Les brunes ne comptent pas pour des prunes ! Même si le noyau passe très mal au travers de la gorge de certains. Et bien sûr en priorité du monde culturel en état de sidération après ce qu’il juge comme beaucoup d’observateurs comme un tremblement de terre. Quel tohu-bohu et séisme chez les « cultureux » de gauche très majoritairement peu enclins à accueillir une femme de droite en « leur » ministère rue de Valois, où d’ailleurs a été ovationnée lors de la passation de pouvoir, l’ex-titulaire de la charge, Rama Abdul-Malak, bonne camarade lors de ses adieux, qui a réussi en toute honneteté, une belle sortie. Et quelle phénomène politique que Rachida! Un sacré…bon ou mauvais coup (politique forcément) ? Quinze ans après avoir quitté la Justice, la « serial flingeuse » est de retour dans un gouvernement. Est-ce justifié de la considérer comme une abominable traitre de droite alors que très clairement le président a choisi l’option « à tribord toute » pour constituer sa nouvelle équipe… »crypto-sarkoziste ». Est-ce bien une surprise alors que la France, électoralement, est de sensibilité de plus en plus à droite ? Ca aurait été tout de même un comble qu’il privilégie la gauche dans ses choix. Même si sur ce coup-là, l’arrivée de Rachida Dati, était passée à travers tous les radars jusqu’à hier après-midi. Le secret des tractations avait été bien gardé. Une belle prise de guerre présidentielle dont la « patte » sur la formation de ce gouvernement est plus qu’incontestable ? Et celle de son jeune Premier ministre très limitée. L’avenir le dira. En attendant, on n’a parlé ou presque depuis hier soir que de la nomination inattendue de la cheffe de file de l’opposition municipale parisienne désormais honnie pour être passée chez l’ennemi. La star du nouveau gouvernement habituée à prendre la lumière. Encore plus disruptive et incontrôlable que le maître de l’Elysée. Qui dans l’affaire prend le plus de risques ?
Il ne fait pas de doute ou presque qu’un deal a été passé pour valider cette arrivée entre la politique parmi les personnalités les plus populaires à droite avec Edouard Philippe (probablement peu convaincu par le nouveau pack du quinze de France) et le chef de l’Etat…en vue de l’élection en 2026 à l’hôtel de ville de Paris, que brigue toujours la nouvelle ministre de la Culture. Les candidats putatifs macroniens pour succéder à Anne Hidalgo doivent l’avoir aussi très mauvaise. Pas autant néanmoins, peut-être que ses amis républicains parisiens et d’ailleurs, les premiers depuis hier soir à voler dans les plumes et de façon véhémente à l’égard de celle qui la veille encore était louée pour ses nombreux mérites de pugnacité et son côté « grande gueule ». Sa conversion au macronisme, après tant d’autres de ses collègues présents aux côtés d’Emmanuel Macron depuis six ans, passe très mal chez LR. Même si ses principaux dirigeants ont fait preuve d’une très grande discrétion jusq’alors. Silence radio. La pilule est néanmoins amère car il ne s’agit pas là d’un second couteau de peu d’envergure. Son président, Eric Ciotti, n’a pas trouvé mieux en réponse immédiate que d’exclure la nominée. Bof. Pas vraiment à la hauteur de l’événement. Il ne va plus rester grand monde de populaire et ayant un vrai sens politique au sein de ce mouvement (dont elle était encore vice-présidente) qui prend un nouvel uppercut sévère. Celui qui fait très mal et ce d’autant plus que le parti s’était refait une petite santé il y a un mois lors du vote de la la loi immigration grandement inspiré par les sénateurs et leur chef au Palais du Luxembourg, Bruno Retailleau. Dont son homonyme, Sylvie Retailleau, ministre des Universités et de la Recherche, que l’on disait menacée, reste finalement et de façon curieuse aux cotés d’un entrant de gauche, Stéphane Séjourné, l’ex-compagnon à la ville de Gabriel Attal, nommé ministre des Affaires étrangères. Il devra lui être trouvé un remplaçant pour conduire la liste de la majorité présidentielle aux Européennes ! Avec ou sans des candidats MoDEM, invités à faire sécession, une menace brandie par son président, François Bayrou, furieux de l’architecture jugée trop à droite et d’essence sarkoziste. Le pire des affronts. Les couteaux sont certes sortis mais ils resteront dans leurs fourreaux jusqu’à la seconde liste de nominations !
C’était en effet quand même très drôle cette photo de famille de ce tour de table très raccourcie avec…une toute petite rallonge de gauche de ces quatorze ministres dont plus de la moitié viennent de l’ex-famille gaulliste et surtout sarkoziste, enrichie de la rémoise Catherine Vautrin, titulaire aussi d’un gros portefeuille Travail-Santé, comme Amélie Oudéa-Castera (Education nationale-Sports) qui avait été recalée dans la dernière ligne droite et doublée sur sa gauche par Elisabeth Borne. Le président « Macron-Sarkozy » n’a pas tout de même osé (heureusement) jusqu’à faire appel à la Jeanne d’Arc lorraine, la députée européenne Nadine Morano, une des rares encore à ne pas dire trop du mal chez LR de son ancien mentor « Sarko ». On a échappé au pire…S’il n’en reste qu’une, ce sera bien elle ! Il pourra toujours lui être proposé de remplacer Stéphane Séjourné au scrutin de juin! C’est évidemment une boutade. A l’égard d’une élue plutôt courtisée par le Rassemblement national…