Ce n’est évidemment pas le même niveau sur l’échelle de Richter de l’actualité d’hier vendredi. Entre les sifflets et même des jets d’oeufs sur le ministre de l’Agriculture et son collègue de la Transition écologique en visite porte de Versailles. Et à des milliers de kilomètres, la capitale russe, Moscou, encore enneigée, pour les obsèques religieuses selon le rite orthodoxe de l’opposant numéro un du tsar Poutine, disparu au delà du cercle polaire en Sibérie. Victime d’un…refroidissement et d’un malaise fatal pendant sa sortie dans la cour d’une colonie pénitencière surnommée le « Loup polaire ». Et pas pour rien…Pas le genre des « Jolies colonies de vacances » chantées par Pierre Perret bien avant l’effondrement du Mur de Berlin et de l’empire soviétique. URSS, quatre lettres qui vous veulent du bien. Sa faucille et son marteau, son régime stalinien, ses terribles goulags tellement bien décrits par l’un des premiers opposants historiques du pouvoir communiste, l’écrivain russe Alexandre Soljenitsyne, dans son livre paru en 1973.
« Les héros ne meurent jamais ». Ce pourrait être le titre d’un prochain James Bond. Il y en a de rapprochants ! Ils étaient en effet des milliers hier dans la froidure moscovite à s’être déplacés pour dire adieu à leur héros. Au péril même de leur liberté, voire de leur vie. Vladimir n’a pas dû apprécier cette ferveur aussi historique. Ils ont osé défier l’ours sanguinaire du Kremlin. Un courage salué notamment par le chef de l’Etat français représenté par son ambassadeur en poste dans la capitale russe, présent au côté de ses homologues de Berlin et de Washington. Une triple claque pour l’envahisseur de l’Ukraine. Il y en avait de jeunes, des couples avec des landeaux, des plus anciens s’aidant avec une canne, et même en fauteuils roulants. Ils ont vaincu courageusement leur peur alors que les caméras de surveillance, les systèmes de reconnaissance faciale, fonctionnaient à « pleins tubes ». Ceux d’une possible et future interpellation plus discrète. Et quelle sortie du cercueil accompagné de ses proches, ses parents, puisque son épouse Loulia Navalnia, vit exilée à l’étranger et craignait à juste titre une probable arrestation ! Pour aussi un double pied de nez au pouvoir dictatorial avec la chanson « My Way » de Frank Sinatra ! Tout un symbole…Comme cette ultime pirouette musicale, lors de la descente du cercueil dans sa tombe, sur la musique du film « Terminator » « I be back » je reviendrai. Il fallait encore oser. Entre dans l’histoire Navalny, un autre résistant. Peut-être que celui-ci sera encore plus influent mort que vivant alors que le président russe sera plebiscité à plus de 90 % par « son peuple » pour une énième parodie démocratique et un scrutin sans la moindre opposition, très prochainement. Ca aide…
PS: Nous sommes bien éloignés heureusement de « L’archipel du goulag » d’un certain Alexandre…Même si l’info n’a pas laissé probablement insensible de nombreux ébroïciens à l’annonce de la fermeture définitive d’une institution de la ville d’Evreux. Son café du « Beffroi » et sa véranda, ses anciennes banquettes de couleur rouge (une coïncidence !) à quelques dizaines de mètres de l’Hôtel de ville. Des images me reviennent en mémoire. Comment oublier que cet établissement, pendant de nombreuses années, représentait aussi le « sanctuaire » et l’église préférée si j’ose dire de façon amicale à l’heure du café de son ancien maire communiste, Roland Plaisance, qui, avant de retrouver son bureau de la maison commune chaque matin, n’y rendait pas justice à l’ombre d’un chêne, mais y rencontrait très souvent ses concitoyens, certains de le retrouver disponible et à l’écoute. Entouré souvent de plusieurs élus. Son carré de fidèles. Un autre rite sans la moindre connotation religieuse. Pour échanger et noircir des pages toujours utiles ensuite. Toute une époque avant une descente aux enfers progressive en terme commercial pour l’enseigne. Chaque ville ou presque a ses symboles forts et celui-là vient de s’effacer pour toujours…C’était un clin d’oeil un peu humide en version nostalgie.