Et la palme d’or est décernée à Rachida Dati ! C’est peu dire que la ministre de la Culture a renoué, lors de son passage très remarqué à Cannes, avec les grandes heures du sarkozysme à paillettes ! Quel festival d’élégance et de glamour en plusieurs étapes. Lorsqu’elle a remis non pas un trophée, mais les insignes de l’Ordre des arts et des lettres à l’une ou loi des stars américaines invitées sur la Croisette, « l’incorruptible » Kevin Costner. A défaut de danser avec les loups, la ministre lui a déclaré sa flamme non olympique puisque réservée à une ancienne gloire des pistes d’athlétisme, Marie-Joe Pérec, présente sur les célèbres marches avec le président du comité d’organisation des JO, Tony Estanguet, pour y montrer une autre flamme, en lui adressant, dans son costume de midinette, un retentissant « I will always love you ». La traduction ne semble pas obligatoire. Tout le monde ou presque aura bien saisi la référence à la chanson du film « Bodyguard », interprêtée par Whitney Houston. Le rêve tout éveillé de Rachida se poursuivit quelques heures plus tard avec son passage à un Journal dominical du 20 heures et le tapis rouge déroulé par Laurent Delahousse (dont la compagne est aussi…comédienne de renom) pour un nouveau face à face, cette fois-ci avec Richard Gere, et encore là quelques marches montées jusqu’à son plateau décentralisé à Cannes sur la musique de « Pretty Woman ». Avec encore une ministre au sommet de son art de l’émerveillement et au comble de l’extase. Vous pensez: affronter du regard et de la parole deux des stars les plus emblématiques du cinéma américain. L’apothéose d’une carrière politique et non pas son « Apocalysme Now », même si son réalisateur, Francis Ford Coppola, était lui aussi présent sur la Croisette. Elle bichait notre ministre en s’entendant dire que Richard Gere la trouvait « fantastique ». Avec cette réponse pleine de culot: « J’espère que tout le monde a bien entendu: il me trouve fantastique ». Il n’y avait qu’elle pour faire cette sortie. Qu’on l’aime ou la déteste, « Dati la fantastique » ne laisse jamais indifférents ses interlocteurs ! Pas sûr que son président des LR, « Rico » Ciotti, le même qui s’est dit favorable hier à la privatisation de la SNCF (bon courage) et même du…service public de France-Télévision, la trouve aussi « fantastique « !
On est bien sûr très éloigné du stress, surtout celui des « bodyguard » non fictifs ceux-là, du chef de l’Etat débarquant en…messie sur une terre pas forcément promise en Nouvelle-Calédonie. Et pour retenir cette titraille du « Canard enchaîné »: « Encore une idée à lagon ». On verra dans quelques heures si ça s’en était vraiment une ! Souhaitons que non.
En attendant le chef de l’Etat a perdu déjà, semble-t-il, une bataille sur un autre Caillou plus princier, en l’occurrence sur le rocher monégasque où il semblerait que le prince Albert ait remporté son match du tournoi de Monte-Carlo face à « Manu II » avec qui il s’opposait sur l’identité du futur ministre d’Etat, l’équivalent du poste de Premier ministre en France. Il lui aurait été agréable de voir à cette place son ancien directeur de cabinet (pendant sept ans) à l’Elysée, Patrick Strzoda, le type même du haut fonctionnaire. Le prince en aurait décidé autrement. Il devrait en effet bientôt officialiser le « recyclage » d’un ancien ministre à ce poste. En l’occurrence Didier Guillaume, un ex-sénateur, qui est notamment passé au début du règne d’Emmanuel I par le ministère de l’Agriculture. Tout fout vraiment le camp dans ce bas monde de roturiers: un « bouseux » au palais…