Une page triste de l’histoire tournée à Evreux !

Elle est partie à son tour rejoindre un…duo indissociable de la vie ébroïcienne pendant de longues années. Avec le tandem improbable formé entre l’ancien maire communiste d’Evreux, Rolland Plaisance, parti en septembre 2017 et son ami l’évêque Jacques Gaillot, disparu il y a seulement quelques mois. Pas vraiment le même style conflictuel entre un Peppone et son meilleur ennemi, don Camillo à la sauce euroise. Pour un « couple » Rolland-Jacques, tellement opposé aux rôles des deux acteurs historiques de cette saga de cinéma d’un petit village de la plaine du Pô en Italie, Brescello, quelques années au sortir de la Seconde guerre mondiale à l’époque encore un peu du noir et blanc. Et son duo Fernandel-Gino Cervi.

Marianne, un prénom symbolique de la République, une « fille » originaire de la Vendée catholique, sa famille et sa terre d’origine, s’en est allée en forme de clin d’oeil à quelques heures seulement de la fête de l’Assomption des suites d’une longue maladie. Six ans après son maire de mari (le « coco » le plus populaire probablement le mieux élu par une partie des électeurs de droite et notamment la bourgeoisie locale) avec qui elle a partagé sa vie pendant une trentaine d’années. Que de souvenirs professionnels avec ce couple dans ma vie de journaliste et commerçant. Beaucoup moins (et pour cause) pendant ma période de communicant sous l’ère de son vainqueur, Jean-Louis Debré, dans cet hôtel de ville où l’ancien édile a laissé une très large empreinte. C’est la vie et ses rebondissements, ceux de « refaire la vie locale » essentiellement politique au plus près du beffroi et de sa mairie, lors de ses réguliers passages, chaque vendredi, ou presque, pour l’achat de ses cartouches…de cigarettes, deux pour Monsieur, et une pour Madame. Ca arrivait bien souvent que l’on réserve d’autres cartouches sans tabac et en toute bienveillance bien sûr pour quelques uns de ses successeurs, élus de gauche comme de droite ! Un « en même temps » avant l’heure macroniste et le souvenir de longues discussions amicales et l’oeil très souvent malicieux d’un client si particulier et surtout pas rancunier…avec qui c’était un bonheur d’échanger. En dépit de quelques dissonances d’ordre politique.

Le couple Plaisance, c’était aussi son amour partagé pendant si longtemps pour un club de basket, l’ALM, le sport historique de ville chef-lieu de l’Eure et une salle Jean-Fourré, cadre de tant d’émotions sportives avant que curieusement il ne la déserte comme la plupart de ses lieutenants des années de gouvernance, après la défaite de son équipe en mars 2001 face à Jean-Louis Debré…beaucoup moins amoureux de la balle orange et de la vie des jumelages avec des villes du Benin, d’Allemagne et d’Angleterre. Et même de Russie…

Après un premier passage comme élue deléguée aux jumelages pendant l’unique mandat de Michel Champredon, passé du PS au PRG, élu en 2008, Marianne, retrouva la maison commune en 2020, lorsqu’elle rejoint à la surprise un peu générale, surtout de la gauche et de la famille Plaisance, très critique sur ce ralliement, le maire LR, Guy Lefrand, réélu dans un fauteuil et avec une belle aisance pour un second bail. Où elle s’occupait, avant que la maladie ne l’éloigne progressivement, aussi de la coopération internationale et des jumelages. C’était aussi son « dada ».

Son actuel maire, a salué la mémoire de sa conseillère « qui avait choisi l’intérêt général de sa ville d’Evreux pour seule boussole »...Ce n’est pas faux ! Là haut, Marianne, n’hésite surtout pas à donner le « boujou » comme on dit souvent en Normandie, à Rolland et au père Jacques…Une nouvelle page et pas la moindre de l’histoire ébroïcienne vient de se tourner. Sur une note triste. Forcément.

PS: De mieux en mieux ou plutôt de pire en pire: un policier vient d’être sévèrement mordu à la Rochelle alors qu’il effectuait le contrôle d’un adepte de trottinette sur un trottoir sur le port de la cité charentaise ! Jusqu’où iront ces refus d’obtempérer ? L’uniforme ne fait vraiment plus peur. Et encore moins les célèbres tours des « Quatre sergents », qui autrefois avaient vue (ou presque) sur le bagne de l’île de Ré ! Une autre époque et histoire…

Laisser un commentaire