Quelle fête et festin pour les castors de la politique ! On ne parle depuis hier soir ou presque que des barrages en construction pour empêcher les nationalistes de l’extrême-gauche…du Rassemblement national (je persiste et signe) de prendre la tête du gouvernement et de vivre une cohabitation musclée avec le chef de l’Etat. Ce qui est loin encore d’être fait car bien malin celui ou celle qui peut avancer avec certitude une majorité absolue pour la reine Marine et le « petit » dauphin, Jordan, qui s’est bien montré imprudent en soumettant son acceptation de Matignon à cette condition. C’est déjà cocufier ses électeurs en cas de victoire trop juste pour atteindre cet objectif. Quel courage si la barre des 290 députés RN dans l’hémicycle n’était pas atteinte. Il se peut néanmoins, en cas de victoire insuffisante, mais très proche du graal suprême, qu’il revienne sur sa position. Un premier reniement qui en appelle tellement d’autres. C’est peut-être ce qui a motivé ce matin à l’ouverture de la bourse d’un indice en progression de 2,5 %. Incroyable mais vrai. Les marchés craignaient tellement le pire ! Peut-être que la corbeille voulait à sa façon…célébrer aussi le résultat du Nouveau Front Populaire bien loin de ses espoirs de battre le Rassemblement national. Sauf catastrophe, la France insoumise ne passera pas la porte de Matignon. Une grosse déception pour le futur ex-Premier ministrable, Jean-Luc Mélenchon, qui a pu néanmoins passer une pas trop mauvaise soirée en enregistrant la réélection très facile de ses pires acolytes, les braillards et braillardes de son parti, une honte pour la représentation nationale qui, à Paris et dans les départements franciliens, a déjà fait carton plein ou presque. Avec cerise sur le gâteau, l’élimination du premier des communistes, Fabien Roussel, dans le nord et les difficultés enregistrées par deux des siens avec qui il est brouillé, Raquel Garrido, dite la « poissonnière qui s’est encore distinguée » par sa vulgarité sur les plateaux de télé, hier soir, et surtout François Ruffin, lui aussi très menacé dans son fief de la Somme qui néanmoins peut sauver son fauteuil après le désistement de la candidate macroniste. C’est ce qu’on appelle une belle prime à la « bordelisation ». Insupportable mais démocratique hélas dans les urnes bien bourrées par les électeurs communautaires de l’ancienne banlieue rouge. Ca aide et à la fois ça fait mal. A l’image de la cacophonie entendue dans les différents partis du camp présidentiel. Ou ce qu’il en reste après la fessée reçue à ce premier tour de scrutin législatif. Les paris très hasardeux du chef de l’Etat, il ne s’attendait probablement pas à un mariage aussi rapide entre les familles de gauche, ont été perdus dimanche soir. Ce serait malhonnête d’avancer le contraire. Reste que l’issue du match reste tellement incertaine avec toutes ces triangulaires. On en saura déjà plus demain à 18 heures, heure finale du dépôt des candidatures. Et j’aurai une petite tendance à ne pas trop croire celui qui fait le plus peur à nos compatriotes, JLM, un excellent repoussoir qui a tout intérêt lui à ce que le chaos survienne avec le triomphe de son soi-disant meilleur ennemi, le RN. Révolutionnaire il est, révolutionnaire il restera.
Quid au final du positionnement des électeurs de la droite républicaine et notamment celui des « Républicains ». Avec ou sans consignes pour le second tour. Il n’est vraiment pas sûr que beaucoup d’entre eux votent LFI dimanche prochain. Ce qui serait un comble. Les grands mots ont été lancés plus ou moinns affligeants, hier dans tous les états-majors pour appeler ou non à des désistements des candidats arrivés en troisième position. D’où les fameux barrages en construction. Ils ne serviront probablement à rien puisque le peuple, hélas en a décidé autrement. Il veut essayer à tort celui qui n’a jamais occupé des responsabilités au plus haut niveau gouvernemental. On est, me semble-t-il bien partis pour une chambre ingouvernable. le moindre mal ? A voir sur la durée. Cela ne nous changera pas trop de la précédente, d’ou la décision à hauts risques de cette dissolution ! Même si la majorité nouvelle constituera une grande première que l’on imaginait pas encore si rapide il y a quelques semaines.
Un rapide coup d’oeil sur la carte géographique électorale me fait « curieusement » bifurquer en priorité vers mes ami (e) s de l’Eure et notamment ceux de la seconde circonscription où comme je le pressentais et en « même en temps » le craignais, il n’y aura pas de candidate défendant mes valeurs et plus important les valeurs personnelles des deux postulantes. Le résultat symptomatique d’une crise à « droite et au centre » dont les électeurs ont facilité cette finale entre la sortante RN, le degré zéro de la politique, et le leader de l’opposition municipale socialiste ébroïcienne. Qui peut certes espérer un meilleur report des voix qui se sont portées au premier tour sur Stéphanie et Isabelle (la seconde étant arrivée en troisième place avec un score « pas si mal » de 17 % en bénéficiant de son appartenance au mouvement « Horizons »). C’est d’autant plus dommage que finaliste dans le meilleur des cas face au RN, l’une des deux pouvait l’emporter! C’est néanmoins quasi mission impossible pour le candidat du NFP, dans un département couleur bleue marine. Quelle belle image ! Son objectif de faire le grand chelem reste d’une actualité effrayante, même si l’autre candidat socialiste et sortant, dans la 4 e circo, peut encore croire à ses chances…Le « village » gaulois de Louviers cher « au petit ours Brun » résistera-t-il encore cette fois-ci au tsunami du RN ?