Des émotions enfin pas toutes…bonnes !

Que d’émotions ! Bonnes et mauvaises.

Commençons par les pires. Celles notamment liées à l’instrumentalisation de cette journée sous les ors de Versailles, ponctuée par un vote historique, même si on peut raison garder et employer d’autres termes peut-être davantage appropriés. Voire un peu plus mesurés, même si la France est la première au monde à voter un tel texte.

Trop, c’est trop, lorsqu’on assiste, certes à distance, et devant son poste de télévision à l’embrasement de la Tour Eiffel, symbole de la ville capitale, scintillant de mille feux pour couronner le côté paillettes déplacé, voulu par la mairie de Paris, pour célébrer, si j’ose dire…l’heureux événement que constitue de façon indéniable cette constitutionnalisation de la loi de l’interruption volontaire de grossesse. Mise en musique et avec quelle maestria et courage par Simone Veil avec la bénédiction tout de même du chef de l’Etat de l’époque, Valéry Giscard d’Estaing, trop souvent le grand oublié de cette avancée elle bien historique de l’IVG ! Qui lui coûta peut-être un petit peu sa réélection en 1981…C’est une autre histoire, mais en la circonstance le successeur de Georges Pompidou se mit à dos une partie de son électorat catholique, alors encore puissant dans les églises.

Autre temps et autres moeurs comme ce comportement indigne aujourd’hui de cette affiche concoctée par la présidente du groupe de la France insoumise, Mathilde Panot, se mettant de façon indélicate en scène sur le même plan que Simone Veil avec ce slogan historique: « On l’a fait ». Quelle comparaison audacieuse. Quelle odieuse captation d’héritage même si la députée LFI a joué un petit rôle à son petit niveau. Comme d’autres de ses collègues de gauche en première ligne. L’une, avec son époux, a rejoint le Panthéon. L’autre, selon toute probabilité, n’ira jamais. L’un des petits-fils de Simone Veil (dont l’un des deux fils, Jean, accompagnait Gabriel Attal) n’a pas manqué de s’émouvoir de cette indignité à la diffusion de cette affiche ridicule.

J’ai aussi beaucoup moins aimé (mais à une échelle moindre) les circonvolutions de Marine Le Pen, favorable néanmoins à ce vote contrairement à certains de son groupe parlementaire. Pour des raisons purement électoralistes compte tenu du positionnement du peuple français favorable à plus de 80 % à cette constitutionnalisation gravée de façon définitive dans le marbre. Et qui lors de la Journée internationale des droits de la femme jeudi midi sera à l’honneur lors d’une cérémonie présidée par Emmanuel Macron et le Garde des Sceaux, Eric Dupond-Moretti dans ses murs du ministère de la Justice, place Vendôme.

Absent hier de Versailles pour des raisons constitutionnelles, le président de la République saura aussi à son tour recueillir également une partie toute aussi méritée des lauriers d’un autre « on l’a fait » cette fois-ci conforme à la réalité. Celle du succès de ce vote, ce qui était loin d’être pourtant une formalité il y a encore quelques semaines. Surtout avec un tel écart 780 voix contre seulement 72 et une cinquantaine d’abstentions ou d’absences. Un score inespéré. Une dizaine de parlementaires LR, pourtant hostiles à cette loi en première lecture ont été « retournés » dans les derniers jours. L’habileté du garde des Sceaux n’y est pas en partie étrangère. Il reste néanmoins une quarantaine de députés et sénateurs républicains qui, en cette occasion dite historique, ont souhaité rester très droits dans leurs bottes. C’est leur choix. Conforme à leur positionnement comme le sénateur vendéen Bruno Retailleau, fervent pratiquant catholique. Forcément respectable pour des raisons éthiques, même si je ne les partage pas. Mais beaucoup moins lorsqu’il répond à de bas calculs politiciens. Moins compréhensible celui de Gérard Larcher, président du Sénat qui, à la Haute-Assemblée, n’avait pas pris part au vote tout en déclarant son hostilité à ce texte. Comment s’est-il exprimé hier lundi ? Il ne semblait pas particulièrement à l’aise contrairement à son homologue et force invitante de ce Congrès versaillais, Yaël Braun-Pivet, heureuse d’un tel dénouement…alors qu’elle, comme bien d’autres, n’avait pas jugé utile en 2018 cette nouvelle disposition constitutionnelle. Il n’est jamais interdit de revenir sur certaines positions d’hier ou d’avant-hier.

Reste que cette unité en très grande partie retrouvée au moins dans l’hémicycle du château royal et l’émotion qui s’est dégagée à la proclamation du résultat faisait plaisir à voir et à entendre. Quelle émotion dans les travées. Plus d’une minute trente d’applaudissements nourris. Une ambiance tellement opposée au cirque régulier de l’Assemblée nationale. Une salle aussi très émue après l’intervention d’un des orateurs du jour, le sénateur centriste de l’Allier, Claude Malhuret, un ancien médecin et…ministre, encore brillant comme souvent. Quel témoignage alors qu’il était jeune toubib en coopération! Un pur bonheur. Tellement réconfortant pour également le droit des femmes aux libertés renforcées. Un devoir de vote visiblement « étranger » à la députée de la 2 e circonscription de l’Eure (Le Neubourg-Evreux) du Rassemblement national, Katiana Levavasseur, absente à Versailles. Courage fuyons…pour cette très discrète parlementaire. Contrairement à son voisin (la circonscription de Bernay-Pont-Audemer) du même parti, un bon client des chaînes d’infos. Pour une fois qu’elle fait un peu parler d’elle ! Pitié et miséricorde pour ceux et celles qui ont beaucoup péché…

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