« Le Président serait tourmenté en ce moment ». C’est que décrit à tort ou à raison l’un des piliers de la Macronie sur l’état d’esprit actuel du « chef » de l’Elysée. On le serait à moins avec cette avalanche d’événements pas vraiment porteurs. Tant sur la scène nationale qu’internationale. Dans tant de domaines chez nous dont celui de l’mpression d’un manque d’autorité et de fermeté, la préoccupation majeure non sans raison d’une très large majorité de nos compatriotes.
C’est à partir de demain lundi que va commencer…(peut-être) l’examen de la nouvelle loi d’immigration. Une belle foire d’empoigne en perspective surtout après le dépôt ridicule d’une motion de rejet de cet examen par le président du groupe LR à l’Assemblée nationale, qui, une fois de plus, a perdu le tirage au sort gagnant cette fois-ci pour les « verts ». Ce dont donc les écolos qui déposeront leur motion. Il n’est même pas certain que LR le votera. Quel cinéma! Les députés de la majorité ont intérêt à ne pas faire l’école buissonnière et bien à être tous présents. Pas une voix ne peut manquer.
L’horizon semble proche néanmoins pour le locataire de l’Elysée qui vient de fixer au mois de janvier « un rendez-vous avec la nation ». Lequel ? Surprise, surprise ! Souhaitons que ce teasing ne débouche pas sur un pétard mouillé comme celui du mois d’août dernier où il avait annoncé une « initiative politique d’ampleur ». Qui se limita aux « Rendez-vous » de Saint-Denis avec les partis d’opposition. Ce qui n’avait rien de révolutionnaire déjà. Et la seconde rencontre tourna à l’échec après le refus de plusieurs partis d’y participer.
Qu’en sera-t-il alors au mois de janvier, après la trève des confiseurs et surtout un vote sur le périlleux examen de la loi d’immigration sans recours au 49-3 ? Emmanuel Macron, dans sa dernière formule énigmatique, ne donne-t-il pas plutôt rendez-vous à…Borne pour janvier et peut-être pour ne pas la prolonger dans son règne à Matignon ? Elle sera pour qui la fève ?
Dans cette grande période d’incertitudes, de doutes et de spéculations, six mois seulement après le dernier remaniement, il y aurait semble-t-il comme une impression d’acquis et un gros point en suspension: celui de l’avenir de « Babeth » Borne à Matignon. C’est peu dire que l’alchimie entre le président et sa Première ministre n’existe plus. Il n’est même pas sûr qu’elle ait existé un jour ! Et l’usure est grande au sein du couple de l’exécutif. Le président de la République se doit avant l’échéance du scrutin européen de reprendre la main. Et la bonne, forte, pour renverser la table et ne pas mettre davantage en péril la seconde partie du second mandat déjà assez compliqué.
Tout dépendra aussi de la tournure des débats d’ici à Noël, voire au début de janvier.
Dans d’autres colonnes, celles du « JDD » d’aujourd’hui l’exécutif a reçu un soutien complet sans la moindre ambiguïté du maire du Havre et président du mouvement « Horizons ». « Ce projet de loi n’est absolument pas un appel d’air migratoire. » Edouard Philippe se montre là aussi totalement solidaire du projet défendu par Gérald Darmanin sur les régularisations des travailleurs sans papiers dans les métiers tendus, refusées avec force à la fois à droite par le Rassemblement national et les Républicains qui ne veulent rien savoir. En revanche, pas question pour lui de ranger au placard l’aide médicale d’Etat (AME) comme l’ont voté une majorité de sénateurs. L’aile gauche de la Macronie au Parlement ne le tolérerait pas plus…