La « créature a échappé en quelque sorte à son maître qu’il a servi pendant toutes ces années. Arrête ton char « Ben-Hur Prigojine »…Dans la… »Rostov antique », si elle avait existé, il aurait été un héros ou un traitre ! Tout ça pour ça. 24 heures top chrono pour ce péplum wagnérien. Pour l’une des rebellions les plus courtes de l’histoire…Sacré Evgueni. Coup de com, coup de bluff, son nom restera dans l’histoire pour avoir été celui qui a fait vacillé Poutine l’espace de quelques heures. Avant une volte-face et le retrait à sa demande de ses troupes alors qu’elles avançaient sans avoir eu à tirer un seul coup de fusil jusqu’à trois cents kilomètres de la capitale. La si puissante armée russe (déjà bien entamée après ses échecs ukrainiens) aux abonnés absents. Un appareil d’état complètement paralysé et probablement infecté par des complicités internes au Kremlin. Sans la moindre réaction. Et puis en fin de soirée samedi le dénouement tout aussi ubuesque. Le patron de la milice paramilitaire siffle la fin de la récré ou le concert pour, dit-il, « éviter un bain de sang ». Demi-tour toute. Le départ original en char pour des vacances s’est arrêté en effet plus tôt que prévu sur l’autoroute en direction de Moscou. Peut-être avaient-ils oublié leur dernière compilation de Mylène Farmer, leur crème bronzante ou parasol ? Si ce n’était pas tragique on en « rigolerait » presque avec tout le sang qu’a sur les mains le pantin milliardaire, un ancien taulard qui, au début des années quatre-vingt dix, après la chute de l’empire soviétique, commença à s’acoquiner dans des affaires louches avec le maire de Saint-Pétesbourg, le futur nouveau tsar ! Le début d’une grande complicité au moins financière et la construction d’un magot aux origines douteuses de la plus grande importance. Le commencement d’une roue de la fortune gagnante-gagnante facilitée par les vols de minérais africains, son territoire de chasse où il a fait ses classes militaires avec sa milice de « bouchers » mercenaires ! D’affreux gibiers de potence qui depuis un an et demi semaient l’horreur en Ukraine. Une main d’oeuvre qui désormais va manquer au maître du Kremlin pour finir une guerre mal engagée. Et pas seulement que sur le continent africain et plus particulièrement dans une quinzaine de pays livrés, notamment au Sahel, soit aux chinois soit aux russes qui ont mis en place ou facilité des régimes fantoches à leur bottes.
Mais quelle sévère humiliation pour le colosse aux pieds d’argile, Poutine, qui sort terriblement fragilisé après cette « marche » qui n’avait rien de wagnérienne. Comment accepter sans réagir de « prendre cher » en trois dimensions. Celle de devoir compter sur l’aide de son voisin et vassal, le président de la Biélorussie, Alexandre Loukachenko, un autre pantin dictateur et médiateur et presque sauveur de son ami « popov », un ours transformé presque en ourson, jouer les messieurs bons offices et accueillir (quel cadeau empoisonné) le « félon » sur son sol très nucléairalisé par la grâce du pouvoir russe tellement affaibli, avec une partie de ses mercenaires.
Qu’a donc pu lui promettre Poutine qui pourtant avait martelé ce samedi matin que les traitres au peuple russe seraient durement châtiés ? Un petit exil probablement de courte durée et on efface l’ardoise ? En Biélorussie dans un premier temps puis peut-être en Afrique pour de nouveaux funestes safaris ? Et ce n’est pas sûr que le toujours « milliardaire » y accueillera à bras ouverts ses cibles préférées: le chef d’état-major de l’Armée et le ministre de la Défense. Qui eux aussi pourraient payer très cher après cette triste « mascarade » aux conséquences évidemment encore inconnues sur le plan planétaire…
La « déroute » la plus humiliante pour ce président « caché » voire « planqué » pendant ces 24 heures à suspense restant la passivité et la complicité passive ou active des services de sécurité et l’inexistance de l’Armée avec l’extravagante avancée des colonnes Wagner sans qu’elles ne soient stoppées à partir de l’occupation d’une « petite » ville stratégique d’un million d’habitants, Rostov, abandonnée finalement à la tombée de la nuit par « Ben-Hur Evgueni », salué en héros et quasi vainqueur lors de son départ en 4X4 avec selfies à l’appui avec ses partisans. Quel cinéma pour ce coup de théâtre inattendu et lunaire. Il ne manque plus qu’à trouver un bon acteur pour le premier rôle de la tête brûlée chauve et celui du leader moscovite en figurant, terré je ne sais où ? Et quelle sidération a l’échelle mondiale avec cette tentative manquée de putsch fomentée par ce bandit de grand chemin, symbole d’un état autoritaire corrompu jusqu’à la moelle !