« Lâchez- moi les baskets » !

Ce n’est pas ce genre de débat à huit tenu hier qui va inciter les électeurs à courir jusqu’aux urnes ! Même si on a raison de s’émouvoir de la part trop belle faite aux deux partis dominants, dans les sondages, on ne peut pas dire pour autant que cette confrontation télévisuelle ait captivé les foules devant leur petit écran. A deux ou trois, c’est toujours…mieux. Que l’on ne se méprenne pas sur mon propos. Que retiendra-t-on de ces échanges forcément très confus et au final une manifeste foire d’empoigne ? Au jeu des gagnants et des perdants, force est de reconnaître que Valérie Hayer et peut-être encore plus la « verte » Marie Toussaint, font partie de la seconde catégorie. Elle souffre la malheureuse du camp macroniste et tout n’est pas de sa faute. Ses compétences d’élue sortante au parlement européen ne sont pas en cause. Mais n’est-elle pas partie dans l’aventure avec beaucoup de handicaps. Dont le principal et majeur est d’être depuis le début de son intronisation bien trop tardive, un second, voire un troisième choix. Une erreur funeste dont elle n’est évidemment pas responsable. Et lorsqu’en plus elle n’avait aucune expertise médiatique, ça n’aide pas, comme ne l’aide pas l’exécutif qui, par tous les moyens très maladroits et non productifs, essaie de lui sauver la mise en venant à son secours. Ce n’est jamais agréable de se faire accompagner de « chaperons » aussi importants qu’ils puissent être. Tout particulèrement depuis quelques semaines et l’accumulation de résultats sondagiers peu flatteurs et enthousiasmants. Ce n’est pas plus de sa faute si les candidats qu’aurait préféré le chef de l’état ont courageusement deserté le combat ! Pour des raisons évidentes en fonction de leur avenir. Ceci explique cela. Les coups à prendre sont toujours plus faciles pour des candidates lâchées dans la nature très ingrate de la politique pour une cause quasi perdue d’avance. Surtout qu’elle doit en plus supporter le poids conséquent de l’impopularité gouvernementale. L’aile gauche de la Macronie a, qui plus est, tort de s’en prendre avec véhémence aux déclarations de l’une de leur députée, Maud Brégeon, qui a eu le courage de faire un lien entre immigration et délinquance ! Sur le bûcher la parlementaire, l’une des porte-parole de « Renaissance »

Un carburant qui facilite avec une actualité dramatique bien trop « bienveillante » et poussée à l’extrême, pour le Rassemblement national, le petit commerce de Jordan Bardella. Il suffit à ce dernier de faire également son miel des erreurs de stratégie du Président et de ses amis, ne sachant que taper avec une totale inefficacité sur le RN. Une overdose de trop. Quels cadeaux offerts et pas seulement sur un plateau de télévision. Si ca continue au même rythme dans les deux dernières semaines restantes de campagne, le pire est à venir avec un président du RN à plus de 33 % et une troisième place très possible pour la liste « Renaissance » de plus en plus menacée par Raphaël Glucksmann qui joue lui aussi sur du velours. Même s’il a davantage parlé de ses pieds hier soir en appelant la France insoumise et sa candidate à « lui lâcher les baskets ». « Vous feriez mieux, Manon Aubry, de vous consacrer davantage à l’extrême-droite qui pèse 40 % des votes. Vous faîtes de moi votre principale cible depuis six mois ».

C’est vrai qu’à gauche, les coups pleuvent entre le chouchou médiatique, Raphaël Glucksmann et ses alliés de la NUPES, dont il faudra écrire l’épitaphe définitif au soir du 9 juin prochain. De profondis. Surtout si les Insoumis « prennent le bouillon » comme leur consoeur verte de rage, Marie Toussaint, totalement perdue mais qui n’est pas plus responsable que Valérie Hayer de cette grosse erreur de casting. Quand ça ne veut pas pas, ça ne veut pas. Surtout hier soir où elle a totalement sombré. Et pourtant le scrutin européen est la bonne mère des élections pour les écolos. Souvenons-nous des scores records atteints par ses devanciers comme Daniel Cohn-Bendit dont le charisme était certes tout autre et même l’ex-candidat aussi perdu de la présidentielle, désormais bien confortablement planqué au Sénat, Yannick Jadot. Quelle erreur de placer une totale inconnue, envoyée au casse-pipe. Encore une femme. Comme c’est bizarre ! Et pour elle il n’est pas impossible de craindre un chiffre inférieur à 5 %. Les écolos plus rouges que verts n’auraient donc plus dans cette hypothèse le moindre élu à Bruxelles et Strasbourg. Ce qui constituerait un accident « industriel » majeur à gauche, jamais autant divisée, où le vote utile va très certainement jouer en faveur du candidat très européen du PS dans les derniers jours. Et ce sera pareil pour la droite et la droite extrême. Merci encore une fois aux instituts de sondages faussant les résultats dans les urnes…

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