C’est reparti pour un tour de nouvelles rumeurs concernant un éventuel remaniement gouvernemental. Confirmée à son poste il y a quatre mois, « Babeth » avait pourtant l’humeur goguenarde et même rieuse (comme quoi elle peut aussi se marrer) hier après-midi sur les bancs des ministres à l’Assemblée nationale. Surtout lorsque son garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti, au meilleur de sa forme oratoire, s’est payé Marine Le Pen et ses troupes, coupables des pires récupérations sur le drame du jeune Thomas. Outrée, la Marine nationale a quitté avec ses troupes le vaisseau de l’hémicycle sur la promesse qu’elle allait porter plainte en…justice pour injures et diffamations après ces nouvelles saillies du ministre de la Justice à son encontre. Il saura aujourd’hui s’il peut se maintenir place Vendôme. Une condamnation et ce serait difficile pour le chef de l’Etat de toujours lui accorder sa confiance. C’est de toute évidence la mort dans l’âme, le cas échéant, que le président de la République devrait renoncer à son ministre, un pilier de son gouvernement qui manque déjà assez de poids lourds politiques.
L’autre incertitude concerne un autre membre du gouvernement, Olivier Dussopt, contraint lui aussi de passer par la case justice pour une suspicion de prise illégale d’intérêts lors de son mandat de maire d’Annonay, en Ardèche, il y a pourtant un bail !
Le capitaine Haddock avait son sparadrap, son compère Tintin et son chateau de Moulinsart. La locataire de la rue de Varenne, « Babeth » revoit surgir un possible « grand remplacement » comme les aime « Rico » Zemmour. Pour Matignon, bien sûr et non pas un exil dans le village breton des Côtes d’Armor portant le même nom.
C’est peu dire que les esprits sont en surchauffe et notamment chez les députés Renaissance et les influents Marcheurs de la première heure. De plus en plus de voix se font entendre pour faire accélérer le mouvement pour un changement au début de l’année plutôt qu’après le scrutin des Européennes en juin. Suspense, suspense. Est-il plus efficace de booster le camp macroniste avant ces élections avec un nouveau chef de gouvernement, quitte aussi à prendre le risque d’une « veste » loin derrière le Rassemblement national. Ce qui ferait également désordre pour la nouvelle équipe à peine arrivée et déjà grillée.
C’est fou ce que les bons et bonnes copines vous poussent à s’installer au parlement européen. Qui ne fait visiblement pas rêver les premiers couteaux. Certains ont été tentés d’inciter Bruno Le Maire à aller planter ses choux forcément à Bruxelles. Avec le résultat que l’on sait. Les mêmes, probablement, auraient bien voulu que « Babeth » prenne le même chemin. Pour s’en débarrasser, comme pour l’ancien député d’Evreux.
La Première ministre ne s’y est pas trompée en repoussant ces appels du pied de tous ceux qui lui trouvaient toutes les qualités requises pour porter le drapeau après la peu charismatique Nathalie Loiseau, lors du précédent scrutin, où néanmoins le groupe « Renew » avait fait presque jeu égal avec le leader RN, Jordan Bardella, qui là, pour le moment, dans les enquêtes d’opinions, culmine à 30 % ! Ce qui n’est pas la même musique. Le camp macroniste cherche toujours sa tête pensante même si l’actuel président du groupe au Parlement européen, Stéphane Séjourné, tient toujours la corde…du pendu. Lui aussi n’est pas très connu de la France profonde et même moins profonde. Son absence de notoriété constitue de toute évidence un handicap.
Dejà dans la « short-liste » l’été dernier, l’actuel ministre des Armées, Sébastien Lecornu, le chouchou du couple présidentiel ( c’est toujours un atout d’être dans les petits papiers de « Birgit » ) reviendrait dans la course si l’on en croit les gazettes et les bruits de couloirs qui depuis quelques jours bruissent en sa possible arrivée à Matignon. Et pourtant il ne fait pas beaucoup de bruit vu sa charge ministérielle à la tête de la « grande muette » où son parcours semble faire néanmoins l’unanimité. Quel chemin a-t-il accompli depuis ses premières armes effectuées auprès du député de la circonscription de Vernon-les Andelys, dans l’Eure, comme assistant parlementaire à 20 ans, puis comme conseiller de Bruno Le Maire, dont il a été proche, avant de prendre son envol et jouer sa carte personnelle. Avec un indéniable succès en terme électoral à Vernon où il a éjecté son ami politique, l’ancien sénateur-maire de Vernon RPR-UMP, Jean-Luc Miraux, puis en prenant la présidence du Conseil départemental de l’Eure. Son seul échec depuis une quinzaine d’années ayant été lié, même s’il a été élu…sénateur, à la « gamelle » de sa liste face à celle conduite par le centriste de la majorité sénatoriale, Hervé Maurey (qui lui a reussi à faire élire sa seconde de liste LR) où il espérait bien faire élire la sortante UMP passée en Macronie toujours néanmoins sénatrice, même sur un siège éjectable à tout moment en fonction de l’avenir national de « Seb ». Je n’aurais pas parié gros lors de ses débuts auprès de BLM sur une telle ascension. Il faut toujours être bon joueur et ce dans tous les domaines…
Dernière heure: une victoire personnelle pour l’intéressé et un grand soulagement pour son « patron » Emmanuel Macron. Et quel désaveu pour les magistrats qui n’avaient pas accepté sa nomination à la Chancellerie ! La messe n’était pas dite. Elle l’est dite aujourd’hui avec la relaxe accordée au garde des Sceaux. J’y reviendrai demain.