On a vécu hier quelques gros contrastes saisissants à quelques heures d’intervalle. Entre l’agressivité d’une grande partie de la gauche en position de très mauvaise joueuse après l’annonce de l’arrivée de Michel Barnier à Matignon et la satisfaction non feinte de la plupart des amis, anciens et nouveaux, du « montagnard » natif de la Tronche en Isère. Quelle tronche ils nous ont proposée les verts et rouges de rage. « Election volée », « honte absolue » « pervers », a même ajouté la verte Tondelier à l’adresse du chef de l’Etat, remontée comme un coucou. Il ne lui manquait que la bave aux lèvres. Et pourtant comme nombre de ses partenaires du Nouveau front populaire, co-responsable avec le Rassemblement national de la désignation de l’ancien commissaire européen et ministre. « Vous n’avez pas voulu Cazeneuve et vous avez eu Barnier ». Les opposants sociaux-démocrates du PS à la ligne Faure ont appuyé aussi où ça fait mal. Même si bien sûr avec toute la mauvaise foi qui les caractérise les « frontistes » de l’extrême-gauche ont rejeté toute la faute sur le Président. Combien de fois avons-nous pu entendre ce letmotiv: « c’est un scandale d’avoir porté Barnier à la tête du gouvernement alors qu’il ne représentait que le quatrième groupe au parlement ». Ca peut effectivement surprendre et s’entendre, mais sont-ils les mieux placés pour s’étrangler, avec la forte véhémence des perdants, de ce choix alors que les mêmes avaient présenté sans succès à la présidence de l’Assemblée nationale le communiste André Chassaigne, président d’un groupe politique retréci à huit parlementaires ! Les mêmes qui avaient également fait bloc avec les macronistes pour empêcher le RN d’obtenir le moindre poste à responsabilité au sein de l’Assemblée. Un bel exemple de sectarisme et ils ne cessent de donner des leçons de démocratie, ces honorables professeurs de la vertu outragée!
Comme quoi la politique peut être aussi très drôle…comme l’attitude de nombre d’élus et dirigeants des Républicains, qui, il y a encore quelques jours, refusaient de toutes leurs forces la perspective d’une alliance gouvernementale avec les macronistes. Que de compliments…de dernière minute à l’égard du vainqueur du sprint ultime. Pas le plus mauvais choix d’ailleurs. Un rapprochement « forcé » qui m’a toujours semblé la moins mauvaise solution. C’est enfin arrivé. Certes dans la douleur et l’extrême longueur. Et la désignation d’un « autre grand » de taille me paraît toute autant justifiable et surtout raisonnable. Peu importe qu’il s’agisse d’une « cohabitation » ou d’une « coexistence exigeante », selon la dernière version du président lui-même.
Que l’on ne méprenne pas, le « montagnard » ne sera pas un « toutou à son jeune pépère de l’Elysée » et pas davantage un « grand mou ». Il en a fait très vite la preuve lors de sa réponse à son prédécesseur Gabriel Attal, (quelque peu « professoral » et aigri sur le perron de Matignon) où il s’est permis de s’affranchir: « Nous allons devoir davantage agir que parler « et surtout, avec quelques pincées d’humour, de répliquer à l’auto-satisfaction de son prédécesseur qui, à mon gôut, a raté sa sortie. Il en a fait beaucoup le « Gaby », en tentant de donner un peu la leçon à son aîné avec ce rappel inutile à cinq reprises un « Monsieur le Premier ministre » peu chaleureux. Trop c’était un peu trop, avant de partir en majesté à pied dans les rues de Paris jusqu’au Palais Bourbon, où à la tête du groupe « Renaissance », il va livrer combat et pas seulement contre les oppositions de gauche et de la droite extrême. Son propos pouvait résonner un peu comme une réponse du « berger à la bergère », en l’occurrence à Edouard Philippe, sorti officiellement du bois, trois jours plus tôt. Les deux hommes ne vont pas s’épargner dans les prochains mois. Il y en a assurément un de trop dans la course présidentielle ! A moins bien sûr que le plus jeune Premier ministre de la V e République ne choississe la voie de gauche au scrutin de la présidentielle !
En attendant bon courage à la France, Monsieur Barnier. Aura-t-il le temps nécessaire pour gravir ses sommets des Alpes ? Très bon skieur, il va lui falloir des sacrées qualités de slalomeur face aux pièges tendus par ses oppositions qui n’auront pas vraiment besoin de remonte-pente pour tenter de le faire chuter !
PS: Ca n’a pas été long. Après moins de 24 heures de polémiques, la direction du groupe Pernod-Ricard est revenue sur sa décision d’apporter son parrainnage au club de football du PSG, l’ennemi héréditaire de l’OM ! Ce dont je me suis fait l’écho avec amusement hier. Quel pastis aujourd’hui bien dilué. Santé…