Quelle mascarade même si les masques sont tombés. Il ne manque plus que les crécelles comme au Moyen-âge pour éloigner les lépreux. Alors que nous célébrons ce jeudi le 53 e anniversaire de la disparition du général de Gaulle, victime d’un malaise fatal alors qu’il s’adonnait dans son bureau de la Boisserie à Colombey-les-deux-Eglises, en Haute-Marne, à une réussite, son jeu de cartes préféré. En solitaire.
Quel contraste historique saisissant aujourd’hui avec cette sinistre comédie du pouvoir que nous offrent depuis trois jours la plupart des partis politiques. Qui se déchirent une fois encore alors que l’heure est grave, sur la nécessité ou pas d’un cordon sanitaire très hermétique devant être dressé lors de la marche de dimanche. Les nouveaux lépreux, ce sont donc Marine Le Pen, Jordan Bardella, certes très malheureux l’autre dimanche sur le fait qu’il ne croyait pas que le patriarche breton était antisémite. En dépit de toutes ses condamnations judiciaires. Offrant sur un plateau doré à ses opposants un prétexte tout trouvé et tellement facile pour refuser de s’associer avec les héritiers du Front national, dont la haine antisémite de jadis ne constitue pas un simple détail de l’histoire. Si lourde lorsqu’on évoque le passif de l’extrême-droite. A comparer aujourd’hui avec celui de la gauche radicale supportrice d’une cause toute aussi gravissime ! C’est quand même aussi extraordinaire lorsqu’on se souvient et ça ne remonte pas à la dernière guerre mondiale et l’occupation nazie que LFI a défilé avec le RN sans s’interroger sur les qualités de ses voisins de « manife » contre la réforme de la retraite. Sans parler des motions de censure votées en commun pour faire tomber le gouvernement. C’est ce qu’on appelle avoir des « pudeurs de gazelle » à géométrie très variable.
Le juste combat contre l’antisémitisme et la défense de la République aurait dû néanmoins être le ciment en béton d’une marche unitaire dans les rues de Paris et prévue des Invalides au Sénat. Et même ça la « politicaillerie » quasi générale de ras de bitume va empêcher un armistice au lendemain de la fin des hosilités de la Grande guerre, entre toutes les formations qui rivalisent de « niaiserie ». Et bien au-delà hélas! Un festival. Ils sont vraiment tombés sur la tête. Dans le caniveau.
On en est arrivé aussi à s’interroger, non pas sur le sexe de l’ange, mais sur celui des drapeaux qui seront autorisés et ceux qui ne le seront pas dans le cortège. Et surtout l’emplacement des uns et des autres. Avec probablement en fond de décor, pas loin de la voiture balai, comme dans les courses cyclistes, le peloton d’élus, militants et électeurs du Rassemblement national. Qui passe aujourd’hui…quel surprenant blanchiment ! pour les meilleurs défenseurs des juifs. C’est certes énorme, mais il faut faire avec. L’essentiel n’est vraiment pas là dans cette « archipelisation » détestable de notre pays incapable de montrer l’espace d’une seule journée au moins la moindre unité. Et ce à des fins de médiocres manoeuvres politiciennes. Et du rabachage trop facile des horribles errements du passé si lointain des uns et des autres. Qui vont encore renforcer la colère et la défiance de nos compatriotes à l’égard de la classe politique. Quelle indignité. Et après on s’étonne des taux de participation toujours à la baisse lors des scrutins électoraux. Ca ne risque pas de s’arranger.