« Les carottes ne sont définitivement ni cuites ni râpées mais la salade risque d’être difficile à vendre !

En une mauvaise blague on pourrait presque résumer le séisme provoqué par le président de la République. Matérialisé par la possible constitution d’un nouveau gouvernement cheffé par Jordan Bardella au moment des Jeux Olympiques. Avec forcement un ministre issu de son parti très heureux de… voir repartir d’autres étrangers, au bout de trois semaines de compétition ! Mais là c’est plus normal et beaucoup plus facile que les promesses émises par Bardella et consorts ! Prudence néanmoins: les urnes n’ont pas encore parlé, même si la tendance n’est pas favorable pour l’actuelle majorité relative.

Sans bien trop y croire « Manu II » espère néanmoins un changement de pieds début juillet à l’occasion de législatives très largement avancées dans le temps. On va d’ici là en entendre des imbécilités et inepties, telles par exemple que celle colportée à gauche d’appeler à un « front populaire » uni contre le retour de la peste brune ou de la bête immonde, le Rassemblement national. Non, les électeurs et électrices ayant voté pour Jordan Bardella à 31 % à ce scrutin européen, contre un peu plus de 14 % pour Valérie Hayer, sont tous et toutes très loin d’être des fascistes et des nazis comme l’ont scandé en soirée quelques centaines de jeunes manifestant contre le RN place de la République. Ils ont voulu tout simplement manifester leur désespoir, pour une large majorité d’entre-eux et dire non à toutes les erreurs des gouvernements successifs (ne datant pas , loin s’en faut de l’ère Macron) en matière principalement du respect de l’autorité de l’état, bien mise à mal depuis des années. De cette insécurité galopante. De ces débordements des flux migratoires. Un ras-le-bol chèrement payé par le pouvoir, dans les urnes. Le reste, plus positif, ayant été vite oublié et balayé.

En moins d’une heure, hier soir, l’allocution présidentielle solennelle a mis un terme au débat sur les résultats de ce scrutin qui alors est passé au dernier rang des préoccupations de l’exécutif. Rangées très vite dans le placard aux souvenirs. Il n’y avait plus qu’un seul sujet valable: les conséquences de cette débâcle annoncée depuis le début de la campagne et ce retour aux urnes. Hélas indispensable et très probablement dans les tuyaux depuis quelques jours. Une partie de l’entourage du président l’y pressait: la dissolution, même si les dangers pour la France sont immenses. Emmanuel Macron, vu les gros nuages s’accumulant sur l’impossibilité de trouver une nouvelle majorité pour le vote du budget à l’automne, s’y est résolu. Contre l’avis de son Premier ministre, Gabriel Attal, visiblement hostile à cette décision coup de théâtre. Les spéculations vont forcément aller bon train. Tellement fragmentée et éparpillée façon puzzle, la gauche espère revivre la reconstitution d’une NUPES revue et corrigée mais dont LFI voudra toujours jouer le premier rôle. Quelle foutaise après ces déchirements. Mais comme souvent, l’espoir d’une victoire commune va motiver toutes ces belles âmes à s’embrasser sur la bouche et siffler le bon air de la réconciliation surjouée. Qui peut encore y croire après les propos du vainqueur à bâbord de dimanche, Raphaël Glucksmann. Mais pourtant le pire est très possible. La bannière unie n’est pas encore à exclure. Pour sauver son plat de lentilles vertes. Avec un parti écolo essoré par ce scrutin. Il s’en est sorti de peu en dépassant la barre symbolique des 5 %. Mais quelle frayeur nocturne puisque donné à moins de 5 % pendant une partie de la nuit. Le fruit sec d’errances et de folies de « déconstructeurs radicalisés ».

Le parti d’Eric Zemmour aura lui aussi cinq élus à Bruxelles et Strasbourg. Et le parti des Républicains, qui n’a toujours rien compris, un ou deux de plus. Même si la note à payer risque encore de se révéler plus forte aux légistatives, on ne change pas une équipe qui ne cesse de perdre avec des dirigeants qui, de façon majoritaire, préfèrent le suicide hélas collectif plutôt que de nouer des alliances avec Renaissance. Le mouvement politique le plus proche d’eux, mais la haine viscérale qu’ils portent au président de la République l’emporte très largement. Ils seront a priori balayés…après l’arrêt de cette hémorragie insuffisante.

Le camp du président qui pourrait se ranger sous un pseudo arc républicain ridicule et non plus sous ses propres couleurs « Renaissance », UDI, MoDEM et « Horizons » va au devant de nouvelles et graves désillusions. Pas sûr non plus que la perte d’indépendance éventuelle va trouver un agrément chez les alliés estampillés des « maisons » Bayrou et Philippe ! Voilà qui nous promet encore bien des bisbilles…Le maire du Havre n’a pas souhaité réagir à chaud.

Reste que les jeux ne sont pas entièrement faits après que près de la moitié des électeurs du chef de l’état en 2022 n’aient pas jugé utile de se déplacer dans les bureaux de votes. Et pour autant, en dépit de leur nette victoire à ce dernier scrutin, les trop assurés dirigeants du Rassemblement national sont encore loin d’obtenir ce qu’ils recherchent à savoir une majorité absolue à l’Assemblée nationale. Même si au minumum une majorité relative, s’annonce au moins malheureusement inéluctable. Tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir ! Un fil mince, certes. Encore faudrait-il que la majorité actuelle pour au moins trois semaines ne fasse une fois encore l’incorrigible erreur de s’installer à nouveau dans une seule finale avec le RN. Ce qui a causé en partie sa perte dimanche soir avec le degré d’impopularité toujours plus grand…et parfois immérité du président de la République. Présent ce jour à Oradour-sur-Glane, un haut-lieu de l’ignominie nazie après la réussite des débarquements sur les plages normandes. C’est ce qu’on appelle se changer les idées noires !

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