On porte vraiment la croix même si elle a disparu dans l’affiche officielle qui fait polémique. C’est bientôt Pâques et quel dédale invraisemblable dans le dyptique des Jeux olympiques et paralympiques. Un dessin sorti de l’imagination créative de l’artiste. Et quelle imagination. Qui rime avec confusion. On peut ne pas aimer. La première médaille d’or est décernée à un certain Ugo Gattoni, l’auteur de l’oeuvre qui l’affiche si mal! Beaucoup trop kitch et chargée. De quoi se mettre très en colère comme l’on fait hier plusieurs dirigeants de la droite et de la droite extrême et d’innombrables internautes outrés pour certains d’entre eux jusqu’à forcément accuser le pouvoir politique d’être responsable de cet outrage. Emmanuel Macron aurait-il été surpris en train de préparer sa reconversion professionnelle avec ses planches à dessins dans un bureau de l’Elysée transformé en atelier créatif ? Le chef de l’Etat ne manque pas de créativité parfois surprenante mais quand même ! Allez savoir néanmoins s’il n’est pas derrière toute cette fantasmagorie du sport dans la ville ayant nécessité plus de 2.000 heures de travail à la main à son véritable père-créateur. Un dessin pour le moins trop fourni. Un véritable foutoir bien éloigné des affiches des JO précédents. On aime bien se distinguer dans notre beau pays. Et tellement la polémique.
Heureusement encore que le dessinateur à l’origine, avec un designer, du slogan « Je suis Charlie » en mémoire aux attentats de « Charlie-Hebdo » a bien fait attention de respecter la parité hommes-femmes dans ce tableau surréaliste. Il y a quand même quelques illustrations sympas comme cet Arc de Triomphe surmonté d’un court de tennis sortant de Roland-Garros avec entre ses « jambes » le passage d’un métro ! Il ne manque même pas les mascottes des JO de Paris, en forme de bonnets phrygiens baptisées évidemment les « Fhryges ». Un hymne à la Révolution ?
La dame de fer, la Tour Eiffel habillée de rose domine de toute sa hauteur une esplanade du Trocadéro transformée en véritable balcon sur la marina de Marseille, où vont se jouer les jeux nautiques et la vague de Teahupo’o à Tahiti ! Il fallait oser. Pourquoi pas. Les couleurs pastels ne sont pas davantage gênantes.
Beaucoup se sont émus en revanche et focalisés tout particulièrement sur la disparition de la fameuse croix sur l’Hôtel des Invalides, l’un des nombreux monuments parisiens revus et corrigés. Le principal objet du scandale. Rayé d’un trait de crayon. Un « sacrilège » ont crié haut et fort Eric Ciotti et nombre de ses amis politiques. Quelle flamme aussi véhiculée par Jordan Bardella, tout aussi vigoureux dans la critique. Une bonne occasion aussi pour les plus radicaux de tenter d’ouvrir un contre-feu après qu’ils se soient singularisés lors de leur opposition à la constitutionnalisation de l’interruption volontaire de grossesse à Versailles.
Ce n’est visiblement pas même la lecture qu’en ont faite le comité d’organisation des JO , le COJO. « Ces affiches officielles ne sont qu’une interprétation artistique légère d’une ville-stade réinventée. C’est une représentation non exhaustive et ni fidèle à la réalité. Elle ne doit pas faire l’objet d’une interprétation à visée politique ». On ne peut pas dire que l’objectif ait été atteint ! Force est de reconnaître que ces affiches peuvent s’identifier à un parc Disneyland transporté dans la capitale. Il y manque tout de même un héros digne de la célèbre firme américaine: Ratatouille et ses congénères à longues queues et moustaches y auraient eu leur place. Mais dans cette hypothèse la maire de Paris, Anne Hidalgo y aurait vu une veritable attaque politique. Un crime de lèse-majesté. Déjà qu’elle a dû subir hier des perquisitions dans son Hôtel de ville dans le prolongement de son déplacement lointain et fastueux d’un montant de 60.000 euros pour sa délégation, justement destiné à découvrir le site olympique du surf à Tahiti…Une visite à laquelle elle ne participa pas d’ailleurs préférant faire coucou à sa fille, habitante d’une île voisine !