C’est le grand nouvel ami de la terre et des paysans. Il en fait des tonnes de ballots de paille même si ce n’est pas encore la saison des moissons. La sienne, espère-t-il, aura lieu au scrutin européen de juin avec quelques semaines d’avance sur le calendrier des céréaliers. Et je ne parle même pas du proche rendez-vous du monde agricole, son Salon à la porte de Versailles, d’ici à un mois. C’est peu dire que le jeune et sémillant Jordan Bardella ne cesse depuis une semaine de chausser de gros sabots pour récupérer la colère légitime agricole. L’occasion était trop belle. Le chat botté du Rassemblement national sillonne les campagnes. La bat. Creuse son sillon. S’en prend aux élites de Bruxelles. Prend le tracteur résolument en marche. Rajoute à ne plus finir des pelletées de démagogie et de mensonges. Une marque de fabrique chère au RN. Quel bel acteur si propre sur lui, même si ses bottes crottées ne ressemblent guère à des souliers bien cirés. Peut-être envisage-t-il de tourner un remake des « Feux de labour ». Pour la gloire il repassera ! Peut-être.
Il en est un autre, le député communiste qui tente lui aussi d’engranger les « raisins de la colère »: Fabien Roussel, au premier rang à gauche pour défendre la cause agricole. Avec une certaine gouaille bien à lui. En tout cas il a pris le pas sur la France insoumise mais surtout peu disert sur le sujet. Les agriculteurs, ce ne sont pas des « gens estimables » doivent considérer le « peon » révolutionnaire pJean-Luc Mélenchon et ses sbires députés de l’Assemblée nationale. On les entend très peu, voire pas du tout sur le dossier. Ils sont aussi plus près de leurs amis de la Confédération paysanne que de la FNSEA ! Les Verts sont aussi aphones. Pas question pour eux de défendre la pire espèce non pas végétale ni animale, mais bien humaine: l’agriculteur. Alors que de son côté devant l’épidémie grandissante le gouvernement essaie d’éteindre l’incendie et une tentative de rapprochement des grandes villes par des milliers de tracteurs menaçants. Paris bientôt encerclé ? Peur sur la ville capitale ? Même s’il n’y a pas de quoi rire, j’ai bien aimé ce matin la titraille à la Une du Volatile du mercredi, « Le canard enchaîné: « Attal et Fesneau jouent les Bouses brothers ».
Il est même arrivé hier que la colère paysanne se fasse entendre dans le centre du Havre avec un défilé rarissime de tracteurs. La Porte océane est davantage habituée aux manifestations des dockers et de la CGT. Tout fout vraiment le camp…
Même que le maire de la cité portuaire, un certain Edouard Philippe, s’est montré…un poil mordant devant ses amis du Havre en revenant et ironisant sur le remaniement récent: « Le président a pris des risques sur des portefeuilles majeurs ». L’ancien Premier ministre de citer au passage Stéphane Séjourné. « Ce n’est pas encore Fabius ni Juppé », tous deux anciens locataires de Matignon et du Quai d’Orsay. « Quant à l’Education nationale, elle ne sera pas restée longtemps domaine réservé du Président: c’est désormais celui de Médiapart ». Avec une ultime pirouette-cacahuète: « C’est de mal en Pisa ». Ca ne serait pas un peu vachard ? Mais tellement de circonstance en cette période de troubles et d’opérations coup de poing contre des préfectures et aussi depuis ce matin contre les cibles préférées de nos agriculteurs, les fastfood à consonnance yankee..Autant leur combat et beaucoup de leurs revendications peuvent s’entendre, autant les violences et les destructions ne seront jamais acceptables si elles devaient dans les jours prochains s’amplifier et certaines actions se radicaliser !