C’est bien connu que c’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses !

A chacun sa grimpette. Rocailleuse ou pas. Le président Mitterrand avait la sienne, la roche de Solutré en Bourgogne, très suivie pendant des années. A la fois par les fidèles de « Tonton » dont l’immortel Jack Lang et le « beauf » le plus célèbre de l’époque, l’acteur Roger Hanin, alias Navarro et les journalistes qui venaient en nombre s’offrir une escalade avec le chef de cordée, appelé aussi « Dieu »! Celle d’aujourd’hui (la douzième) de l’actuel président de la Région Auvergne-Rhône-Alpes, Laurent Wauqiuiez, ne devrait pas susciter le même intérêt. Si ce n’est peut-être celui du localier de « l’Eveil de la Haute-Loire », la gazette locale. J’exagère à peine ! Même s’il entend bien sûr prendre de l’altitude ce jour sur le plus haut sommet de son fief électoral, le Mont Mézenc, en Haute-Loire. Il est une chose acquise: il ne prend pas vraiment en revanche son envol dans les enquêtes d’opinions. La dernière parue ce jour dans les colonnes du « Parisien-libéré » ressemble davantage à une nouvelle descente et pas vraiment à une ascension au sommet.

Son absence très pesante sur les principaux dossiers de ces dernières années, dont celui de la retraite à 64 ans, ne cesse de lui coûter. Très cher. L’ancien ministre et président des Républicains boit la tasse de sa gourde. Largué à bonne distance par ses principaux rivaux de droite et du centre. Sa retraite ne s’est pas limitée cet été à réfléchir sur le chemin de Compostelle qu’il a parcouru quelques jours à partir de sa ville élective, le Puy-en-Velay. Un plat de lentilles vertes et une bonne verveine ne seraient pas de trop pour lui redonner quelques couleurs. Son meilleur supporter, « Rico » Ciotti, le président des LR, doit commencer sérieusement à s’inquiéter. Contrairement à plusieurs de ses compagnons de parti comme le maire de Cannes et président de l’Association des maires de France , David Lisnard, l’un de ses challengers éventuels. Qui lui aussi aspire à jouer un premier rôle dans un tout autre festival. Mais de là à décrocher la palme !

Il est un autre qui plane et il n’habite pas près des sommets. Tout en dominant la situation. Il n’a pas encore pourtant son pèlerinage annuel. Les plus hauts sommets manquent il est vrai du côté du Havre. Il existe bien des falaises certes sur le littoral mais elles restent limitées en terme de hauteur. Et attention à la peur du grand vide. Son Horizon c’est plutôt le large. Sa discrétion médiatique paie dans les sondages. Son changement physique, comme pouvaient le craindre quelques uns de ses proches, n’a eu aucune conséquence fâcheuse sur sa cote électorale. Il caracole en tête et très largement devant Bruno le Maire, le duo qui a pris ses distances dans la liste des prétendants susceptibles de jouer un premier rôle pour fédérer la droite et le centre. Et le pauvre « Lolo » de Lyon n’arrive qu’en cinquième position même devancé par le ch’ti Xavier Bertrand. Et pourtant dans les Hauts-de-France, les monts ne s’élèvent pas non plus énormément. Ça doit concerner aussi l’ancien maire de Tourcoing, Gérald Darmanin, le troisième homme du podium. Très complice avec « Doudou « depuis tant d’années. Le même qui le 5 juillet 2020 s’était glissé discrètement dans la salle du conseil municipal de la Porte Océane pour applaudir son « pote » réinstallé dans son fauteuil de maire quelques jours seulement après son départ de Matignon. Lui n’avait pas encore franchi le portail de la place Beauvau. Cette belle amitié résistera-t-elle pour autant à l’épreuve des ambitions de l’un et de l’autre ?

Pas de triomphalisme néanmoins, à l’image d’un dicton populaire: « c’est à la fin de la foire que l’on compte les bouses ». Et celles-là sont tellement lointaines ! Ca tombe bien: la maire du Havre, Edouard Philippe, effectuera sa rentrée politique à la foire de Châlons-en-Champagne, chez un maire sympathisant, l’ancien ministre Benoît Apparu, avant quelques jours plus tard de rejoindre une autre terre amie, le Maine-et-Loire, chez le numéro deux de son mouvement politique et ancien maire de la cité angevine, le ministre Christophe Béchu, où se tiendront les journées de la rentrée parlementaire des députés « Horizons ». Et l’on ne parle même pas de son très probable Tour de France des meilleures librairies à l’occasion de la sortie de son nouvel ouvrage, à la mi-septembre. Qui bénéficiera n’en doutons pas, comme celle de Nicolas Sarkozy, d’une belle…couverture médiatique. Même si l’ancien Premier ministre va privilégier davantage dans sa tournée de signatures la « campagne et la ville » plutôt que les stations balnéaires huppées comme « Sarko » chez son ancien communicant le maire de la Baule, Franck Louvrier, un LR macron-compatible et au Touquet, et son ancien trésorier de l’UMP et redevenu maire après avoir lâché le Palais Bourbon, Daniel Fasquelle, un lieu de résidence d’un couple « royal » pas très éloigné d’un établissement aussi réputé de la place, le palace Barrière-le Westminster très apprécié également des sujets de sa gracieuse majesté britannique même si elle changé de sexe après la disparition d’Elizabeth II…Et l’arrivée sur le trône dans un monument plus mondialement connu, l’abbaye de Westminster à Londres, du King-Charles, le chien préféré de l’ex-souveraine !

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