Les enquêtes d’opinions l’attestent: le vent a tourné ces derniers jours et pas dans le bon sens pour la coalition baptisée le « Nouveau Front populaire ». Sale temps pour ce mariage de la grosse carpe et du lapin non plus chasseur mais plutôt chassé par les électeurs et électrices. Un vrai repoussoir avec en tête de gondole, Jean-Luc Mélenchon, rejeté par plus des deux tiers de nos compatriotes. Il fait davantage plus peur que le Rassemblement national. C’est dire ! Encore que jusquà ce jour, cet épouvantail à deux faces ne fonctionne que modérement. Si l’on croît, comme le cri du corbeau, les sondages qui le placent toujours en seconde position. Loin derrière le Rassemblement national, mais avec une bonne avance sur le bloc central de la majorité présidentielle avec un Emmanuel Macron, dont le degré de popularité a encore fait un plongeon depuis sa décision de dissolution, vivement critiquée par Edouard Philippe. Qui, hier, a taclé sévèrement le chef de l’Etat coupable aussi de « dissolution » le mot « tuer « à même été prononcé, de cette majorité certes relative. Une relativité qui ne concerne plus vraiment les griefs à l’égard de son ancien patron de l’Elysée. Il appelle à la constitution d’une nouvelle majorité sortie des urnes le 7 juillet prochain. Alors que de son côté, le toujours Premier ministre, Gabriel Attal, qui, à l’instar du maire du Havre « mouille » vraiment le maillot comme quelques ministres tels que Eric Dupond-Moretti, sur l’ensemble du territoire, pendant cette campagne éclair, entend bien rester à Matignon... »On ne vote pas à cette élection pour un président, mais bien pour un chef de gouvernement. Ce sera Bardella, Mélenchon ou moi. » Le message est clair et limpide comme la distance qu’il prend progressivement du chef de l’Etat dans cette situation de grand chaos. Et pour couronner le tout, le grand chancelier des finances à Bercy, Bruno Le Maire, s’en prend lui, sans détour, aux conseillers du palais de l’Elysée et des ministères se conduisant comme des « cloportes des parquets » …
Bonjour donc l’ambiance aussi au sein de la Macronie, dont le frémissement dans les intentions de vote reste encore trop faible pour espérer un gros miracle. Reste néanmoins que les jeux ne sont pas entièrement faits et qu’il est très imprudent de prendre pour argent comptant les fourchettes de sièges données aux uns et aux autres. Ce n’est plus un scrutin des Européennes à un seul tour, mais bien 577 élections avec des personnalités plus ou moins connues, appréciées ou pas et pas toujours selon leur stricte étiquette. Il faut quand même espérer que le « même pas peur » ne fonctionne pas à pleins tubes… Je préfèrerai et de loin plutôt la suite logique « mais si ! ». Il faut toujours croire à un sursaut après le 30 juin avant un éventuel avis de très forte tempête. Notamment sur le chapitre économique et promesses exorbitantes qui « foutent vraiment la trouille » et pas seulement pour les ménages les plus aisés. Loin sans faut. Pour départager suffisamment les trois blocs. Pour le moment aucun d’entre-eux n’obtiendrait la majorité absolue et encore moins, bien sûr, le camp du Président appelé d’ailleurs par ses proches à se faire discret en cette fin de campagne très tendue. Autre temps, autres moeurs. En 2017 la « Macronmania » s’affichait avec son portait sur les documents électoraux des candidats députés « En Marche ». Ils préfèrent cette année mettre en relief les soutiens visuels de « Gaby » et « Doudou ». « Manu » n’a plus la cote d’amour. Mais plutôt celle du désamour…
PS: Ca pourrait être en même temps anecdotique et tellement dérisoire. Et pourtant ca ne l’est pas. Surtout pas risible lorsqu’une candidate sortante du RN dans la seconde circonscription de l’Eure, Katia Levavasseur, restée totalement absente sur le terrain et inconnue pendant ses deux ans de mandat raté dans les grandes largeurs, fait ce tweet hier sur la « Toile » « Le temps n’étant pas au rendez-vous, je dois malheureusement réporter à jeudi prochain ma venue au marché de Conches-en-Ouche ». Un message pathétique qui bien sûr a fait réagir l’une de ses concurrentes, Stéphanie Auger: « cette attitude n’est pas très courageuse à l’égard de vos électeurs« , écrit-elle amusée. Refuserait-elle de se mouiller ? Il pleut, il pleut, il mouille et ce n’est pas la fête à la grenouille mais à Katia. Pourvu qu’il ne pleuve pas jeudi prochain ! Encore un rendez-vous manqué supplémentaire en perspective. Et dire que cette dame dont le bilan est plus proche du zéro pointé que de la moyenne, pourrait être reconduite à l’Assemblée nationale grâce à son seul parapluie, le parti de Jordan Bardella ! La démocratie a vraiment ses limites…