Deux pleines pages ce matin dans « La Tribune du Dimanche ». « Doudou » sort du bois et il ne s’agit pas de celui de Bléville, l’un des poumons verts de la ville portuaire du Havre. Adepte du ring de boxe, l’ancien Premier ministre cogne. Un peu, pas trop. Juste ce qu’il faut pour annoncer tout de go qu’il entend prendre des risques avant son rendez-vous avec les français dans trois ans. Il n’a plus besoin de se raser pour y songer et même davantage. Il y avait intérêt car ce début d’année a vu l’arrivée d’un possible rival, Gabriel Attal, promu à Matignon. Pas la meilleure nouvelle pour le maire du Havre, même si ce dernier ferait jeu égal avec Marine Le Pen à 50-50 au scrutin présidentiel. Un tout petit plus par rapport au trentenaire qui toujours selon ce sondage s’inclinerait à 49 %. Une enquête d’opinion, une de plus, toute aussi ridicule à si longue échéance. L’insupportable overdose est pour demain et après. Les favoris sont rarement à l’arrivée.
Il n’empêche : l’ex n’a pas intérêt à laisser toute la lumière, si lumière il y a, au « jeunot » désormais plus populaire que lui. L’heure n’est plus à un certain dilettantisme ou présumé tel. Place à une nouvelle vague de déplacements en province. Davantage les sous-préfectures que les métropoles. C’est sa marque de fabrique. Pour bien tracer sa route et prendre le pouls indispensable des gens d’en bas.
Il n’élude pas la question lorsqu’il s’agit de commenter la composition du nouveau gouvernement, tout en se déclarant comme « un joueur privilégier le collectif ». Cela ne l’empêche pas de rapporter que sa constitution lui est apparue comme « surprenante ». Il n’avait pas déjà compris la double casquette confiée à la très éphémère ministre de l’Education nationale. Il semblerait aussi qu’il doute des capacités du toujours secrétaire général de Renaissance, Stéphane Séjourné, à occuper le Quai d’Orsay. Il ne saisit pas davantage les raisons du choix de Rachida Dati à la Culture !
Contrairement à François Bayrou il n’est pas néanmoins rentré dans une grosse colère. Il estime en effet que les équilibres de la majorité ont été respectés avec pour sa propre formation le maintien du numéro 2 de sa formation Horizons, Christophe Bechu et l’arrivée de l’ancien maire de Fontainebleau devenu député, Frédéric Valletoux, à la Santé. Deux portefeuilles essentiels dans l’organigramme ministériel.
En attendant de prendre des vrais risques à l’automne prochain, on en saura plus alors sur les forces électorales après les Européennes de juin prochain. Un scrutin à très hauts risques si l’on en juge le dernier sondage paru ce même dimanche où le parti présidentiel dégringole à 17 % conservant néanmoins son même différentiel de onze points avec le Rassemblement national. Pas de quoi toutefois pavoiser ! La cote d’alerte menace. Avec ses gros paquets d’eau comme ce week-end avec les grandes marées spectaculaires sur les digues de l’ancienne cité corsaire malouine. Là il n’y a pas de quoi faire le malin avec une telle perspective ! Force est de reconnaître que la promo de Gabriel Attal n’a guère eu d’effets encore sur la côte d’amour électorale du camp macroniste…Certains même y voient…l’horizon d’une possible déculottée !