Enfin une bonne nouvelle pour le chef de l’Etat ! Chahuté au Salon du « prêt-à-gueuler » agricole, vertement critiqué et même isolé à l’international et surtout en Europe pour sa déclaration considérée comme « va-t-en-guerre » concernant la possibilité d’une intervention des troupes européennes, dont françaises, lsur le sol ukrainien, « Manu II » respire un bon bol d’air frais. En provenance hier soir du Palais du Luxembourg où les sénateurs à une très forte majorité (267 voix contre 50) ont voté en faveur de l’inscription de l’interruption volontaire de grossesse dans la constitution, adoptée précédemment et facilement au Palais Bourbon.
L’exécutif a dû apprécier ce coin de ciel bleu dans une actualité et cette accumulation de nuages tellement lourdes. Et ce d’autant plus qu’il s’agit là d’une première mondiale. La France est en effet le premier pays à choisir la voie de la constitionnalisation de cette loi voulue en 1974 par Simone Veil. Et c’était loin d’être gagné d’avance et gravé dans le marbre de la Haute-Assemblée d’après des estimations laissant supposer un score très serré et même périlleux pour le gouvernement. Ce d’autant plus que le patron du Sénat, Gérard Larcher, avait répété comme le président du groupe des Républicains, le vendéen Bruno Retailleau, n’être pas favorable à cette inscription. Une position défendue jusqu’au bout par une partie de leurs collègues considérant à tort ou à raison qu’il n’existait aucune menace sur ce droit acquis de haute lutte dans notre pays. Peut-être, mais il est probable que nos chers sénateurs LR au moment de voter ont dû y réfléchir à deux fois avant de voter contre, de peur d’une rebellion familale avec leurs femmes et filles, forcément plus motivées par ce droit sociétal. Et surtout aussi de passer légitimement pour « d’affreux conservateurs ringards » à quelques semaines du scrutin européen. Le retour du boomerang aurait pu faire très mal.
Nombre de leurs électeurs n’auraient pas compris à juste titre cette opposition muée aussi pour des raisons strictement politiciennes et non seulement morales. Il n’empêche, si la gauche, le centre et la majorité gouvernementale ont voté sans sourciller, il s’est encore trouvé au moins une quarantaine de sénateurs de la majorité à droite de la Haute-Assemblée, à suivre la bande à « Gégé ». Qui ne sort pas renforcé de ce scrutin, loin s’en faut…Une bien triste attitude alors que LR n’a pas vraiment le vent en poupe électoral ! En toute logique l’issue du scrutin, lundi prochain devant le congrès réuni au château de Versailles, ne devrait pas faire le moindre doute. Le président Macron obtiendra bien une majorité des trois-cinquièmes. Ce qui ne semblait pas encore évident il y a quelques jours. Comme quoi le château royal ne devrait pas ressembler à la Porte du même nom où quelques centaines d’agriculteurs ont tenté…une interruption volontaire de salon au Président !