« Je préférerai toujours toujours le dialogue à la confrontation. Rien ne justifie les violences contre les personnes et les biens ». Il est 11 heures ce samedi matin et son arrivée très chahutée remonte déjà à trois heures. Les plus radicaux des agriculteurs, ses…détracteurs, ne lui prédisaient guère de rester plus d’un quart d’heure, voire l’empêcheraient de pénétrer dans le parc des expos de la Porte de Versailles. La discussion est vive. Plutôt en version dialogue de sourds mais elle existe avec des haussements de tons vifs de part et d’autre. Ce qui était déjà loin d’être gagné. Le Président en bras de chemise chemise fait face. Tutoie ses interlocuteurs. Emploie un langage très populaire. Certains diront vulgaire. Qu’on l’aime ou le déteste, le « bonhomme » ne recule pas. Ce n’est pas son genre et c’est à mettre à son actif. Et pourtant deux heures plus tôt c’est sous les sifflets dans une ambiance survoltée qu’il est apparu. « On est chez nous » lui ont balancé très en colère des manifestants remontés comme des coucous. « Tu peux retourner à l’Élysée ». Le message est clair. Il y aurait comme une mauvaise odeur de purin politicienne. Pas surprenant puisque ces slogans émanent le plus souvent d’une organisation syndicale que les mauvaise langues situent plus proches de Marine Le Pen, la Coordination rurale, reconnaissable à ses bonnets jaunes. Une couleur qui ne porte décidément pas chance au chef de l’Etat. A quelques dizaines de mètres fusent des cris « Macron démission». Davantage politiciens que vraiment paysans. On peut s’attendre ces jours prochains à d’autres slogans lors du déplacement du duo Bardella-Le Pen Porte de Versailles: « Le Pen présidente ». Comme c’est bizarre !
C’est tout juste si on n’a pas entendu deux heures plus tôt dans les allées un « casse-toi pov’con » non pas présidentiel comme « Sarko » mais bien paysan. Chauds, chauds les marrons. A chacun aussi ses colères . Celle de « Manu II » dans la foulée d’une réunion avec les dirigeants des syndicats agricoles, n’était pas « piquée des hannetons » . Presque les larmes aux yeux lorsqu’il évoque les accusations ayant mis le feu aux poudres ces dernières heures concernant l’invitation lancée aux « Soulèvements de la terre «. « Je n’ai jamais lancé une invitation à un mouvement dont j’ai voulu la dissolution. C’est n’importe quoi ». Il semble sincère…mais c’était tout de même une énorme « connerie » d’où qu’elle vienne !
Un prétexte aussi bienvenu peut-être pour certaines organisations syndicales et une base qui n’avaient pourtant pas intérêt à ce que la marmite n’explose davantage. Ne serait-ce que pour tous les collègues ayant préparé avec amour cet événement annuel depuis des mois et dont le travail ne mérite pas d’être mis à mal et aussi les visiteurs de la plus grande ferme de France qui n’avait jamais connu à ce jour pareils débordements a l’ouverture ! En présence de forces de poulets plus importantes que les vaches qui avec ce vacarme n’avaient pas le cœur de rire ! Finalement le « chef » Macron, il l’a eu son débat de près de deux heures dans un format qui n’était pas prévu, mais qu’il aime tant ! Son exercice de prédilection. Il a même eu le temps dans sa longue déambulation dans les allées et davantage apaisée jusqu’au milieu de l’après-midi, de saluer l’égérie de l’édition 2024, la vache normande « Oreillette »…
Pas la même et en plus lourd que celle portée par les hommes et les femmes de la protection du président de la République dans ce climat de très haute-tension contrastée en fonction des pavillons en début d’après-midi. Le fait d’une minorité très agissante et bruyante ! Elle n’était pas venue là pour discuter mais bien plutôt pour en découdre. Comme tant d’autres dans ce climat social survolté !