La journée risque de s’éterniser pour le gain du perchoir !

Le brouillard devrait enfin se lever partiellement ce soir avec l’élection au second ou troisième tour, mais plus probablement à ce dernier, avec l’élection au perchoir d’un des six candidats sur la ligne de départ après moult tractations. Si on élimine d’entrée une possible accession à Sébastien Chenu (RN), Philippe Juvin (LR) et Naima Moutchou, candidate estampillée « Horizons » dont la présence se semblait pas vraiment indispensable à cette bataille (elle se ralliera en principe à Yaël Braun-Pivet dès le second)…On notera pour la petite histoire que contrairement au mouvement d’Edouard Philippe, le MoDEM de François Bayrou, ne se comptera pas dans l’hémicycle. Il reste donc trois potentiels vainqueurs. Dont principalement la sortante, celle-ci pouvant envisager un report des voix (reste à connaître à quelle hauteur) des parlementaires ayant choisi au premier tour le nom du représentant macron-compatible, le député LR Juvin. Un juste retour d’ascenseur après le second tour des législatives où des candidats des Républicains ont vu leur élection ou réélection être assurée grâce au soutien le camp macroniste, celui-ci s’étant désisté pour éviter une victoire des extrêmes, de gauche comme de droite, dans une trentaine de circonscriptions. Et lorsqu’on y ajoute l’avancée certaine dans les négociations entre Renaissance et LR, pour la signature d’un pacte législatif, sans participation au gouvernement, on peut imaginer que Yaël Braun-Pivet (qui loin s’en faut, ne fait pas l’unanimité au sein même de sa famille « Ensemble » peut encore sauver son fauteuil de présidente. Une situation pour le moins totalement improbable au soir du 30 juin dernier ! Comme quoi rien n’est jamais perdu en politique.

La sortante peut aussi bénéficier du fait que ses relations n’ont pas été les meilleures et se sont révélées parfois conflictuelles avec le chef de l’Etat, pendant cette mandature raccourcie, un atout probable pour s’assurer aussi les bonnes grâces des députés rescapés de cette dissolution meurtrière dans leurs rangs.

Reste que les oppositions multiples vont jouer, non sans raison, leur principal atout: vouloir dégager la sortante, encore symbole de la « Macronie » défaite dans les urnes européennes et législatives et ce même si elle n’a pas totalement démérité à ce poste surtout dans ce contexte de majorité relative.

Ce n’est pas pour autant que le Front populaire, cru 2024, s’est donné les meilleures armes en présentant certes un seul candidat mais un communiste en personne d’André Chassaigne, élu inamovible depuis 31 ans, au palais Bourbon. Une figure « bon enfant » de la ruralité auvergnate, appréciée de beaucoup, mais tout de même, ce serait « gonflé » de confier à cet homme certes respectable mais dont le parti (2 % à la dernière présidentielle !) ne représente que seulement 9 députés au sein de l’hémicycle. Sa défaite serait pratiquement considérée comme le coup de grâce mortel à toute nomination d’un gouvernement de gauche !

Ses « camarades » de la CGT, ne seront pas loin de l’Assemblée pour fêter cet événement au final peu probable, puisqu’ils ont initié une marche et un rassemblement devant l’édifice pour marquer leur grande impatience à voir la gauche prendre le pouvoir à Matignon !

Reste la grande inconnue: le score du doyen en terme d’années passées sur les bancs de l’Assemblée, le centriste Amédée de Courson, le député de la Marne, représentant le groupe charnière, Liot, qui rassemble une petite vingtaine de membres, parlementaires pour beaucoup d’entre-eux issus des territoires et départements d’outremer. Se trouvera-il dans la situation de se transformer en faiseur de roi communiste ou de reine sortante ? L’outsider discret jusqu’à l’année dernière, reconnu pour sa rigueur budgétaire, qui est passé à la lumière et à la fureur lors de la dernière législature en étant le principal opposant de la réforme de la retraite contre le gouvernement sortant. Cette élection pour le perchoir n’aura jamais autant été suivie surtout depuis le réforme du septennat tranformé en quinquennat ! Cette séance sera d’autant plus cruciale que la menace d’un nouveau barrage dit à tort républicain, se profile pour empêcher le parti aux 11 millions d’électeurs, le Rassemblement national, d’obtenir des responsabilités au sein du nouveau bureau. Ce qui serait, quoi que l’on pense du RN, comme du NFP, d’ailleurs, un déni démocratique inacceptable même dans une assemblée explosive et fragmentée ! Je parierai bien sur la révolte « très mauvaise joueuse «  dès ce soir de la France insoumise et de ses amis. On verra…

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