Les jours d’avant et d’après ! Aimer c’est toujours tout donner…

Ils m’ont paru tellement éloignés ces titres de l’actualité de ces derniers jours, le retour de la guerre israélo-palestinienne, la mort tragique d’un enseignant à Arras, tombé sous les coups d’un fanatique islamique tchéchène (encore un) et sur le terrain sportif, l’élimination de notre équipe de rugby, en grande partie victime des fautes d’arbitrage d’un homme en noir.

Une couleur dramatiquement personnelle avec mes deux enfants ayant perdu leur maman et « Maminou » pour les plus petits. Augustine et Raphaël. Comme tous nos proches et amis.

Beaucoup, beaucoup trop tôt à l’âge de 64 ans à l’issue d’un combat contre le cancer de dix-huit mois. Sans jamais se plaindre d’une situation tellement injuste. Pas elle. Elle ne méritait pas ça. Qui le mérite d’ailleurs ? Une situation douloureuse qu’ont connue nombre de familles.

Elle est donc partie ma demoiselle de Cherbourg où nous nous sommes mariés il y a quarante-trois ans. Nous laissant toutes et tous avec des parapluies de tant de souvenirs aimés et aimants comme j’ai pu l’évoquer mardi après-midi lors de son grand départ. Survenu par un temps ensoleillé. Un dernier clin d’oeil pour illuminer, un peu, si besoin était, mon épouse lumineuse et aimante. Jusqu’au bout du bout. Malgré les souffrances et les incertitudes de la maladie. Avec le soutien d’une jeune oncologue d’une grande humanité, qui, du début à la fin, m’a impressionné par sa délicatesse et bienveillance. Comme quoi il ne faut pas désespérer de tout, même si je ne l’ai connue qu’en blouse et masquée. Mais avec une telle expression derrière ! Souriante, gentille et réconfortante.

Comme vous pouvez vous en douter, j’en ai pourtant noirci des pages pendant ma vie professionnelle et même au-delà avec ce blog que vous me faites l’amitié de suivre, les plus anciens depuis cinq ans. Mais celle-là restera pour toujours la plus sombre de mon existence. L’amour de mes deux enfants et de mes deux petits-enfants encore si jeunes, leur proximité, leur amour, surtout lors des deux dernières semaines les plus éprouvantes depuis son hospitalisation, puis son décès « apaisé », avec tant d’autres de nos deux familles, m’ont bien aidé à affronter le pire.

Le pire, certes, mais avec tant de témoignages émouvants et très nombreux rechauffant nos coeurs meurtris. Et cette image si magnifique et impressionnante de ce parterre de fleurs. Que vous en soyez remerciés. Elle aurait aimé. Tout comme cette montagne de petits mots parvenus jusqu’au bord de mer, de cette digue de Saint-Malo si chère à nos coeurs en dépit d’une installation récente où nous avons tant fait de balades jusqu’à son hospitalisation il y a trois semaines et aussi tant d’arrêts pour une pause chocolat et bière, je vous laisse deviner le choix des deux buveurs…La symbolique ça compte aussi avec cette collation finale face à la mer et à l’horizon. Sous le soleil en terrasse avant la pluie du jour d’après.

Le meilleur toujours et j’en terminerai là par aussi l’inattendu à l’heure dimanche de notre défaite tellement imméritée en rugby, deux heures après lui avoir adressé un petit message pour lui annoncer la terrible nouvelle. Pour voir un hypothétique retour. Après plusieurs années en mode pourtant « un peu perdu de vue ! Entre un retraité et un actif aux grandes responsabilités et l’éloignement aussi.

Je vous en livre le contenu tout à son honneur.

« Je pense très fort à toi dans ces moments si difficiles, cher Fabrice. Je garde un souvenir très ému de Véronique. Elle était une belle personne. Je t’embrasse affectueusement. Bruno ».

Il s’agissait d’une personnalité un peu connue du monde politique que j’ai pas mal cotoyé depuis plus de quarante ans. J’avoue être tombé dans le chaudron pas toujours magique de la politique très jeune sans participer au moindre scrutin. Enfin comme candidat ! En l’occurrence l’ancien député d’Evreux et actuel « grand argentier » de Bercy, Bruno Le Maire. Merci Bruno. Merci aussi et entre autres à deux autres ébroïciens, son actuel maire, Guy Lefrand et l’un de ses prédécesseurs, Jean-Pierre Nicolas, surtout le second, que je n’ai pas spécialement toujours ménagés pourtant. Tous trois en union pour me témoigner avec des mots si doux, si chers et sincères à mon coeur plein de reconnaissance (partagé avec tant d’affection envers tous ces élus et surtout élues (forcément) d’Evreux et du Havre. « Tous ensemble », un slogan si vu et si entendu en politique ! « Une belle personne », a écrit BLM. Je ne risque pas de le contredire. Comme quoi les politiques (de toutes tendances et j’en ai encore eu des témoignages très forts) ne se trompent pas toujours.

Qu’il me soit permis aussi de rendre hommage à l’extrême fidélité des lecteurs et lectrices de mes deux précédents principaux ports d’attache, Evreux et le Havre, villes que je n’oublie pas, sans oublier la plus lointaine en temps, les Sables d’Olonne, où est né notre fils Mathieu, et trois ans plus ptard Aurélie, à Tonnerre, dans l’Yonne…petit « port » situé sur le canal de Bourgogne. Je crains hélas qu’il n’y ait jamais, même avec le réchauffement climatique de départ de transat pas plus à Tonnerre que dans la ville chef-lieu de l’Eure malgré l’Iton. Les Sables d’Olonne, Le Havre puis Saint-Malo. Quel trio magique en terme de grandes courses. Le grand chelem comme on dit en sport où je suis beaucoup plus croyant que pratiquant. Sinon devant mon poste de télévision ! Le comble: je n’ai jamais eu le pied marin, tout en ayant fait mon service national (mais pas en rade et pas plus sur un bateau) dans la Marine nationale à Brest puis Cherbourg, arsenal où j’ai fait des pieds et des mains et surtout des noeuds, j’en aurais été bien incapable , de rejoindre pour être au plus près de celle qui allait devenir mon épouse adorée.

Merci à tous et toutes enfin avec qui les relations n’étaient pas toutes politiques et je pense plus particulièrement à nos amis et amies « marcheurs » malouins des AVF, si présents (rien à voir avec un ancien parti politique ! ) à mes côtés durant ces longs mois. La vie continue, même si ça va être très, très difficile…Mes coupables écrits au quotidien m’y aideront…Un peu si modestement. Aimer c’est toujours tout donner.

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