Il y a de quoi vraiment « avoir les boules ». Et celles-là ne servent pas pour l’autre religion de Marseille avec l’OM: la pétanque. Et il n’y a pas de quoi davantage arroser le « spectacle » affligeant avec du pastis. Autour de la cocotte-minute que ne cesse de devenir le territoire. Et pourtant l’Etat s’est montré plutôt cigale avec la cité phocéenne. A peine Emmanuel Macron avait-il quitté les lieux après trois jours de visite (qui s’était plutôt bien passée) sur le terrain pour évaluer le plan « Marseille en grand » et ses cinq milliards d’euros programmés et consacrés, que le feu embrasait la Canebière et d’autres points statrégiques de la ville. Avec comme point culminant, non pas la Bonne-Mère, mais bien les principales rues commerçantes livrées vendredi soir aux pillages les plus dévastateurs. Comme ailleurs un peu partout en France. Même si la tendance sur la nuit de samedi s’est un peu améliorée, selon le bilan chiffré livré par Gérald Darmanin. Il semblerait toutefois que les casseurs-pilleurs-émeutiers aient été un peu cigales avec tout leur arsenal de mortiers de feux d’artifice soumis à des régles d’achat normalement réglementées. La Toile, pourtant, permet de s’en procurer à des prix bradés ! Ne devraient-ils pas eux aussi être interdits ? Merci Internet et aux réseaux sociaux. Et pas pour célébrer avant l’heure la fête nationale du 14 juillet qui, pour beaucoup de ces voyous et ce quelle que soit leur origine, ne veut absolument rien dire. La nation, quel vilain gros mot.
Arriveraient-ils au bout de leurs munitions qui de toute évidence n’avaient pas été stockées que depuis la mort à Nanterre de Nahel ? La préméditation de ces émeutes remontait à beaucoup plus loin et préparée avec une certaine efficacité. Hélas !
S’il ne fallait retenir qu’un seul événement odieux et symbolique de cette cinquième nuit d’effroi, on pourrait mettre en priorité celui de la voiture-bélier en feu lancée dans la propriété du maire de Laÿ-les-Roses, Vincent Jambrun, en région parisienne. Les lâches s’en sont pris vers 2 heures du matin, aux enfants de 5 et 7 ans, et à l’épouse (finalement victime d’une fracture du tibia et hospitalisée comme l’une de ses filles, attaquées aux mortiers lorsqu’elles tentaient de fuire par l’arrière du pavillon ) de l’édile. Le proche de Valérie Pécresse, porte-parole du parti LR, passe ses nuits à l’hôtel de ville depuis mercredi de sa commune pour les raisons que l’on imagine. Le ministre de l’Economie, Bruno Le Maire, qui l’a cotoyé et apprécié du temps de l’UMP a très vite partagé à son égard un message chaleureux et personnel de soutien.Tout comme nombre d’élus comme Marine Le Pen. Martine Aubry. Fabien Roussel et même JLM, le « che » de la France insoumise en début d’après-midi ! Incroyable mais vrai. Elisabeth Borne est venue saluer celui qui aurait pu perdre en raison de la folie de criminels à la fois son épouse et ses filles ! La veille, la maire de droite de Pontoise, avait elle aussi été hospitalisée suite à son agression !
A propos des élus, de plus en plus ciblés à cause de leur statut, comment aussi ne pas sourire, même si les circonstances ne s’y prêtent guère, loin s’en faut, après du vibrant et émouvant appel aux secours des premiers magistrats notamment de Marseille, Grenoble et Lyon, ces deux dernières métropoles on le sait étant gérées par un « khmer vert » appelant de leur voeux une présence accrue des forces de l’ordre, après les désordres de la nuit de vendredi à samedi. Et pourtant le trio s’était retrouvé en première ligne pour ne condamner les premiers jours que l’issue fatale de Nahel. Si eux aussi commencent à envoyer des messages de grande fermeté et de soutien aux forces de l’ordre ? On aura vraiment tout vu. Tout fout vraiment le camp. Ils risquent… « l’excommunication » de leur partenaire de la NUPES, la France insoumise. Trois jours plus tôt, ils ne se gênaient pourtant pas pour stigmatiser comme d’habitude la violence systémique de la police. La seule qui vaille forcément. Le maire de la cité rhodanienne, l’une des plus touchées en terme de pillages, avait même refusé d’envoyer ses fonctionnaires de la police municipale venir en soutien, évidemment pas au contact direct avec les assaillants, à leurs collègues nationaux totalement débordés pendant les heures les plus chaudes. Probablement pour les protéger ! Une louable attention. Bravo Monsieur le maire !
Voici aussi le temps revenu, comme pendant la crise des Gilets jaunes, à l’organisation des cagnottes. Avec d’un côté de la manoeuvre, Jean Messhia, un habitué très orienté contre les populations « venues d’ailleurs » des plateaux de la chaîne C.News, ex-cadre du RN parti à la concurrence chez Eric Zemmour depuis la dernière présidentielle. Sa collecte ayant pour destinataire la famille du policier envoyé en prison préventive a déjà recueilli en deux jours 278.000 euros contre 62.500 seulement pour les proches du jeune de 17 ans, au volant d’un véhicule puissant très cher, décédé dans les circonstances que l’on sait. On ne se hasardera pas de commenter de façon cynique ce « score »provisoire ! Ca pourrait être si mal interprété…