Incompréhension et colère !

C’est presque au chant du coq et à la radio que j’ai pris connaissance ce vendredi matin avec stupeur d’une info invraissemblable. Celle concernant l’invitation saugrenue (un doux euphémisme) lancée par le chef de l’Etat aux « Soulèvements de la Terre », les mêmes avec d’autres activistes aussi violents, à participer à son grand débat au parc des Expositions de la porte de Versailles, à l’occasion de sa visite inaugurale demain samedi et déambulation à hauts risques dans la plus grande ferme de France.

C’est toujours bon de dialoguer, surtout avec ses opposants, mais là les bras m’en tombent. A quoi voulait jouer l’Elysée ? Au risque de transformer ce salon en saloon digne d’un western et ce débat en grand débâcle. Comment donner la parole autour d’une même tribune et en un tel lieu aux pires ennemis du monde agricole. La réaction de colère n’a pas traîné du côté de la principale organisation syndicale, la FNSEA. Résultat: elle a décidé de boycotter ce rendez-vous avec Emmanuel Macron. Pourtant intéressant. Elle n’est pas la seule. Mais franchement comment ne pas assimiler cette invitation à une sorte de provocation de très mauvais goût. Mais ils sont où, mais ils sont où ses conseillers susceptibles tout de même de lui éviter de faire fausse route. Même ses soutiens se grattent la tête et ne comprennent pas. Ce qui a dû être le cas de nombre de ses proches au plus haut niveau de ses équipes. Une démarche incompréhensible. Quelle mouche l’a piqué ?

Son ministre de l’Agriculture, tout en mettant certaines formes oratoires, ne s’est pas empêché et c’est à tout son honneur de dire toute son incompréhension à l’intention du « patron ». Que ce dernier puisse donner la parole à des gens privilégiant la discussion parfois très musclée avec casques, masques et surtout cocktails molotov et armes diverses ! Il arrive (pas toujours) que le « en même temps » présente ses limites. Franchies allègrement alors que les discussions sont âpres et loin d’être gagnées avec les organisations syndicales très soupçonneuses, afin que la soixantième édition du Salon de l’Agriculture ne tourne pas au désordre et au fiasco et se transforme en zone à défendre (ZAD) avec tracteurs autour du président de la République. Il n’est pas sûr que cette initiative présidentielle (même si elle n’a pas été jusqu’au bout) ait été la mieux choisie pour réchauffer le climat à seulement 24 heures de l’événement.

Notre Président a heureusement en effet fait très vite (le mal était fait) machine arrière en renonçant à ces échanges avec les « factieux » de Sainte-Soline, ou leurs copains, les mêmes, qui, de façon répétée, s’en prennent aux forces de l’ordre ! Leur tapent dessus. Le même groupement qualifié « d’écolo-terroriste », dont le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, avait réclamé la dissolution avec forcément l’aval de « Manu II » avant que le Conseil d’Etat ne l’invalide. Ses bras ont dû tomber aussi à l’annonce de cette proposition de dialogue…alors que le même jour, il s’offrait un coup de com dans son bureau de la place Beauvau à la Une de Paris-Match en posant avec ses deux enfants. Un peu à l’image d’un de ses célèbres prédécesseurs, « Sarko » dans ce même bureau. C’est un peu « to much » cette façon de communiquer. C’est l’air du temps. Les plus vieux ont dû se remémorer une autre scène restée elle dans l’histoire avec le président Kennedy dans le bureau ovale de la Maison blanche posant avec son fils John-John sous son bureau…Le premier des flics n’a pas osé toutefois poser en photo avec l’imam gardois expulsé de notre pays sous son bureau seulement quelques heures après son interpellation. Une expulsion bien sûr regrettée entre autres par la tête de liste de la France insoumise au scrutin de juin, Manon Aubry ! Pour qui l’état de droit n’a pas été respecté. Ca se discute fortement…

Dernière heure: le président de la République a finalement renoncé à son grand débat prévu samedi matin mais néanmoins confirme (encore heureux) sa présence porte de Versailles. Bon courage !

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