Le département de l’Eure ressemblerait-il à l’univers impitoyable d’une ancienne série américaine à succès « Dallas » ? On peut le penser avec le nouveau rebondissement intervenu ces derniers jours. Avec l’annonce surprise de la nouvelle conversion du président du Conseil départemental, Alexandre Rassaërt, qui, passé des Républicains au camp macroniste semble vouloir faire le chemin inverse. Pour preuve son intention bien réelle de voter pour le vice-président de LR et candidat tête de liste, François-Xavier Bellamy, au scrutin des Européennes en juin prochain. Elu à titre intérimaire par ses pairs de la très large majorité de la droite départementale, l’ancien maire de Gisors, a certainement surpris tout son monde et tout particulièrement ses nouveaux amis macronistes qu’il avait rejoints à l’image bien sûr du ministre des Armées et tant d’élus anciennement marqués UMP puis LR. C’est peu dire que son prédécesseur à la direction de cet exécutif départemental qui lui a laissé son fauteuil en décembre 2022, Sébastien Lecornu, a dû être « soufflé » par cette décision inattendue. En quelque sorte un « cocufiage » en revanche très apprécié du côté des dirigeants du parti dirigé par « Rico » Ciotti. Pour preuve les quelques communiqués de victoire (assortis de propos un poil moqueurs) adressés hier après-midi par les élus les plus emblématiques restés chez LR. Avec en premier lieu son président de l’Eure, le maire d’Evreux , Guy Lefrand forcément aux anges ! « Sa décision de revenir à ses premières amours me réjouit et me laisse à croire qu’Alexandre Rassaërt a retrouvé sa lucidité et ses convictions ». Il enfonce le clou en rapportant que « la jeunesse fougueuse rejoint la sérénité et la confiance des plus anciens. Nous constatons un vent de panique dans le camp présidentiel avec les nombreux départs y compris des soutiens de la première heure ». Ce qui là est peut-être encore exagéré, tout au moins dans l’Eure ! Mais ce possible retour au bercail d’un élu tellement dépendant de l’homme fort macroniste, « Seb » Lecornu, surprend néanmoins. Mais combien va être inconfortable sa position comme président de l’exécutif eurois. Le nouvel intérimaire, depuis seulement un an et demi, peut-il continuer à diriger le conseil départemental ? Pas sûr avec cette rupture de confiance. Que cache celle-ci ? La perspective de futures élections locales et nationales ?
La sénatrice LR, Kristina Pluchet, pas la moins offensive lorsqu’il s’agit de taper sur ses anciens frères et soeurs, ne cache pas davantage sa joie de voir l’ancien édile de Gisors, commune dont il avait repris les rênes après avoir battu le maire communiste, Marcel Larmanou, pourtant considéré comme « indéboulonnable », faire « un pied de nez au macronisme ». « Sa tardive et soudaine lucidité va aujourd’hui dans le bon sens. Le débat public a tout à gagner en effet à privilégier les convictions aux circonstances ». C’est vraiment beau cette allégresse. Un sentiment qui ne doit pas traverser trop souvent l’ancien parti de gouvernement qui a donné deux présidents de la République, Jacques Chirac puis Nicolas Sarkozy et depuis tant de déceptions électorales ! Et ce n’est pas l’adoubement surprise à François-Xavier Bellamy, d’Alexandre Rassaërt, qui suffira à remettre sur les bons rails la « vieille » loco de l’ancien parti gaulliste. Dans l’Eure et sur l’ensemble de notre territoire. Prochain juge de paix, le scrutin européen ou LR ne part pas avec les meilleures armes ! A priori.