La honte absolue. Comme si la nouvelle assemblée commençait déjà sous les mêmes auspices délétères que la précédente avec ce même chahut généralisé, cette pluie d’invectives et d’insultes entre les uns et les autres, ne voilà-t-il pas que l’on a passé hier un nouveau cap, qui n’est pas celui de « Bonne Espérance », avec une tricherie caractérisée lors du premier tour de l’élection des six postes de vice-présidents. Le « must du must » historique au sein du parlement. Une première inédite où l’on s’est aperçu que l’urne comptait dix voix en trop. Une fraude inqualifiable pour un désordre dont on connait pas évidemment le ou les auteurs, qui a donc entraîné l’annulation de ce premier vote et engendré une première pagaille et un retard dans l’ordre du jour de cette première séance consacrée uniquement à ces votes pour la constitution du nouveau bureau. Qui se trouvera aujourd’hui complété par la mise en place des huit commissions et l’élection de leurs présidents et présidentes. Encore un grand moment en prévision. D’autant moins facile que l’on ignore encore qui fera partie de la majorité et des oppositions. Du jamais vu là encore !
En attendant, ce vote de vendredi a constitué une véritable faute politique, « un scandale démocratique » selon les dirigeants du Rassemblement national. Qui ont eu beau jeu effectivement de dénoncer ce déni de justice pour leurs 11 millions d’électeurs et d’électrices floués et donc non représentés dans les instances dirigeantes de l’Assemblée. Leurs deux vice-présidents sortants sont restés en effet sur le carreau, victimes d’arrangements entre le camp présidentiel, ses désormais nouveaux amis de LR (très bien récompensés) et le Nouveau front populaire. Dont deux de ses membres, tous deux issus de la France insoumise, ont été élus en bonne compagnie de deux parlementaires d’Ensemble et Horizons et autant de Républicains.
Le cordon sanitaire pour bloquer le RN, comme on pouvait le craindre, a bien fonctionné, même si dans un certain sens, ce « délit de sale gueule » les arrange un peu pour accentuer leurs victimisation. Mais ce n’est pas pour autant admissible, même si l’on rejette l’idéologie de ceux qui sont ostracisés et traités comme des pestiférés. Leurs électeurs méritent tout autant le respect, même si je n’ai jamais adhéré à leurs aspirations que je refuserai toujours. C’est seulement une question et elle est d’importance, d’équité et d’équilibre démocratique. Il aurait été en effet plus habile de leur confier au moins l’une de ces deux vice-présidences à laquelle ils avaient droit. Une possibilité qu’ils n’ont pas utilisée en fin de compte. Quand on y pense, les Républicains se retrouvent beaucoup mieux servis avec leur 47 élus issus des urnes que les 143 du RN ! Laurent Wauquiez peut être satisfait. Et le plus drôle, c’est que les deux vice-présidentes LFI, dont Clémence Guetté, très proche de Jean-Luc M, ont été portées à ces postes de responsabilités grâce aux voix des RN. Cocasse non ? Et surtout affligeant lorsque ces mêmes et éternelles donneuses de leçons et leurs amis insoumis n’ont pas décliné cette générosité d’ailleurs bien naïve et au final curieuse des « héritiers soit disant des nazis et pétainistes ». Ce qui là encore est tout aussi ridicule et si éloigné des préoccupations premières de nos compatriotes.
Peut-être que les élues qui, de façon ostensible, la veille, ont refusé de se salir les mains lors de l’élection au perchoir, trouveront un peu de temps pour « serrer la pince » de leurs électeurs. Ces derniers n’ont pas les mains sales lorsqu’ils votent pour eux et dont ils ne refusent pas les suffrages. Lamentable. Il y a vraiment de quoi être particulièrement remonté après ce mauvais cinéma ! Qui s’est prolongé jusqu’à quatre heures du matin sur la même veine avec l’élection à la questure de trois députées appartenant aux bloc central et à la gauche. Sans la participation au vote du RN qui en a fait de même pour les nominations des 12 secrétaires. Avec au final un véritable « hold-up » effectué par le NFP se retrouvant contre attente avec 7 « petites mains » sur les 12! Ce qui lui donne la majorité au bureau de l’Assemblée. Le groupe « Ensemble » et ses alliés, s’étant semble-t-il désintéressés de ces derniers votes. Il avaient peut-être envie de se coucher plus rapidement. C’est bien triste.
Le feuilleton tout aussi grotesque concernant l’épilogue de la nomination d’un Premier ministre, continue lui aussi comme si de rien n’était. Une véritable jouissance pour un supplice chinois à la mode « gaucho ». Le Parti socialiste, montré du doigt vengeur par JLM pour son attitude de vouloir tout bloquer (ah le vilain) a posé un ultimatum courant jusqu’à mardi, dernier délai. Défense de rire ! Un vote doit impérativement se dérouler pour le choix de son futur locataire à Matignon. Peut-être nous proposeront-ils également un nouveau scrutin pour élire un à un les futurs ministres. On n’est pas à ça près. Il n’est pas sûr que l’on y arrive néanmoins avant le printemps prochain. Dans le meilleur des cas. Ca dépasse vraiment le supportable et l’entendement. Ca promet déjà pour aujourd’hui !