« Vive la liberté, bordel ! »

Vous imaginez Le Pen ou Mélenchon faire campagne une…tronçonneuse à la main. Encore que pour le second ce serait presque possible. Comme celle d’avoir pour slogan « Vive la liberté bordel ». Comme le nouveau président argentin, Javier Milei, élu dimanche avec plus de 55 % des suffrages. Encore un type venu de nulle part apparu en quelques mois. Un ancien rocker, la dégaine invraisemblable. Un populiste qui se veut être le nouveau Trump ou le Bolsonaro brésilien, renvoyés par les urnes. Encore hélas que le retour du premier n’est malheureusement pas impossible à Washington. Ca va faire rêver le match retour Biden-Trump outre-Atlantique l’année prochaine à la même époque ! Un véritable cauchemar en perspective. Et pas seulement dans les cuisines de la politique. Celui argentin n’est pas mal non plus dans ce pays où l’inflation en un an a atteint les 145 % et où la pauvreté a pulvérisé un bien triste record. Comme la hauteur de la gangrène que constitue le mal endémique de tant de pays sud-américains: la corruption, un sport national.

Les argentins ne sont pas seulement champions du monde de football ! Il y a d’autres terrains sur lesquels ils excellent. Avec l’arrivée au pouvoir de ce dirigeant qui pendant sa campagne s’est affiché avec une tronçonneuse dans ses meetings. Peut-être que cet anarcho-capitaliste et ultralibéral était-il bien sponsorisé par une marque de cisaillage ? Pour bien montrer sa volonté de couper les branches dans les finances publiques de l’Etat. Son pire ennemi. Déjà plusieurs ministères vont disparaître de la pampa argentine et pas des moindres. Ca va secouer et élaguer fort. Soyons rassurés: le vainqueur qui a cassé la barraque a annoncé comme un fier à bras musclé qu’avec lui « ce serait la fin de la décadence ».

Ce dernier tango non pas à Paris mais à Buenos-Aires ne nous dit rien pourtant de bon…Ca fout la trouille de voir nombre de grandes nations qui pèsent tout de même dans le concert planétaire se donner par la voix des urnes à des « illuminés » qui bien sûr profitent de la situation désastreuse de leurs compatriotes pour leur « vendre » un paradis qui risque très vite de se transformer en enfer. « Don’t cry me Argentina », ce n’était pas très rock, du temps d’Evita Peron, mais cette chanson reprise par Madonna qui a fait le tour du monde, elle se retrouve tellement d’actualité au lendemain de ce nouveau séisme certes démocratique mais tellement symbolique de l’état de délabrement de notre planète et de ses équipes dirigeantes ! Les argentins ont voté pour un farouche opposant aux droits à l’avortement mais qui heureusement voue un culte puissance dix à ses quatre chiens. Au moins la cause animale sera a priori bien défendue…Mais avec son intention de tout couper il risque fortement de tomber de son arbre. Et plus la chute sera lourde pour ses compatriotes.

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