Les Républicains font la loi ! Et le cirque continue…

Chers lecteurs, chères lectrices. J’ai une terrible info à vous transmettre: nous vivons depuis mardi 23 heures dans un pays fasciste. Quelle bonne blague. A mourir de rire. Et tout ça parce que la réforme sur l’immigration a été adoptée à une très large majorité, celle déjà d’environ 80 % des députés de la majorité présidentielle (il en manque donc 20 %) qui, affreux, auraient mêlé leurs voix à celles des Républicains (les vrais vainqueurs qui à tous points de vue ont fait la loi) alors qu’ils ne pesaient plus rien ou presque) et pire encore à celles du Rassemblement national qui, comme un seul homme ou une seule femme, à la demande de Marine Le Pen, ont voté en bloc le texte. Quelle honte, quelle infamie ont crié fort les parlementaires de gauche qui ont défilé devant les micros tendus pour se faire l’écho de leur méga colère à l’égard de l’affront fait à la France et à ses concitoyens. Oyez braves gens, la patrie est en danger, la peste brune gouvernerait donc notre pays à en croire environ 80 % de l’espace médiatique et tous ces Faure en gueule, comme le premier des socialistes (2 % à la dernière présidentielle avec leur Jeanne d’Arc brûlée vive sur le bûcher électoral, Anne Hidalgo) . Ils n’ont pas honte tous ces politiques aveugles et sourds devant la colère d’une partie du peuple, qui n’ont pas les mêmes pudeurs de gazelle lorsqu’il s’agit pour eux de compter sur les voix de leurs collègues du RN et des Républicains pour faire tomber le gouvernement. Là c’est normal. C’est républicain. Pauvre NUPES, le dindon de cette triste farce qui pendant deux jours a alimenté la chronique. Et qui au final a pris cher avec l’adoption d’un texte certes durci par la droite et a perdu sur toute la ligne. En désespérant par la même occasion une partie de leur électorat même chez la France insoumise qui lui aussi en a marre de l’explosion migratoire. En parlant aussi de morale. Quelle belle fable bien éloignée de celle de la Fontaine. Et là ils ne sont pas les seuls.

Le gouvernement n’a pas été épargné même si l’objectif numéro un, à savoir l’adoption de cette loi, a bien été atteint dans la plus grande douleur par l’exécutif. Il sauve en quelque sorte provisoirement les meubles surtout sans avoir eu besoin des voix du RN pour la faire passer au forceps après tant de conciliabules, réunions de crise, notamment hier soir, obligeant le chef de l’Etat à sortir de sa trop grande réserve. Il y avait le feu à la maison, après les annonces successives en fin de soirée des refus de plusieurs macronistes historiques de l’aile gauche et même du centre de voter le projet. Branle-bas de combat et panique à bord sur le navire-amiral chahuté par les remous, l’Elysée. Le président du groupe MoDEM affichait sa grande détermination. Les cinquante députés de Bayrou s’apprétaient à voter contre. Sacrebleu. Coup de gueule du « patron » de l’Elysée. Pas question pour lui d’accepter que cette réforme ne doive son salut qu’au Rassemblement national. Si c’est le cas, il y aura un nouveau vote, voire même la suppression totale d’une loi…dont plusieurs articles se trouveront retoqués selon toute probabilité par le Conseil constitutionnel.

La Première ministre l’a même avoué ce mercredi lors d’une matinale où elle s’est félicitée « du devoir accompli » et où elle a décroché le prix de l’humour! « Non le gouvernement n’est pas en crise ». Ah bon ? On nous aurait menti…Quel bordel. Il a été tellement peu en crise qu’avant le vote décisif, plusieurs des ministres marqués à gauche auraient menacé de démissionner dont principalement Aurélien Rousseau, chargé de la Santé avant d’annoncer ce matin qu’il allait bien partir (après son faux-vrai départ transmis au secrétaire général de l’Elysée hier matin) et son collègue des Transports, Clément Beaune, un macroniste de la première heure. Une pression quelque peu indigne à cet instant précis, « retenez-moi ou je fais un malheur » et au final peu efficace sur le vote des députés, même s’il a manqué quand même une cinquantaine de suffrages chez Renaissance et au Modem où la fronde et c’est déjà beaucoup, a concerné une vingtaine d’élus, « Lou » Bayrou n’a visiblement pas tenu toutes ses troupes, alors que le mouvement Horizons, à deux exceptions près, est resté fidèle au chef de l’Etat. Quel cirque ! Et après on s’étonnera que nos compatriotes n’ont plus confiance dans leurs hommes et femmes politiques…A mettre souvent dans le même tonneau par leurs gesticulations et postures tellement éloignées de celles des aspirations du peuple.

J’en terminerai avec une note historique en lien avec le résultat de ce vote : l’investiture d’un homme politique marquant du siècle précédent avec l’investiture accordée au plus célèbre des lovériens, ancien député et maire la ville drapière Louviers, dans l’Eure, puis président du Conseil sous la IV e République en 1954. Pendant la guerre d’Algérie. Peut-on refuser les voix d’élus avec lesquels on est en complet desaccord ? Un précédent historique existe, c’est celui de Pierre Mendès-France qui avait annoncé à l’époque « qu’il n’accepterait pas d’être élu grâce aux voix du PC ». Le camarade et non colonel Fabien (Roussel) apprécierait aujourd’hui dans un temps où les communistes ne pèsent pas vraiment le même poids !

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