« Abattus comme des chiens » ! Et un gendarme tué à Nouméa…

« Une sauvagerie innommable, abattus comme des chiens ». Nombre d’élus de l’Eure, toutes tendances confondues, des conseillers départementaux au président Rassaërt à leur tête, le maire d’Evreux, entre autres, n’ont pu, bien évidemment, contenir leur juste effroi après la terrible exécution dont ont été victimes hier sur le territoire de leur département deux agents de la pénitentiaire meurtrie comme jamais!

On a pu noter que l’édile ébroïcien LR, Guy Lefrand, présent ce matin devant la porte de la prison du chef-lieu pour la minute de silence nationale, a fait preuve de mesure et de responsabilité. « L’heure aujourd’hui est au seul recueillement, il sera temps, plus tard, de revenir sur ce drame épouvantable ».

Cela faisait plus de trente ans que cette administration centrale n’avait pas connu pareil drame. Qui interpelle gravement. Et comme toujours on doit subir l’éternelle récupération politique et aussi ces larmes de crocodiles qu’on essuyé tant de nos compatriotes pas seulement politiques, pleurant la mort de ces deux agents victimes de leur devoir, assassinés lors d’une opération-commando fort bien préparée selon toute probabilité, par l’évadé de sa prison, qui, après être passé devant un juge d’instruction à Rouen pour l’une de ses deux « affaires » en cours, regagnait sa cellule de la maison d’arrêt d’Evreux où il avait été placé en détention préventive et auteur déjà d’une tentavive d’évasion il y a seulement quelques jours. Il court toujours, lui et ses complices, même si le ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, toujours ce matin, a manifesté sa certitude: « cela mettra peut-être du temps, mais la police, au final, gagne toujours ». C’est sûr que le « paquet a été mis » pour la traque de l’ennemi public, devenu numéro un. On veut tellement le croire et y croire après cette tuerie sauvage qui a touché au coeur et bouleversé à juste titre, une grande partie de la population, pas seulement euroise.

Les mêmes qui aujourd’hui s’offusquent de la situation dans les prisons et de la dangérosité des extractions, ne sont hélas pas les derniers pour regretter, un doux euphémisme, les mesures très légèrement liberticides dont pourraient être victimes la population caracérale et ses familles ! Dont l’avis souvent compte plus que celui des propres familles des agents ayant perdu leur être cher. La compagne de l’un des deux fonctionnaires « abattu comme un chien » dans cette attaque de fourgon ralenti par son passage à la barre de péage d’Incarville, attendait un enfant et son collègue ayant subi le même sort tragique, laisse deux orphelins, des jumeaux d’une vingtaine d’années. Douloureuse réalité.

Ce n’est pas un hasard si Mohamed Amra, un vrai caïd au lourd casier judiciaire, en dépit de son jeune âge avec déjà 13 condamnations à son passif, sans omettre ses 19 délits commis entre…11 et 14 ans, classés sans suite, avait été, pour son transfèrement au palais de justice de Rouen, placé, a priori sous bonne escorte de 5 personnels répartis dans deux véhicules. Des spécialistes de ce genre de mission, toujours dangereuse et vulnérable, mais ne disposant pas des mêmes armes de guerre que leurs assaillants pour qui la vie humaine ne pèse rien ! Absolument rien.

Et comme d’habitude, on va s’interroger sur les responsabilités des uns et des autres. Montrer du doigt vengeur, forcément l’Etat. Manque de moyens, une administration pénitentiaire parent pauvre de la Justice, prisons passoires où bientôt on « s’étonnera » et encore malheureusement de la livraison d’armes par voie de drônes aux détenus qui peuvent déjà, en toute impunité, communiquer avec l’extérieur et préparer leur éventuelle évasion.

Comme celle très lointaine géographiquement du drame absolu que la Nouvelle-Calédonie affronte depuis trois jours. Où une véritable guerre civile a lieu et encore plus la nuit dernière où deux morts et une centaine de policiers et gendarmes blessés, ont été à comptabiliser lors d’affrontements armés entre habitants et non avec les forces de l’ordre, semble-t-il. Pillages, destruction massive de bâtiments commerciaux, tirs à balles réelles coté voyous, majoritairement kanaks qui mettent l’île à feu et à sang. Principalement à Nouméa , ville la plus traumatisée. Une situation grave que l’on n’avait plus connue depuis plus de trente ans (décidément !) dans l’archipel. Dont la principale richesse, le nickel, souffre d’une crise aussi majeure.

Une partie très minoritaire de la population de ce territoire refuse toujours le résultat des urnes ayant donné pourtant un vote négatif à l’indépendance, à trois reprises. Peu importe. Et là aussi l’usage des armes ajouté à l’alcool consommé sans modération fait des dégâts terribles. Des milices privées s’engagent pour défendre leurs biens et l’on assiste à des affrontements entre assaillants et assaillis. Bon courage à l’exécutif pour tenter de remettre de l’ordre dans cet abcès de grande colère aux conséquences dramatiques. Un nouveau chantier de gravité extrême pour le pouvoir de la métropole qui ne peut pas laisser en l’état cette dérive insurrectionnelle et meurtrière perdurer ! Qui a minima mériterait peut-être un placement du « Caillou » sous protection de l’Armée et non seulement de celle des forces de l’ordre. Un gendarme blessé grièvement par arme à feu, est finalement décédé des suites de ses blessures en début d’après-midi…

Dernière heure: Le chef d’Etat dans la prolongation de la tenue d’une réunion du Conseil de Défense en présence de plusieurs de ses ministres, a décidé le placement de l’Ile en situation d’état d’urgence. Une première depuis les années 80 ! C’est dire la préoccupation de l’Elysée qui, par ailleurs , a annoncé la mort d’une troisième personne dans ces émeutes.

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