C’est sûr qu’elle n’aura pas la même couverture médiatique que celle de ses majestés britannique et pontificale qui, hier se sont croisées sur le sol français. Le premier concluant sa visite d’Etat de trois jours en compagnie du représentant du gouvernement, le ministre des Armées, Sebastien Lecornu, par un vignoble bio dynamique bordelais et le second la démarrant sans que ce ne soit…drôle (ce n’est ni son rôle et encore moins sa…vocation ) à la basilique Notre-Dame-de-la-Garde à Marseille. Première étape d’un déplacement exclusivement réservé à la ville phocéenne où il est attendu essentiellement sur un sujet qui fâche: l’accueil des migrants du continent africain. « Les migrants qui se réfugient chez nous ne sont pas des envahisseurs. Ils doivent être accueillis et intégrés a-t-il déjà déclaré en préambule ce matin au Palais du Pharo en présence du chef d’Etat, Ce ne sont pas un fardeau à porter. la Méditerranée, miroir du monde et berceau de la civilisation devient le tombeau de la dignité ». Il devrait poursuivre son vivant plaidoyer après sa déambulation en « papamobile » du côté du Prado, lors de la « grand messe » prévue au Vélodrome transformée en cathédrale. Et pas de foot avec shorts, maillots et crampons et coups de sifflet de l’arbitre. Ce serait incongru que les…fidèles supporters des deux camps se disputent dans les tribunes dont l’une devrait être ornée d’un mega tifo tout à la gloire du Saint-Père.
Demain dimanche et dans le huit-clos des préfectures les grands électeurs se déplaceront donc dans les chefs-lieux de la moitié des départements pour un renouvellement partiel appelé à ne pas connaître le moindre bouleversement politique. Gérard Larcher restera bien le « pape » de la chambre dite Haute pour un quatrième mandat « pontifical » et l’équilibre ne s’en trouvera pas modifié à la tête d’une forte majorité de droite et centriste. Le seul changement se limitera à l’arrivée probable d’une petite poignée d’elus issus du Rassemblement national. Pas de quoi « chiffonner » la structure de l’hémicycle toujours sans sénateur originaire des Insoumis. Peut-être avec un peu plus de sénateurs « verts » et là il ne s’agit pas de question d’âge ! Et parmi eux l’arrivée de l’ancien candidat à la présidentielle d’EELV, Yannick Jadot, qui ainsi devrait abandonner son mandat européen à Bruxelles et Strasbourg. C’est assez limité comme suspense électoral. On suivra toutefois à droite les bisbilles entre sortants et nouveaux prétendants du même camp. Surtout à Paris où les frondeurs et frondeuses sont pluriels et où la guerre fait rage entre « vieux compagnons et jeunes loups » qui à l’odeur du sang alléché ont fait sécession.
Reste que l’essentiel n’est pas là. Après la nouvelle configuration de l’Assemblée nationale, la majorité présidentielle n’étant plus absolue mais relative, les sénateurs et sénatrices ont pris en quelque sorte du galon et de l’importance en jouant désormais les « mouches du coche » . Le gouvernement se doit, plus que jamais, compter avec le Sénat pour construire et faire passer ses textes les plus importants. Changement de règle aussi avec le fait qu’il lui arrive désormais fréquemment de choisir en premier le Sénat pour travailler sur des projets de plus grande sensibilité et influer sur une assemblée devenue tellement versatile avec un paysage politique en ébullition permanente, tout le contraire du Palais du Luxembourg. Avec des députés LR souvent très éloignés de leurs collègues sénateurs…et désireux pour beaucoup de « faire la peau » à l’exécutif ! Un courage encore très limité pour beaucoup d’entre eux car pratiquement assurés en cas de dissolution de « prendre la tasse » électorale ! Ça calme les ardeurs de certains…
PS: Ce n’est pas encore totalement « Dupont la joie » mais ça y ressemble un peu plus que la veille avec la déclaration en provenance de la Fédération française de rugby annonçant ce samedi matin l’heureuse perspective du retour « dans quelques jours » du capitaine du XV de France. Opéré hier soir de sa fracture de la mâchoire Antoine Dupont pourrait en effet ne pas dire adieu à la coupe du monde. Reste à savoir dans quelque conditions car les instances internationales du rugby, contrairement à celle du basket, notamment, interdisent le port d’un masque spécifique pour un joueur sur le terrain ! Touché mais pas coulé » a répondu avec un certain optimisme le demi de mêlée « Super Dupont » prêt à repartir le plus vite possible au combat avec ses camarades.