C’était un si long serpent de…mer même s’il concernait un projet routier. Datant du siècle dernier. Une éternité. Une hérésie pour nombre d’opposants au doublement de la deux fois deux voies entre le chef-lieu de l’Eure, Evreux et Chaufour-les-Bonnières aux portes de l’Ile de France. Un projet de très vieille date revalidé par le président de la Région, Hervé Morin forcément acclamé par Guy Lefrand, le maire de la ville chef-lieu. Une « victoire » de durée écourtée par le « Duc de Normandie » de Caen et Rouen (et forcément du Havre pour ne pas me fâcher avec mes amis de la Porte océane) qui, au détour d’une visite d’exploitation agricole dans l’Eure, a douché définitivement les espoirs de son…vice-président chargé justement de l’aménagement du territoire normand. En déclarant officiellement le retrait de ce projet considéré comme « ruineux et destructeur » par l’opposition de gauche à la fois normande et ébroïcienne représentée par l’élu municipal et régional socialiste, Timour Veyri. Très heureux de cette décision qui, selon lui, « va dans le sens de l’histoire ». Et les élus des Yvelines, département limitrophe, farouchement opposés aussi !
Cette nouvelle liaison (qui a nécessité tant d’études et concertations depuis des années et un coût déjà non négligeable) oscillant en terme d’addition entre 160 et 210 millions d’Euros devait enfin commencer en 2027 pour s’achever au niveau de sa mise en service en 2031. Que de temps, d’énergie et d’argent perdus…pour rien toutes ces années ! Que l’on retrouve hélas dans tant d’autres domaines d’aménagements déclarés structurants partout en France.
Ce sujet de l’intime (dont j’espère vous me pardonnerez) nous éloigne aussi bien sûr de l’actualité nationale et internationale et tous ces massacres inimaginables à une autre échelle certes, mais ayant des similitudes avec la Shoah du siècle dernier. Dont je souhaitais m’évader aujourd’hui.
Ca se passe aussi dans le département de l’Eure, une région pourtant civilisée elle. Enfin pas totalement car il concerne un médecin généraliste dont le cabinet se situe en zone rurale. Qui a osé refuser un arrêt de travail de plusieurs jours à sa patiente pourtant de longue date, incapable comme directrice d’école d’assurer sa classe (une situation pour le moins compréhensible vu le traumatisme subi et partagé) alors qu’elle va pleurer avec son papa et tous leurs proches la disparition prochaine de l’être si cher. Un drame de fin de vie, vécu par tant de familles, déjà assez lourd à supporter physiquement et moralement par tous et toutes et tout particulièrement ces derniers jours. Surtout lorsque s’y ajoute l’éloignement entre Normandie et Bretagne ! Comment un médecin dénué de toute compassion et même plus , peut-il se comporter de cette façon indigne alors que tant d’autres de ses collègues, à l’extrême, se montrent tellement généreux lorsqu’il s’agit de signer parfois des arrêts de grande complaisance avec des pathologies et maladies autrement éloignées (même si c’est beaucoup moins, reconnaissons-le, qu’avant et c’est tant mieux) ! Une attitude inhumaine qui contraste tellement avec celle de la jeune oncologue hospitalière, prénommée Marie, qui, depuis plus d’un an et demi, a accompagné avec exemplarité sa patiente, son mari et leurs enfants dans l’empathie, la générosité, l’espoir et l’amour de sa passion médicale. La belle et vraie dans l’univers portant tellement difficile du milieu hospitalier. Un si bel exemple réconfortant d’abnégation à des années lumières de celui de ce praticien…aux pratiques inhumaines, heureusement compensé par l’attitude d’un de ses confrères, le médecin de famille, beaucoup plus « normal » qui lui n’a pas eu le même comportement odieux. Cette médecine et la façon de la pratiquer méritent là tous les éloges…Hippocrate peut être fier d’eux !