Au secours. Vite un plombier au siège, rue Vaugirard, des Républicains. Et pourquoi pas non plus des pompiers pour circonscrire l’incendie provoqué par la sortie d’une enquête d’opinion commandée au mois de décembre dernier par le parti de « Rico » Ciotti. Il n’était pas prévu qu’il soit rendu public. Pas de chance, une fuite est intervenue. De quoi lancer une enquête en interne avec renfort de policiers pour essayer de trouver l’identité de la « balance ». A qui profite le crime ? Je plaisante. Bien sûr. En revanche le résultat de cette photographie à l’instant T pendant l’examen de la loi sur l’immigration n’a rien de plaisant. Enfin ça dépend pour qui ! Le Rassemblement national peut pavoiser. De quoi fortifier son sentiment de grande suffisance. Ce sondage lié à ce qui était envisageable à la fin de l’année dernière concernait une projection en cas de dissolution de la chambre basse. Une projection-événement car pour la première fois elle donnerait une majorité relative, voire même absolue, un véritable séisme pour un tel scrutin, puisque le parti mariniste obtiendrait entre 243 et 305 sièges. Est-il besoin de rappeler que la majorité absolue se situe au niveau de 289 élus. Au secours l’extrême-droite arrive ! Au moins dans un sondage législatif.
Le camp macroniste compterait alors entre 117 et 165 parlementaires, soit une sacrée déperdition, la NUPES serait réduite à une fourchette établie entre 55 et 79 députés, soit la moitié de son contingent actuel. Seul…LR ferait presque jeu égal avec son score de 2022, il est vrai tellement bas avec une estimation de 44 à 60 élus contre 62 depuis 2022. Il n’y a pas de quoi tout de même pavoiser, même si dans l’équipe d’Eric Ciotti on se satisfait de cette prévision qui serait « une stablisation encourageante de notre score ». La barre de l’ambition n’est pas placée très haute. On verra ce qu’il en sera déjà en juin prochain. Et là il ne s’agira pas d’un sondage ! Celui révélé hier doit être pris néanmoins avec des grosses pincettes et ce d’autant plus que le président Macron, même en dépit de son esprit guerrier sur un terrain extérieur, n’envisage pas de recourir à une dissolution. Qui serait probablement suicidaire.
Le camp présidentiel a pour principale préoccupation pour les prochaines semaines de passer à la vitesse supérieure. Déjà dans un premier temps de boucler son programme et surtout sa liste pour le scrutin du drapeau européen à étoiles. On ne peut pas dire que l’étentard flotte au firmament surtout que le parti « Renew » perdra des sièges. Jusqu’à quel niveau se situera cette première hémorragie ? Sur les 23 sortants, 20 voudraient bien « repiquer » six ans de plus à Bruxelles. La place est bonne. Il est d’ores et déjà acté que certains ne se verront pas avoir une seconde chance. Le camp présidentiel entend injecter du sang neuf. On parle dans les couloirs de la présence possible de deux anciennes ministres congédiées lors des derniers remaniements, Rima Abdul-Malak, ancienne ministre de la Culture et sa collègue secrétaire d’Etat à l’Europe, Laurence Boone. Une hypothèse à confirmer dans les faits.
Il faudra également s’il se confirme que l’UDI rejoint la…chambre nuptiale macroniste faire une petite place à une candidate qui pourrait être la sénatrice Valérie Letard, ancienne membre de plusieurs gouvernements de droite. Un beau casse-tête en perspective dans ce jeu de chaises musicales d’autant plus que le mouvement « Horizons » de « Doudou » Philippe souhaite obtenir le gain d’un siège éligible supplémentaire pour disposer de trois eurodéputés. Les fauteuils vont valoir très cher !