Faites vos jeux non olympiques ! Quelle sera la première nouvelle sommité gouvernementale épinglée par Médiapart ou une autre gazette médiatique ? Les fins limiers doivent être sur les dents. Déjà bien dures avec l’arrivée de Nicole Belloubet à la tête de l’Education nationale en remplacement d’Amélie Oudéa-Castera dont le périmètre gouvernemental se limitera désormais aux seuls Sports. La cinquième ministre des enseignants et autres personnels depuis la première élection d’Emmanuel Macron, aura fait un séjour très bref d’à peine un mois rue de Grenelle. Un record. Le temps de susciter une vive polémique et de faire son sac d’ancienne sportive et de se faire honnir par les organisations syndicales de l’enseignement. Qui n’ont pas encore eu le temps de tacler une ministre venue de la gauche (n’ayant pas laissé un souvenir impérissable à la Justice, loin s’en faut) et ancienne rectrice des académies de Limoges et Toulouse d’où elle démissionna avec fracas, avant d’être adjointe socialiste au maire de Toulouse) C’est vrai qu’elle connait davantage le mammouth de l’intérieur. Le seul intérêt de cette nomination dans l’immédiat est de calmer la forte colère du monde volcanique de l’Education nationale. Pour le reste, il faudra attendre et lui laisser sa chance même si on peut toutefois s’étonner-un doux euphémisme-de voir cette personnalité effectuer son retour qui, dans le passé, même si ce n’était pas son domaine d’alors a tenu des appréciations bien éloignées de celles de Gabriel Attal ! Il n’y a pas de quoi être tellement être rassuré. Elle n’est pas du genre à vanter les mérites de la blouse dans les écoles. Entre autres. Le wokisme va-t-il faire sa rentrée dans les classes ? Il fallait bien avec le départ des ministres de l’aile gauche remettre une petite touche à bâbord. Bof. On peut contester cette nouvelle erreur de casting. Un procès d’intention à confirmer ou pas…
La majorité gouvernementale ne se trouve pas vraiment bouleversée avec la maintien de quatre ministres issus du MoDEM en dépit du coup d’éclat de François Bayrou. Le mouvement philippiste « Horizons » a sauvé aussi ses deux ministres dont l’un délégué à la Santé, Frédéric Valletoux (une arrivée que j’avais pressentie il y a plusieurs semaines) qui remplace donc Agnès Firmin Le Bodo, l’élue havraise qui, dès la semaine prochaine, retouvera son siège au Palais Bourbon. Cette arrivée ne va pas vraiment être appréciée des médecins libéraux et de ses organisations syndicales hostiles à l’ancien président de la puissante fédération hospitalière de France du temps où il était encore maire de Fontainebleau.
Deux des nouvelles têtes, députés jusqu’à hier ont déja reçu un chaleureux accueil de la part de leurs contradicteurs. Tout particulièrement le ministre du Logement, Guillaume Kasbarian, coupable d’avoir durci la loi contre les squatteurs. « Une véritable provocation » selon les procureurs des milieux associatifs de la solidarité et Mathilde Panot, la présidente du groupe LFI à l’Assemblée nationale, toute aussi empreinte de douceur, pour qui cette promotion s’identifie comme un « crachat à la figure » des acteurs du logement. Un propos nuancé comme d’habitude.
A un degré moindre, Marie Guévenoux, jeune cadre historique du macronisme a déjà reçu son collier de fleurs de ses opposants ultramarins. « Elle ne connait rien à nos territoires » a tonné l’un des élus de Guyane. Ce n’est probablement pas la première…L’une des récentes titulaires de ce portefeuille (le dernier, Philippe Vigier n’a pas fait long-courrier feu) n’était pas restée longtemps à ce poste exposé aux décalages horaires et à des déplacements lointains. Ce n’était autre que Yaël Braun-Pivet, qui très vite réussit une belle reconversion en obtenant le très convoité « perchoir » de l’Assemblée nationale ! Tous les espoirs sont donc permis à la nouvelle ministre ultramarine. Charmante au demeurant…
Dernière heure: Une grande voix des prétoires et de la politique vient de s’éteindre pour toujours. L’ancien ministre de la Justice de François Mitterrand, Robert Badinter, est mort la nuit dernière à l’âge de 95 ans. « Une figure du siècle et une conscience républicaine, l’esprit français « lui a aussitôt rendu hommage le président de la République à l’annonce de la disparition du père de l’abolition de la peine de mort en 1981, à l’issue d’un de ses principaux combats contre aussi l’antisémitisme et l’homophobie, remportés alors que la France, majoritairement à cette époque n’était pas favorable à cette fin du couperet de la guillotine.
L’ancien avocat pénaliste et homme politique (il a également été président du Conseil constitutionnnel et sénateur) avait échappé de peu à une rafle en février 1943 où son père Simon et plusieurs membres de sa famille avaient été victimes avant de rejoindre le camp de la mort d’Auschwitz où il périrent… Un juste parmi les justes et les sages…à qui il sera aussi rendu un hommage national.