Le compte à rebours est commencé. Plus que deux jours avant le dépôt des candidatures. Vendredi soir il sera trop tard. Pour un grand chambardement consécutif au psychodrame survenu hier avec l’allégeance d’Eric Ciotti au Rassemblement national. Même si une moitié environ de sympathisants LR (selon un sondage à prendre encore une fois avec des pincettes) n’ont pas été choqués plus que ça par la démarche en solitaire du président des Républicains qui a même été jusqu’à avancer sa déclaration à 13 heures au JT alors qu’elle n’était prévue initialement qu’à 20 heures, histoire de prendre de court ses amis et décider tout seul ! C’est assez marrant alors qu’il ne cesse depuis des années de s’en prendre au jupitérien Emmanuel Macron de…faire de même ! On n’est pas à une incohérence près.
Force est de reconnaître qu’il y a un fossé très important entre ladite morale des « chapeaux à plumes » de LR et le solitaire de ce même parti, qui, à l’heure où j’écris ces quelques lignes demeure président. Fort, dit-il du soutien de ses troupes de sympathisants et militants. « Rico » joue le bon peuple contre les dirigeants qui, à deux ou trois exceptions près, et encore ne s’agit-il que de troisièmes lames, ont volé dans les plumes du « paon » et non pas de l’aigle des Alpes-Maritimes. Le bureau politique de LR devrait le destituer cet après-midi…en son absence voulue par l’intéressé.
Quel suspense insoutenable!
Avec un nouveau coup de force présidentiel décidé à partir de 12 heures ce mercredi : la fermeture du bureau parisien de son parti et le renvoi de tous ses permanents ! Incroyable mais pourtant vrai. Avec un fort Chabrol ubuesque imposé à tous les cadres du parti ! Du jamais vu. On est chez les dingues…
On ne peut pas dire que le trésor de guerre offert par le député de Nice à Jordan Bardella (qui fièrement a annoncé hier qu’ils seraient plusieurs dizaines à franchir le rubicon) brille à la fois par son importance numérique et une carte de visite impressionnante. Echec et mat. Les députés sortants LR ne prendront pas le moindre risque et resteront fidèles à leurs couleurs. Encore une fois de plus défraichies et même terriblement délavées. C’est une armée en déroute qui s’apprête à vivre un waterloo électoral. Il n’est pas sûr que le duo du RN ait fait un choix tellement gagnant dans sa manoeuvre. Surtout qu’en même temps il a opposé curieusement une fin de non-recevoir à une éventuelle alliance électorale avec le parti frère ou soeur, « Reconquête », conduit par un autre duo !
En attendant de nouveaux rebondissements, le Premier ministre qui, dans l’histoire de la V e République, risque d’être le plus court en longévité à Matignon, a annoncé hier soir qu’il ménerait le combat de ces légistatives anticipées. En tandem en quelque sorte avec l’omniprésent (trop ?) chef de l’Etat, Emmanuel Macron. Ce qu’à regretté hier Édouard Philippe.
Il est tout aussi certain que les députés sortants « Renaissance « à qui l’on promet des pertes conséquentes sur le terrain de cette « guerre éclair » vont être davantage tentés par l’image et le soutien de « Gaby » que ceux de « Manu II » sur leur matériel de campagne !
Ainsi dans l’Eure, où le vice-président du conseil départemental et maire des Andelys, Frédéric Duché, un élu bien reconnu au-delà de sa ville, pourrait être tenté par un soutien de son chef de parti, en l’occurrence Edouard Philippe. Ce transfuge de la droite républicaine comme bien d’autres dans l’Eure, a été l’un des premiers à le rejoindre chez « Horizons ».
Toujours dans ce même département, le maire-président de l’agglo d’Evreux a parlé très vite hier , en se désolidarisant totalement du positionnement d’Eric Ciotti, respectant comme bon nombre de ses amis, sa conviction « Ni le Pen, ni Macron ». Guy Lefrand a annoncé dans le même temps qu’il quitterait la présidence de LR dans l’Eure si le député niçois conservait la présidence du parti. Affaire à suivre. Très rapidement puisqu’il a officialisé à l’heure de déjeuner son départ de sa famille politique d’origine ! Un claquement de porte tout de même conséquent ! Il n’aura donc pas la charge de s’occuper de la désignation de « ses » candidats aux législatives.
Un parti auquel reste attaché et fidèle, contre vents et marées, pourtant très forts, dans le département voisin de Seine-Maritime le dernier candidat LR dans la 7 e circonscrition, celle du Havre, l’avocat Jacques Forestier, tout aussi courageux de repartir au combat. Contre sa même adversaire qu’en 2022, l’ancienne ministre « philippiste », Agnes Firmin Le Bodo et forcément un candidat estampillé RN, en tête dimanche dernier dans la ville portuaire. Comme dans 91 % des villes et villages de métropole ! Un vrai tsunami. L’incertitude a encore régné quelques heures pour savoir si le « grand argentier » de Bercy et ancien député UMP à trois reprises, Bruno Le Maire, ferait son retour sur ses terres électorales pour tenter reprendre un siège au Rassemblement national. De toute façon le risque politique était moins lourd puisque « Nono », comme ses petits camarades du gouvernement, ne fera probablement pas partie d’une éventuelle équipe ministérielle susceptible hélas d’être dirigée par Jordan Bardella ! Ca n’aurait pas manqué d’un certain panache. Et une reprise de son fief aurait pu forcément compter à son actif, au cas où. Certes pas le cas le plus probable. D’autant moins probable qu’à été officialisé ces dernières heures un autre nom celui de Julien Canin, en présence à la fois de Sébastien Lecornu et Bruno Le Maire. Son ex-patron à Matignon, Edouard Philippe, a décidé lui, contrairement à son ex-voisin eurois, mais pas forcément très proche, de ne pas assister à la conférence de presse tenue ce matin, par le général des armées macronistes en l’occurrence Emmanuel Macron, himself…