Du poil de tiré mais le « blaireau » n’en sera pas !

Sollicité par la tête de liste des chasseurs pour les prochaines européennes, le quintuple vainqueur de la Grande boucle (le Tour de France cycliste) Bernard Hinault, n’en sera finalement pas. Il n’a pas en effet répondu à l’appel lancé au son du cor par président de la Fédération nationale des chasseurs, Willy Schraen. Qui conduira le peloton de l’Alliance rurale parrainée par le lobbyiste Thierry Coste que l’on dit proche de l’Elysée.

L’ancien parti dirigé en 1999 par Jean Saint-Josse avait sous l’appellation contrôlée de Chasse, nature, pêche et traditions (CNPT) à ce même scrutin européen, recueilli plus d’un million de suffrages, soit un score historique de 6,8 %. Une barre que sauf surprise cette alliance ne pourra pas atteindre en juin prochain.

A défaut d’avoir pu accrocher celui qui était surnommé le « blaireau » pendant toute sa gloire sportive il a néanmoins pu afficher à son tableau de chasse l’ancien international de rugby toulousain, Louis Picamoles, qui rentrera donc dans la mêlée politique. Une belle prise néanmoins pour une liste comprenant aussi, entre autres colistiers, la présidente des bouchers de Paris, un éleveur de taureaux, le président des pêcheurs de loisirs en Bretagne. Allez savoir si le plus illustre « blaireau » de France n’a pas eu peur des chasseurs ! Alors qu’il y a quelques jours, une trentaine d’élus, toutes tendances confondues et des habitués du domaine du château de Chambord comme le maire de Troyes, François Baroin et quelques unes des fines gâchettes LR ont participé à une battue de régulation au cours de laquelle il ne fut pas seulement question de sangliers, de miradors et de tirs couchés. La ripaille fut probablement bonne à l’heure de la pause. Il est probable que la constitution de cette liste « rurale » a été au menu des discussions! Et que quelques cartouches ont dû être tirées. Surtout que le RN et les Républicains ont cru voir, les soupçonneux, dans cette initiative la main de l’Elysée pour une manoeuvre destinée à piquer des voix à ces deux partis. Il va y avoir du poil de tiré et les plumes vont aussi voler…

Echec et mat pour les députés de droite ce jeudi qui espéraient à l’occasion d’une niche parlementaire, quelques jours avant l’examen de la loi sur l’immigration dans l’hémicycle…au moins tester la solidité de la majorité gouvernementale et surtout revoir le régime particulier favorable dont bénéficient les ressortissants algériens. Un sujet très sensible dans le camp majoritaire avec pour les députés du groupe Horizons, la même ligne que celle du chef, Edouard Philippe, à savoir la résolution déposée par le groupe des « Républicains ». En juin dernier, l’ex-Premier ministre s’était fait l’écho d’un dispositif qui selon lui n’est plus justifié aujourd’hui. Cela n’a pas suffi à l’adoption de nouvelles dispositions pour mettre fin à l’accord de 1968 jugé trop avantageux, existant entre la France et l’Algérie.

Cet amuse-bouche en dit long sur le climat tempéré existant entre « Renaissance » sur certains dossiers et les amis députés du maire du Havre. Le sommet de l’Etat, hier mercredi, a ironisé lors du conseil hebdomadaire des ministres, de façon à bien remettre les pendules à l’heure. « Je n’avais pas compris que la politique étrangère était définie au Parlement », a soufflé le chef de l’Etat, visant ainsi au passage les amis de son premier locataire de Matignon !

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