Un coup de maître même si la partie est loin d’être gagnée !

Une bonne bouille sympathique. La casquette jaune orangée vissée sur le crâne. L’accent chantant. Tout le contraire d’un exité même s’il se trouve à l’initiative de cette colère et le montage d’un premier barrage sur l’autoroute A 64 à hauteur de Carbonne, près de Toulouse, il a crevé l’écran tous ces derniers jours. Il avait commencé par une menace d’aller chercher Gabriel Attal jusqu’à Paris et le faire grimper de force sur son tracteur ! Ce qui n’était alors qu’une boutade lancée à la « cantonade », probablement pour galvaniser ses amis. Ca s’est terminé hier soir par la venue surprise du chef de gouvernement, après ses annonces au monde agricole à quelques kilomètres de là dans une exploitation agricole, sur le site même de la première fixation du mouvement de révolte.

Quelle séance de communication au moins réussie du Premier ministre. De l’inédit puissance dix avec au final une troisième mi-temps festive au pied des meules de paille. Ancien rugbyman pas épargné par les malheur personnels, son père lui aussi exploitant agricole s’est donné la mort il y a quelques années, grièvement blessé dans la pratique de son sport préféré, Jérôme Bayle, éleveur bovin, est devenu en l’espace seulement de quelques jours une figure nationale de la fronde rurale. Jusqu’à faire ami-ami avec Gaby. C’est tout juste s’il ne l’a pas invité à le raccompagner jusqu’à Paris ! Incroyable épilogue sur fond d’une tournée générale, un coup de rouge pour tout le monde, Premier et ministres compris. Presque les images du banquet final des albums d’Axtérix et des irréductibles gaulois. Et aux premières heures de la journée ce samedi, sa promesse de lever le blocus était tenue même avec quelques heures d’avance. Si en Haute-Garonne, on parlait de victoire et grande satisfaction d’avoir obtenu des avancées matérialisées notamment par la suppression de la taxe de gas-oil qui avait fait l’objet d’un accord entre l’Etat et la FNSEA et de l’essentiel de ce qu’ils réclamaient avec une baisse significative dans l’excès de « paperasse », le ton était tout autre du côté d’Agen, l’un des points centraux de la révolte et sur d’autres barrages à travers la France, toujours maintenus.

Même si une pause semble actée jusqu’à lundi matin, pour reposer les troupes, les organisations syndicales n’ont visiblement pas l’intention de lever le camp. Et tout particulièrement chez la FNSEA et ses organisations départementales et surtout aussi les Jeunes agriculteurs, pas vraiment sous le charme des promesses du Premier ministre. Qui à défaut d’avoir obtenu leur totale confiance a réussi un tour de force en terme de communication sur le terrain. Ce n’était pas gagné d’avance, loin s’en faut, dans ce climat de début de violence et ses débordements inacceptables. Il n’est pas sûr en effet que la base rentrera dans les plus brefs délais dans ses fermes. Et les principales organisations agricoles, beaucoup plus politisées, n’ont pas dit leurs derniers mots. Elles appellent sans la moindre surprise à poursuivre le mouvement. Rien n’est encore joué, même si un armistice semble avoir été signé. Reste que la capitale demeure toujours sous la menace d’un encerclement généralisé ! Pour perturber sérieusement les approvisionnements de plus de 10 millons d’habitants. Les tracteurs sont toujours prêts à converger vers Paris…Le ras-le-bol général n’a pas disparu d’un coup de baguette magique, même en dépit des avancées obtenues et forcément jugées insuffisantes.

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