Une communication déjà très audacieuse.

Il fallait bien que l’ère Attal à la tête du gouvernement commence par un premier couac, qui plus est en présence de l’homme de Matignon, lors de son déplacement hier dans un collège de la grande couronne parisienne en compagnie de celle qui lui a succédé rue de Varenne. Avec une question un poil inquisitoire et d’ordre…privé posée à la nouvelle ministre de l’Education nationale interrogée sur son choix d’orientation, établissements privés ou publics pour ses enfants ! On en est encore là en 2024 chez certains. Forcément les organisations syndicales toujours promptes à s’indigner et une partie de l’opposition de gauche. C’est tellement vrai que du temps de François Mitterrand, et même plus tard, un certain nombre de « hauts dignitaires socialistes » pourtant les plus à même à pourfendre le privé, privilégiaient pourtant celui-ci pour permettre à leurs rejetons une meilleure scolarité dans de « bonnes écoles » sans subir les inconvénients du public. C’était bien la preuve, déjà à cette époque, de l’existence de profonds dysfonctionnements dans l’enseignement public ! Et la situation ne s’est pas franchement améliorée depuis dans bien des domaines, loin s’en faut…

D’où la réaction transparente et somme toute courageuse d’Amélie Oudéa-Castera, qui, à la volée n’a pas hésité, c’est une ancienne joueuse de tennis honorable, à monter au filet en arguant du fait que son aîné, Vincent, comme elle, a été scolarisé dans le public avant qu’elle ne prenne avec son mari une autre option. En l’occurrence le collège-lycée Stanislas dans le VI arrondissement de Paris, l’un des établissements les plus courus et réputés de la capitale. « Je reconnais qu’à partir d’un certain moment, on en a eu marre qu’un paquet d’heures de cours ne soit pas assuré et qu’il n’ y ait pas de remplaçants. C’est une situation connue par des milliers de parents comme nous ».

« C’est hallucinant, ont aussitôt réagi furieux, les syndicats. La nouvelle ministre jette à peine arrivée le discrédit sur l’enseignement public. S’il y a des cours non assurés, c’est aussi la faute à tous les gouvernements qui n’ont pas trouvé mieux que supprimer par milliers des postes d’enseignants ». Il n’en fallait pas plus pour déclencher une première polémique. Et une « provocation pour rallumer la guerre scolaire ». Quelle belle aubaine pour les éternels grincheux insatisfaits du « mammouth ». Ce n’est jamais de leur faute. A eux. Si le public va aussi mal et c’est un fait incontestable, ils peuvent aussi prendre pour un certain nombre d’entre eux, toute leur part dans ces échecs répétitifs et ce délabrement.

Ce faisant, la successeur de Gabriel Attal, pas spécialement souple de caractère, n’a pas trop intérêt à renouveler trop souvent des petites phrases qui fâchent un monde déjà irruptif de nature et de tempérament. Et tellement politisé ! Ce n’est parce qu’elle est parvenue à se payer le scalp dans un passé récent de deux des présidents plus plus puissants de la planète sport, Noël Le Graet et Bernard Laporte, dirigeants des deux « fédés » de football et de rugby, qu’elle peut se permettre une communication audacieuse dès son entrée en action ! Ses prédécesseurs, notamment les trois derniers de l’ère Macron, ont dû apprécier le fait que l’héritage laissait un peu à désirer. Nul ne peut douter qu’elle fera bien mieux. Bon courage…

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