a « sauvé » la bourde initiale. Une quinzaine de condamnations à son passif pour usage de stupéfiants, coups et blessures, menaces de mort, rebellion et divers délits routiers. Un bon paquet bien ficelé pour une fois encore s’attaquer non sans raison hélas au laxisme de la justice. Sans parler de la légitime incompréhension que l’on peut avoir sur la situation d’errance de ces malades atteints de graves troubles psychiatriques (ils sont 600.00 schizophrènes dont 70 % de SDF) qui se retrouvent en France trop souvent dans la rue. Libres de commettre tous les actes les plus odieux notamment sur des personnes plus fragiles en relation avec leur âge. Petit ou grand.
Ni instrumentalisation trop facile et encore moins banalisation de ce genre de faits divers ou de société en constante augmentation en terme de couverture médiatique, tel devrait être la position médiane de ceux qui nous gouvernent ou aspirent à le faire. Les éditiorialistes du « soir » pour beaucoup d’entre eux à très haute voix n’ont pas manqué de dénoncer la récupération de cette nouvelle affaire en s’attaquant principalement aux leaders de la droite extrême. C’est quand même trop facile. Même si je déplore très souvent dans ces mêmes colonnes cette récupération d’où qu’elle vienne, d’un extrême à l’autre. Bien aidée par la complaisance ou le silence retentissant de certains médias qui en rajoutent des tonnes ou pas en fonction un peu, voire beaucoup, de l’identité des victimes et de l’origine de leurs agresseurs. Quelles magnifiques figures à géométrie très variable facilitées par l’overdose coupable des réseaux sociaux amplificateurs d’une insécurité toujours plus grande, même dans des villes hier considérées comme « tranquilles » et devenues au fil des années des coupe-gorge comme dans le monde rural, où la « folie humaine » sévit aussi. Une situation servant sur un plateau doré l’extrême-droite ! Et un sujet tabou tout aussi terrible pour une partie de la gauche qui ferme les yeux et pour qui c’est trop souvent « Bonne nuit les petits ». On nous prend vraiment pour des Nicolas et Pimprenelle, héros de notre enfance. Enfin pour les moins jeunes…
Alors qu’au même moment, à l’heure du « marchand de sable » devant les grilles du Conseil d’Etat plusieurs centaines de « mineurs dits isolés » (ceux qui squattaient une école desaffectée du XVI e arrondissement de Paris depuis trois mois) très bien instrumentalisés avec le soutien très efficace de plusieurs associations d’aide aux migrants et de plusieurs députés de la France insoumise) ont planté pendant trois heures en soirée leur tente avant d’être délogés par les forces de l’ordre! C’est la chenille du désordre qui continue…Conséquence, coïncidence ou pas après cette tentative de coup de force, encore à forte tension, s’est prolongée ce mercredi matin par un « grand ménage » de l’ex-école transformée en « bidonville urbain et indigne » qui, dans la nuit, s’était vidée de la totalité de ses occupants (au nombre de plus de 600) dont on ignore encore la destination…