La grande « humiliation » et une sacrée fracture ouverte entre Bayrou et Macron !

François Bayrou croît-il encore à son destin national ? Il est permis de le penser. Revigoré par sa relaxe judiciaire le palois a sérieusement contrarié son président préféré hier soir en claquant la porte à un possible retour au gouvernement. Il a même parlé « d’humiliation » à l’heure d’officialiser sa fracture ouverte avec Emmanuel Macron. Dont la journée pluvieuse aura été très contrastée. Un bel hommage le matin dans la cour des Invalides où il a prononcé des mots…justes en hommage aux victimes franco-israéliennes du pogrom survenu le 7 octobre dernier. « Le plus grand massacre antisémite de ce siècle » a notamment déclaré le chef de l’Etat. Qui le soir venu reçevait une fin de non-recevoir de son ami béarnais qui, dans la foulée portait des mots très durs et accusateurs à l’encontre de l’exécutif lors d’un dîner interne au MoDEM, dans les salons du ministère de l’Agriculture. L’ambiance a dû y être très mouvementée. Certains parlementaires dont l’influent Jean-Louis Bourlanges, que les rouennais connaissent bien, a rué dans les brancards en regrettant que le président du mouvement démocrate ait joué en solo sans se préoccuper des autres et surtout de la suite avec cette crise bien ouverte. Une attitude qui n’est pas vraiment nouvelle.

Celui qui aspirait à devenir le numéro deux de l’équipe gouvernementale n’est pas homme à tous les compromis. Ce qui en soi n’est pas forcément blâmable. Il rêvait à un superministère des territoires. Plutôt que l’Education nationale et encore moins les Armées que lui proposait le Premier ministre, Gabriel Attal. Alors que de son côté le président de la République entendait conserver à ce poste Sébastien Lecornu. Le fier béarnais s’est-il montré trop gourmand et surtout beaucoup trop orgueilleux dans ces « marchandages » de petite cuisine politique ? Sur le fond, certes il n’a pas tort de s’en prendre au « gouffre » se creusant entre Paris et la province. Et il ne parle pas que de l’origine des ministres représentant en très large majorité la capitale. Un gouvernement hélas trop parisien . Le plus sudiste de l’équipe étant l’ancien maire d’Angers, l’actuel ministre de la Transition écologique. Qu’en sera-t-il dans quelques heures ou quelques jours à l’annonce des dernières recrues gouvernementales. Le sort semble scellé pour Amélie Oudéa-Castéra à l’Education nationale. Il lui restera les Sports et les Jeux olympiques. Il se dit que « Manu II » serait tenté d’avancer le pion ou plutôt la pionne…Nicole Belloubet, ancienne rectrice d’académie de Toulouse, sous Hollande, et garde ses Sceaux, qui avait succédé au même Bayrou place Vendôme après sa démission. L’histoire politique nous réserve tellement de « cocasseries ». Et cette ineptie d’histoire de parité. Voilà encore une source de désaccord, pour le moins, entre les deux hommes de l’éxécutif. Qui en plus vont se retrouver avec la gestion délicate du maire de Pau en colère à l’extérieur. Un élu de la France profonde pour qui la droitisation du chef de l’Etat dans la formation de son gouvernement avec la part belle faite aux anciens sarkozystes (l’affront suprême pour « Lou » Bayrou) ne pouvait qu’aboutir à un clash sérieux. Reste à savoir si ce coup de sang du récent relaxé, dont le pouvoir de nuisance reste inquiétant pour le camp macroniste aura des répercussions à la fois sur la composition du bouquet final gouvernemental, voire même sur la majorité présidentielle ? Les paris sont ouverts ! Et là il ne s’agit pas de sombre affaire de parisianisme !

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