Emmanuel Macron pas encore dégagé !

« Il y aura des gens de ma famille politique. Il y aura aussi naturellement des hommes et des femmes de bonne volonté appartenant à la majorité sortante et au-delà, y compris des gens de gauche ». Il pensait probablement à quelques grands élus locaux ! Ainsi s’est exprimé Michel Barnier, au lendemain de sa nomination à Matignon, dans son premier JT de 20 heures, hier vendredi. « Il faut ouvrir la porte ». Pour ce qui est des « gens de gauche » la tendance n’est pas vraiment favorable après la fin de non-recevoir très ferme du premier secrétaire du PS, Olivier Faure, la cinquième roue du carrosse de la France insoumise et plus inféodé que jamais au grand gourou et à ses adeptes de LFI. A l’initiative bien sûr aujourd’hui de la première « manife » imposée au Premier ministre. Sans les syndicats. Qui estiment trop politique cette « grande marche » digne de Mao (une plaisanterie bien sûr) dans la capitale et dans cent-cinquante villes de notre territoire. Avec pour slogan « Macron dégage ». Avec la jeunesse lycéenne et étudiante dans les rues à l’appel aussi du Nouveau parti anticapitaliste (NPA) qui date déjà d’une vingtaine d’années à la suite de la LCR. Tellement habitués à fouler le haut ou le bas du pavé. Rien de…nouveau donc sous le soleil ou plutôt la grisaille du temps ! Pendant ce temps-là…le nouveau chef du gouvernement, qui est loin de se comporter comme un sectaire, la meilleure preuve n’est-elle pas qu’il respecte les 11 millions d’électeurs du Rassemblement national sans être suspect de toute collusion avec ses dirigeants, contrairement à ce que ses opposants de gauche « matraquent » depuis deux jours, travaille calmement à la formation de son équipe. Un patchwork pas vraiment aisé à réaliser. Reste à savoir s’il aura toute liberté du chef de l’Etat pour le choix de ses hommes et femmes. Il semblerait toutefois qu’il pourrait avoir une belle autonomie et manoeuvre , même si tout reste possible. Le pire comme le meilleur.

Le patron à qui l’on prête un désir de prendre un peu de retrait aurait néanmoins soufflé dans l’oreille du « montagnard savoyard » qu’il ne verrrait pas d’un mauvais oeil le maintien de deux de ses ministres sortants, Sébastien Lecornu, aux Armées et Rachida Dati, à la Culture. Ca tombe bien car l’une des plus récentes transfuges des LR, arrivée seulement il y six mois, aimerait poursuivre sa mission avant d’en découdre avec Anne Hidalgo aux prochaines municipales. La maire de Paris très remontée contre les dirigeants du PS ayant empêché la désignation de Bernard Cazeneuve, mais plus revigorée que jamais après la réussite des Jeux olympiques, voudrait bien surfer sur une vague plus porteuse.

Les ministres sortants sont d’ailleurs plusieurs à espérer jouer les prolongations. Même Gérald Darmanin qui avait notifié son désir d’ailleurs n’est plus considéré comme un ex potentiel. Il pourrait en effet rejoindre le poste de ministre des Affaires étrangères. Le quai d’Orsay après la place Beauvau qui use tellement son locataire ! Proche du nouveau chef de gouvernement, Catherine Vautrin, pourrait elle aussi ne pas faire ses valises, sinon pour un changement géographique de ministère. Pour le reste, il y aura selon toute probabilité beaucoup de déçus dans la formation sortante. Michel Barnier ne peut évidemment pas faire autrement. Et je ne pense pas à ce stade, qu’il demandera l’autorisation à Marine Le Pen pour biffer les noms des rentrants ! Le chef de l’Etat ne manquera pas en revanche de jouer encore un « petit rôle » dans la sélection finale. Distant peut-être, mais néanmoins pas encore trop éloigné, tout de même. Il ne faut pas éxagérer. Le maître des horloges n’a pas encore totalement perdu sa montre ou boussole…

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