Promesse tenue. Et ce n’est pas fini, annonce très déterminé, le ministre de l’Education nationale, Gabriel Attal. Même si elle a moins fait de bruit et surtout de fureur (notamment chez les parents d’élèves et le « personnel » politique d’extrême-gauche) que celle de la semaine dernière où un harceleur avait été « cueilli « dans sa propre classe, par des policiers dans un lycée d’Alfortville, c’est avec plus de discrétion que deux autres lycéens, présumés auteurs de faits de harcèlement sur une élève de seconde à la Roche-sur-Yon, en Vendée, ont été exfiltés l’un après l’autre, hier, après avoir été invités à aller faire un petit tour dans le bureau de la proviseure. Qui, pour la circonstance, n’était pas toute seule mais bien accompagnée de fonctionnaires de police en tenue civile. L’enquête se poursuit.
Comme à Conches-en-Ouche, dans le département de l’Eure, où une fillette de trois ans, Lisa, élève de moyenne section de maternelle, a été battue à mort par ses bourreaux qui n’étaient autres que sa mère et son beau-père, un couple de marginaux d’une vingtaine d’années et sans emploi, addicts aux produits stupéfiants et à l’alcool depuis un « certain temps ». Qui visiblement frappaient la petite depuis de longs mois, voire plus, sans qu’ancun service d’Etat ou départemental, n’ait été semble-t-il avisé des sévices réguliers dont était victime la petite. Aucune personne ne s’est souciée aussi pendant la totalité de la semaine dernière de l’absence à l’école de la petite. Les deux parents habitant une maison dans un état de salubrité et d’hygiène déplorable, mis en examen pour meurtre, ont été écroués et la…directrice de l’école maternelle concernée, a été invitée à titre conservatoire à rester chez elle pendant un temps déterminé. Une suspension-sanction prise par le rectorat de Rouen, « non définitive » (il est probable que les organisations syndicales de l’Education nationale ne vont pas tarder à réagir) a répondu le maire du chef-lieu du canton eurois, évidemment dans l’émotion la plus totale, dans l’attente de la responsabilisation des uns et des autres (voisins compris) qui n’avaient rien vu comme très souvent depuis tout ce temps. Un non signalement qui pose tant de questions compte tenu du calvaire subi par la petite couverte d’hématomes dont certains anciens.
Le premier réflexe serait bien sûr de se féliciter d’une telle décision aussi prise pour démêler les responsabilités individuelles et collectives. Le frère aîné, agé de 6 ans, présent au moment des derniers coups ayant provoqué dans la nuit de samedi à dimanche la mort de sa petite soeur, était aussi régulièrement frappé ! Sans que là aussi personne ne réagisse.
Encore serait-il prudent d’attendre qu’on en sache un peu plus sur ce terrible drame. Il ne faudrait pas en effet que les directeurs et directrices d’établissements scolaires, de la maternelle aux lycées, soient désormais pris pour cible trop facile alors que pendant trop de temps leur hiérarchie a fermé les yeux et les oreilles: « surtout pas de vague, débrouillez-vous« . Combien de fois des chefs d’établissement ont-ils fait preuve en conséquence de retenue, un doux euphémisme, à signaler des faits graves et inacceptables commis dans l’enceinte scolaire. C’est bien de s’en prendre à la peau dure du « mammouth », encore faut-il que cette autorité nouvelle et surtout bienvenue dans l’optique d’une plus grande fermeté ne s’opère pas à l’inverse sur le dos des seuls enseignants. Il est facile après coup de tirer sur l’éventuel « lampiste ». C’est toujours facile d’appuyer sur le bouton du siège éjectable (même si la sanction est provisoire) de son bureau de Rouen d’où d’ailleurs. Déjà que les vocations se font de plus en plus rares pour exercer ce qui était il y a trop longtemps le « plus beau métier du monde ».
Néanmoins bon courage au nouveau ministre pour avoir pris le « taureau par les cornes » pour combattre ce fléau mortel des harcèlements en milieu scolaire où les enfants et leurs aînés se doivent d’être éduqués et non élevés, une mission incombant normalement à leurs parents, qui, pour des raisons diverses, ont baissé les bras ou malheureusement dans le cas de Conches-en-Ouche, ont eu la main trop lourde et se soient comportés de façon abjecte ! Jusqu’à la mort de la petite écolière martyre…