Un coup de pied salutaire dans la fourmilière au pays des cigales !

Un méga coup de com au pays des cigales. Bien sûr que l’on peut émettre des doutes sur l’efficacité durable de ce coup de pied spectaculaire dans la fourmilière ! On ne peut pas être totalement dupe du pourquoi de la visite présidentielle dans les quartiers nord de Marseille tenue secrète hier mardi jusqu’au dernier moment après le démarrage d’une opération anti-drogue « Place nette XXL ». Qui pour le moment au seul niveau du « butin » retrouvé ne mérite probablement pas le terme XXL, même si une centaine d’interpellations ont été enregistrées. Le chef de l’Etat fait de la politique. Ce n’est pas un ravi de la crèche ! Et il n’était pas venu accompagné des santons de Provence. Ce n’est d’ailleurs plus de saison. Surtout à trois mois du scrutin européen qui ne s’annonce pas sous les meilleurs auspices au niveau du score du camp du Président.

Force néanmoins est de reconnaître objectivement que ce déplacement à très hauts risques s’est bien passé. Et pourtant dans la foule, il n’avait pas que des amis prêts à lui déployer le tapis rouge. Pas vraiment une clientèle favorable triée sur le volet. Quel contraste toutefois avec l’accueil qui lui avait été réservé lors de sa déambulation inaugurale au dernier Salon de l’Agriculture où invectives et insultes s’étaient multipliées pour l’empêcher de prolonger son passage d’une durée finale de douze heures. Record battu.

Du côté de la cité de la Castellane, pour une fois libre à la circulation (même s’il y avait une forte densité de « bleus ») il est resté trois heures. Il aime le contact et l’adversité. Il n’a pas été déçu du voyage ! La population à très forte majorité d’origine maghrébine et d’Afrique noire, ne l’a pas interrogé ou si peu sur les raisons de son déplacement en terre phocéenne, la lutte contre les trafics de stupéfiants (est-ce bien une surprise ?) mais sur d’autres problématiques liées principalement à la situation à Gaza et à l’emploi. Quoi de plus logique. Des échanges souvent animés mais néanmoins respectueux de la personne du chef de l’Etat, toujours très à l’aise dans cet exercice où il a fait nombre de selfies, signé des livrets de correspondance des gamins, porté longuement un bébé dans ses bras, fait preuve d’empathie le plus souvent avec ses interlocutrices, les plus bavardes. A défaut de se comprendre forcément, ils se sont écoutés. Poliment. Et c’est déjà pas mal dans ce climat ambiant volcanique.

On peut moins aimer la séquence médiatisée de contrôles policiers dans le même quartier en nocturne. C’était un peu trop « much ». Le président qui a forcément volé la vedette à ses ministres régaliens en retrait, était déjà reparti depuis quelques heures. Il n’en faudra hélas que quelques unes dans le pire des cas ou jours et semaines dans la meilleure hypothèse, pour voir les dealers effectuer leur retour dans ce quartier et les autres et recommencer leur commerce tellement lucratif. On n’est jamais non plus totalement à l’abri d’une belle surprise pas très loin de la « Belle de mai » autre quartier connu parmi les plus pauvres de France.

PS: Alors que l’une des chaînes Bolloré, CNews, fait l’objet de nombreuses critiques d’une partie, à gauche essentiellement, de l’échiquier politique, la verte Sandrine Rousseau n’étant jamais avare de…saillies en se posant même la question de l’existence de cette fréquence sur l’espace médiatique, deux des têtes de liste aux Européennes ont annoncé d’ores et déjà leur intention de boycotter le 30 mai prochain (à une semaine du scrutin) le débat télévisé prévu sur le canal 16. En l’occurrence Marie Toussaint, pour « Europe-Ecologie-les Verts » et Raphaël Glucksmann, pour « Place libre-Parti socialiste ». Une politique de la chaise vide qui n’honore ni l’une ni l’autre et ce quel que soit le rejet éventuel de la ligne éditoriale de cette chaîne ! On ignore encore le positionnement des communistes et de la France insoumise, mouvement dont le « généralissime » Mélenchon s’est gaussé de l’un de ses adversaires de la NUPES, Raphaël Glucksmann: « Je ne me fais pas de souci, il préfère les micros de Radio-France » où il sera très bien accueilli ». Une petite amabilité au passage ne fait jamais de mal entre anciens alliés.

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