A force de jouer avec des bouts de ficelle, la corde a fini inévitablement par céder. La ville d’Evreux s’est réveillée avec la gueule de bois ce samedi matin avec la disparition de son emblématique club de basket, la fierté du chef-lieu du département de l’Eure, de l’élite professionnelle de pro A et B. L’ALM faisait partie des dix derniers historiques présents de façon ininterrompue depuis 38 ans. La page la plus noire se tourne donc avec cette relégation en Nationale 1 d’où il n’est jamais facile de s’extraire. C’est en Alsace face à l’Alliance Sport Alsace, au pays des cigognes, que les jaunes et bleus se sont inclinés. Une défaite synonyme de « descente aux enfers ». Seuls neuf fidèles et valeureux supporteurs avaient effectué ce déplacement de la dernière chance. Pas un seul dirigeant du club amicaliste n’était là pour les accompagner. Boujour tristesse au bord d’un parquet scellant la chute d’un club qui a tant donné depuis 1987-une éternité-aux amateurs de la balle orange. Sanguine aujourd’hui avec cette chronique d’une mort annoncée depuis des saisons qui, de la-haut, a dû faire souffrir l’un des pères de la si belle histoire du club de la Madeleine, son ancien maire, Roland Plaisance, très chagrin comme tant d’autres dans la capitale euroise. Les larmes ont coulé sur les joues notamment des ultimes du « 6 e homme », tout aussi historique club de supporters. Que le retour en Normandie a dû être long lors de cette nuit de cauchemar ! Les plus âgés ont dû se repasser les images de la montée en pro-A du temps du duo Veyronnet-Dumora, de sa paire de « ricains » artisans de la montée, formée de James Bowen (futur champion de NBA avec San Antonio) et Claude Williams, et de tant d’entraîneurs et joueurs ayant marqué l’histoire heureuse de l’ALM, les futurs internationaux, Joseph Gomis et Lahaou Konaté, sous d’autres couleurs, du phénomène, dans tous les sens du terme, Jo Kraidy, du meneur Eric Fleury. Quelques noms parmi tant d’autres. On tentera sans strop y croire d’oublier à cette heure de « veuvage » les erreurs repétées par les derniers dirigeants qui n’ont pas pour seule excuse des finances exsangues, tel que le départ il y a cinq ans de la dernière vraie professionnelle administrative, Elsa Toffin-Danflous. Comment faire fonctionner un club sportif de ce niveau avec seulement deux seuls salariés administratifs, une gestion associative pas compatible depuis des années avec le basket professionnel avec aussi cette tournante au niveau des rares salariés peu désireux de s’impliquer sur le court terme ! Le terrain était trop miné de l’intérieur pour qu’un nouveau miracle se produise avec une équipe de direction contestée . Sans grands sponsors et partenaires privés, le maillon très faible à Evreux, la survie ne pouvait pas s’éterniser. L’heure des comptes et probablement de règlements de comptes avec également les collectivités territoriales ne tardera pas elle non plus !
En parlant de miracle, comment aussi oublier pour le sport normand de l’élite, un autre match décisif qui, cet après-midi, attend nos footballeurs du HAC sur leur pelouse. La défaite est interdite contre un visiteur lui aussi strasbourgeois. Ils en ont du coeur nos « ciel et marine ». Ils ne peuvent pas lâcher le morceau contre leur hôte du jour. Une victoire et leurs chances de maintien, en fonction également des résultats de Metz et Nantes, voire Clermont, en situation quasi désespérée, s’en trouveraient fortement renforcées avant leur déplacement à Nice et l’accueil de Marseille…Un calendrier pas facile. Espérons que la bonne mère sera présente avec quelques jours d’avance sur la pelouse du stade Océane où l’on attend de belles vagues…Allez le HAC ! Et surtout pas de tsunami (si ce n’est dans les filets alsaciens) sur les côtes de la Manche…
Dernière heure: En s’imposant sur le score de 3 buts à 1 (six buts marqués ces deux dernières journées) mais avec quelques frayeurs dans le temps additionnel, le HAC a franchi un pas important dans son opération maintien au sein de l’élite. Rien n’est acquis mais le parfum désagréable de la Ligue 2 s’éloigne un…peu! En fonction néanmoins des résultats futurs de ses rivaux. La relégation directe ne semble plus être d’actualité. C’est déjà ça !