L’art du véritable contre-pied. Quoi de plus naturel lorsqu’il concerne un amateur de football et supporter de l’Olympique de Marseille. Le président de la République « himself ». Alors que l’un de ses prédécesseurs, Nicolas Sarkozy, était lui davantage porté à se déplacer assez souvent au Parc des Princes pour encourager son équipe favorite, le PSG !
Au milieu de guerres déchirant le monde en Ukraine et en Israël et de la grave crise inflationniste et économique, Emmanuel Macron s’est offert une pause à valeur sociétale, qui il est vrai n’a pas vraiment marqué les esprits pendant son premier mandat. En lançant ces dernières heures deux engagements qui lui tenaient à coeur: la constitutionnalisation de l’interrruption volontaire de grossesse (IVG) en vigueur depuis l’adoption de la loi Simone Veil en janvier 1975 et une nouvelle loi sur la fin de vie. Deux sujets qui recueillent un large consensus de la population. Surtout la première. A dire vrai et c’est heureux, l’accès à l’avortement est jugé utile par une forte majorité de la société française. Contrairement à d’autres pays européens où ce droit recule, tout particulièrement dans les anciens pays du bloc de l’Est dont la Pologne et la Hongrie, sans parler hélas dans plusieurs états américains et même en Bavière, en Allemagne !
On pourrait s’interroger sur les motifs présidentiels alors que les différentes composantes politiques de l’Assemblée nationale se sont déjà exprimées favorablement. Le chef de l’Etat entend bien en effet reprendre la main en tentant de laisser son empreinte d’ici à la fin de son mandat sur le sociétal, alors que d’ici à quelques jours, les débats vont s’enflammer autour du projet de loi Darmanin sur l’immigration. Ca va cogner ! Dans la mesure aussi où l’IVG est menacée dans trop de pays de la planète, la président a preféré également la voie de la ratification par les deux chambres réunies en congrès à Versailles plutôt que celle parlementaire conduisant le cas échéant à un référendum. Dont l’issue certes ne semble pas faire le moindre doute mais qui donnerait une trop grande visibilité à la frange la plus conservatrice et intégriste du pays ! On n’a pas vraiment, surtout dans le contexte anxiogène, tant national qu’international, de s’offrir une telle parenthèse désenchantée avec un nouveau « bordel » mené par les « ennemis de l’intérieur »…même si sur ce dossier là on imagine mal les radicalisé (e)s de la France insoumise porter les drapeaux…non pas en soutien du Hamas et des palestiniens dans les manifestations, mais en opposition à des droits fondamentaux des femmes. Une initiative aussi très probablement dans l’esprit présidentiel à replacer la France à l’avant-garde du monde, cinquante ans après le vote de la loi Veil.
Pour rire un peu, ça aurait « de la gueule » qu’une interruption volontaire de l’exercice de la parole venimeuse des députés LFI vienne en discussion dans les travées de l’hémicycle…
PS: Et au final…c’est un sudiste (contrairement à l’histoire américaine) qui gagne toujours au presque, l’Angleterre ayant été dans l’histoire la seule nation européenne de l’hémisphère nord, à remporter un titre de championne du monde de rugby. Et pourtant cette année, on croyait davantage à une victoire de l’Irlande ou de la France, les deux nations données comme favorites logiques. Et bien non. On a donc eu droit à une finale Nouvelle-Zélande-Afrique du Sud, très pauvre en essais, un seul réussi et encore par l’équipe défaite, celle des all blacks. Pour un petit point comme pour le XV de France éliminé aussi sur des cruelles fautes d’arbitrage en quarts contre ces mêmes springboks, des colosses monstrueux en défense « coffre-fort » une fois encore vainqueurs par la plus petite marge. Grâce à leur artificier en chef, Pollard. Mais dans la quatrième dimension du rugby mondial avec ce nouveau sacre, le second d’affilée. Le défi physique très impressionnant, l’a emporté sur le talent et le plus grand esthétisme dans le jeu, représenté par les « blacks ». Dommage.
C’est quand que l’on change d’hémisphère ?