La sale contagion gagne. Et fait tâche d’huile. Et pas vraiment dans le bon sens. Evidemment très bouillante. Et ce n’est pas le drame absolu, survenu tôt ce matin sur une nationale du côté de Pamiers en Ariège qui risque d’apaiser le climat. Comment ne pas être touché par le décès d’une exploitante agricole, jeune mère de famille de 35 ans, fauchée par une voiture folle avec à son bord son conducteur et ses deux passagères d’origine étrangère, semble-t-il visées par une obligation de quitter le territoire français. Les trois personnes ont été placées en garde à vue. Un barrage forcé aux aurores et voilà le monde agricole si populaire dans l’esprit de nos compatriotes, durement touché dans sa chair. Avec la disparition tragique de cette syndicaliste de la FDSEA, Alexandra, mobilisée depuis plusieurs jours sur un blocage sur cette voie rapide avec son époux et sa fille de 14 ans annoncée dans un état critique puis décédée. A tort par les médias télés, pendant plus d’une heure ! Avant que l’adolescente ne succombe à ses blessures dans la soirée.
Me reviennent en mémoire et dans d’autres circonstances les accidents survenus dans les premiers jours sur ces barrages des Gilets jaunes où plusieurs personnes avaient perdu la vie à cause de chauffards forçant volontairement ou pas sur ces points, carrefours de bien des grognes et mobilisations. Toujours très dangereuses et pas seulement pour les manifestants. Les oppositions n’ont pas perdu de temps, de gauche et de droite, et tout particulièrement des extrêmes comme d’habitude sans le moindre état d’âme, pour faire monter la température. Et souffler tristement sur les braises bien allumées. Déjà que le mercure est déjà si haut dans tant de domaines. Certains appellent bien sûr à des convergences de colères comme le patron du PCF, Fabien Roussel, et à une forte mobilisation. Les agriculteurs, les marins-pêcheurs, même combat. Pour leur survie économique bien menacée.
Ca doit être une priorité absolue pour le nouveau gouvernement qui, par la voix de son Premier ministre, Gabriel Attal et le ministre de l’Agriculture, Marc Fesneau, le premier a réagir, qui ont présenté toutes leurs condoléances à la grande famille rurale endeuillée par cette tragique sortie de route. Qui risque encore un peu plus d’allumer le feu de la colère paysanne. Nos préfectures risquent sérieusement de recevoir des visiteurs désireux de faire entendre à grands bruits leurs revendications. Et pas seulement munis de pétards à corbeaux. Ils ne vont pas se satisfaire de bloquer des nationales, voies rapides et autoroutes !
Le silence de ceux qui nous gouvernent ne peut absolument pas être celui de l’or. Il y a urgence à traiter dans les délais les plus courts ce dossier inflammable au plus haut point. L’exécutif ne pourra pas jouer la montre bien longtemps et il ne semble pas d’ailleurs que cela soit son objectif…Heureusement ! « Le drame de Pamiers nous bouleverse tous » a déclaré très vite le chef de l’Etat. Alors que les transporteurs routiers pourraient rejoindre à leur tour le mouvement! Ça ne sent pas que le purin ! La situation pue…