Jacquerie agricole, galère ferroviaire et modération plus digne…

Une jacquerie en version « jaunélisation » rurale! Nous n’en sommes pas encore là mais ils réclament à hauts crus la venue du nouveau Premier ministre jusqu’à le menacer de la ramener sur un tracteur à partir de Paris. Ces engins agricoles certes sont de plus en plus performants et modernes mais le confort sur une longue distance reste néanmoins problématique. Plus sérieusement un premier point de barrage et de blocage par plus de 250 agriculteurs a été fixé depuis hier et jusqu’a lundi à la hauteur d’une autoroute du côté de Toulouse. Ils entendent bien se faire entendre par le gouvernement qui prend ce premier coup de semonce très au sérieux. Surtout à seulement un petit mois du Salon de l’Agriculture à la porte de Versailles. Versailles, ce n’est vraiment pas un slogan concernant le monde agricole et plus particulièrement l’élevage, une fois encore sérieusement touché par la gestion de l’eau et les maladies bovines, causes de bien des déconvenues et de desarroi d’un secteur qui,au niveau de l’Europe gronde de plus en plus. Après la porte de Brandebourg, à Berlin, verra-t-on aussi des tracteurs affluer aux portes de la capitale ? Jusqu’à une radicalisation toujours possible hélas avec des organisations syndicales susceptibles d’être débordées par leur base. Avec le soutien du Rassemblement national dont le président, Jordan Bardella, visitera ce samedi une exploitation agricole en Gironde. Un duel à bonne distance avec Gabriel Attal, en déplacement rural ce même jour du côté de la région lyonnaise.

L’hiver est chaud depuis quelques semaines dans plusieurs pays du vieux continent: l’Allemagne, la Roumanie, la Hongrie, la Pologne, la Belgique et maintenant la France, après un épisode musclé aux Pays-Bas, où la grogne agricole a pesé sur les élections législatives qui ont vu l’extrême-droite l’emporter sur les conservateurs. Un coup de balai pas étranger à ces manifestations parfois très violentes. Le pouvoir de nuisance des agriculteurs n’est plus à démontrer. Tout comme leur popularité, même s’ils sont parfois excessifs dans leur souffrance elle bien réelle. Ca pourrait être l’un des dossiers à risques suivi de très près par Gabriel Attal ! Les organisations syndicales sont prêtes à l’affrontement et les plus dures menacent avec dans le viseur leur salon: « On ne se contentera pas de petites phrases et de photos devant les vaches ». Les politiques sont prévenus.

En attendant j’en connais qui ont eu le temps de compter les moutons sur leur trajet les menant de Paris à Clermont-Ferrand, hier soir, qui normalement par le rail exige environ trois bonnes heures de voyage. Qui cette nuit a été multiplié par quatre après un arrêt en gare très prolongé de cinq heures du côté de Montargis. Sans électricité et dans le froid glacial et l’obscurité et pas davantage de distribution de la spécialité locale, les prâlines. Le démarrage d’une grande galère causée par une panne de loco. Celle qui devait se substituer au matériel défaillant est elle aussi tomber à son tour en rade. Ou plutôt en rase campagne. « C’est toujours possible » le vieux slogan de la SNCF est toujours accessible. Pour la plus grande détresse d’un millier de passagers victimes de cette si longue et éprouvante traversée. La nuit tombée, ils n’ont même pas eu le loisir de compter les troupeaux de vaches dans les champs…pourtant traversés (façon de parler) à toute petite vitesse. Pour un parcours du combattant du rail. Et bien duraille pour les malheureux. Finalement un long-courrier aérien transatlantique ou même océanique avec une destination de rêve peut se révéler beaucoup plus rapide qu’un trajet en « bétaillère inter-cités » reliant Paris à la capitale auvergnate où, à ma connaissance la végétation exotique, les coquillages et crustacés et les plages de sable fin sont très limitées ! Même si la charcuterie y est excellente.

PS: J’ai bien aimé la réaction-pour une fois très digne dans des affaires de violences dites policières-d’une proche, en l’occurrence il s’agissait de la soeur aînée du « fameux » Théo, visité dans sa chambre d’hôpital, (ce qui avait suscité une vive polémique) par l’ancien chef d’état, François Hollande, dans les jours ayant suivi (pas celle du président « normal ») son interpellation musclée consécutive à sa rebellion face à plusieurs policiers. Sept ans après les faits très commentés à l’époque, le jugement est enfin intervenu et il a, semble-t-il, globalement satisfait les différentes parties: la victime (handicapée à vie suite à l’emploi d’une matraque au niveau de l’anus) et les trois policiers mis en cause, dont le principal, condamné à une peine de douze mois de prison avec sursis et interdiction de voie publique pendant cinq ans et ses collègues plus légèrement encore condamnés. On a connu des scènes plus explosives et exagérées et c’est très bien à la sortie d’un palais de justice après un jugement apaisé rendu.

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