II ne viendra pas « rapper » aujourd’hui à la « Fête de l’Huma » dont je n’ai jamais autant parlé depuis quelques jours. N’allez pas croire que j’ai pris ma carte au parti. Celle bien sûr du PCF et du camarade Roussel qui aura notamment pour hôte un compatriote du rappeur havrais Médine, présent lui aussi. En la personne de son maire, Edouard Philippe, qui débattera avec le premier secrétaire sur une autre scène. Il est probable que l’ancien Premier ministre sera félicité par celui qui a fait pas mal l’actualité récente. Non pas pour l’ensemble de son oeuvre pendant ces trois ans passés à Matignon mais bien pour le discours fleuve prononcé pendant la rentrée politique de son mouvement « Horizons » chez son ami ministre, l’ancien maire d’Angers, Christophe Béchu. Une belle douceur angevine rimant avec une longueur digne de l’ancien « souverain » cubain, Fidel Castro. Une quarantaine de feuillets et une heure de propos marquée par ses priorités bien sûr programmatiques au…cas où et une charge aussi appuyée contre le crise du pouvoir d’achat. « Doudou » n’a évidemment pas évoqué la boule puante, une spécialité bien française, lancée sous ses pieds sous la forme de la plainte déposée ce dernier jeudi pour favoritisme, prise illégale d’intérêts dans le cadre d’un marché public dans sa ville du Havre ! Hors sujet bien sûr.
Pour en revenir à Cuba et à la gastronomie qui tout au long de la semaine a épicé je l’espère agréablement cette rubrique, j’ai bien aimé hier l’échange « sympa » et humoristique sur les réseaux sociaux entre une élue havraise communiste de longue date et le responsable local des Républicains tendance David Lisnard, le maire de Cannes. Après que la première ait posté une belle photo de son repas du midi à la Fête avec une assiette de homard grillé. Forcément au barbecue cher à Fabien. Ce qui fit dire à son compatriote de la cité maritime sur le ton de l’humour: « tout fout le camp vraiment au PC ». Ce qui n’est pas faux. L’élue « rouge » a répondu toujours sur le même ton plaisant. « On peut aussi y déguster sur les stands de la langouste de Cuba à un prix abordable ». La politique n’est jamais très loin. La repartie avec. Allez Monsieur le maire, un bon geste, pourquoi pas un déjeuner pince sans rire ou pas en tête-à-tête avec votre « vieille » mais toujours jeune adversaire politique ! J’en pince de bonheur à l’avance…
C’est beaucoup moins drôle et tellement plus dramatique. L’ignominie n’a pas de limite. Comment en effet ne pas se révolter devant la lecture d’un courrier envoyé par le rectorat de Versailles à la famille d’un lycéen, Nicolas, qui en dépit d’un changement d’établissement à la dernière rentrée scolaire, a mis fin à ses jours, dès le lendemain. Un drame absolu dans toute son horreur prolongé par le scandale rendu public d’une lettre (agrémentée de fautes d’orthographe inadmissibles) du rectorat suite à l’officialisation d’un harcèlement dénoncé à plusieurs reprises par les parents de la jeune victime. Pour toute réponse ces derniers ont reçu une lettre envoyée en date du 4 mai dernier de reproches et même le comble de menaces en appelant les intéressés à une « attitude constructive et respectueuse » à l’égard de l’ensemble de la communauté éducative. Les pauvres parents suspectés de dénonciation calomnieuse sont même menacés dans cette missive d’être poursuivis avec à la clé l’éventualité d’une amende de 45.000 euros et d’une peine de cinq ans d’emprisonnement ! Le cauchemar d’une double peine. Le nouveau ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal présent vendredi à Poissy aux obsèques du jeune homme aux côtés de la famille, a employé à deux reprises le mot de « honte « hier samedi dans sa prise de position sur le seuil de son ministère. En annonçant aussi l’ouverture d’une enquête administrative sur la responsabilité très engagée des uns et des autres et la tenue en début de semaine prochaine d’un audit et une rencontre avec l’ensemble des recteurs et rectrices. Les sanctions peuvent et surtout doivent tomber ! La fermeté orale c’est très bien, les actes encore mieux…Une tâche gigantesque avec une telle culture administrative qui ne concerne pas bien sûr que l’Education nationale, mais tellement prioritaire pour éviter d’autres drames. « On était victimes , on est devenus coupables » écrit aujourd’hui Béatrice, la maman de Nicolas. Tout autre commentaire n’est-il pas superflu…