Le rouge est devenu une couleur à la mode. Il ne se passe pas un jour sans que des politiques de tous bords ne montrent leurs petits poings et menacent de brandir des fameuses lignes rouges. Ca en devient très lassant surtout lorsque ce chantage est également mis en avant par les anciens gouvernants. L’annonce de possibles augmentations d’impôts pas vraiment démenties par le nouveau locataire de Matignon (qui juge la situation budgétaire de la France « très grave » d’où sa demande « d’éléments pour en apprécier l’exacte réalité ») a servi de détonateur puissant hier dans le camp macroniste. Ce qui a motivé Gabriel Attal, le président du groupe « Ensemble pour la République » à réclamer d’urgence un rendez-vous avec son successeur (qu’il ne porte visiblement pas dans son coeur et à qui il ne fera pas le moindre cadeau) prévu aujourd’hui. Et ce de façon à exiger un sérieux éclaircissement de Michel Barnier. Comme si le soutien participatif de ses troupes au gouvernement ne coulerait pas forcément de source ! Une rencontre finalement reportée. Comme c’est bizarre, vous avez dit bizarre. Mais promis juré, ne dit-on pas que le chef de l’Etat ne se mêle pas de cette future composition ! Et plus la fumée blanche tardera à sortir, plus les enchères monteront. Pathétique et pitoyable que ce régime des partis! Il a été rejoint en cela par le ministre des Affaires étrangères putatif, Gérald Darmanin, qui, à son tour, a haussé le ton et mis le feu aux poudres ce mercredi matin. En brandissant la menace de refuser de s’embarquer sur le navire ayant pour « pacha » Michel Barnier. « Il est hors de question que je rentre dans un gouvernement qui aurait pour projet d’augmenter les impôts ». Une attitude musclée qui peut tout de même étonner ajoutant le « bazar au bordel ». Mais qu’ils la mettent en sourdine et cessent de jouer les petits coqs avant que l’annonce n’intervienne. Surtout qu’elle pourrait également fortement contrarier le parti des Républicains hostile lui aussi à toute révision fiscale. Tout comme d’ailleurs le Rassemblement national dont les dirigeants ont eux-aussi annoncé leur intention d’appuyer le cas échéant sur le bouton nucléaire de renversement de l’équipe gouvernementale. « L’orchestre rouge » a repris du service ! On ne va pas y arriver. Bon courage dans ces conditions au nouveau chef de gouvernement pour réunir son équipe autour de la table des ministres !
Je ne vois qu’un seule solution pour parer à toutes ses difficultés: nommer une volontaire toujours prête à donner son corps, non pas à la science, mais à la nation. En la personne de « Ségo » Royal, qui pourtant libre pour Matignon (la poste est déjà pris) accepterait bien un maroquin. Et elle ne voit pas rouge. Prête à tout. Encore qu’en dépit de toutes ses qualités, elle ne pourra pas devenir à la fois ministre de l’Environnement, garde des Sceaux, aux Affaires étrangères, en passant pourquoi pas par Beauvau, la Culture, etc…Quelle tristesse !
Comment prendre aussi au sérieux cet énième sondage, sans préjuger de l’avenir immédiat, qui seulement deux semaines après sa nomination place l’ancien commissaire européen en tête de popularité du classement des personnalités de droite devant Edouard Philippe et Gabriel Attal. Deux semaines pour consulter et toujours consulter en vue de constituer son équipe et faire quelques « petites » annonces ici et là. Sa « poupoularité » risque assurément d’être brève…C’est toujours ça de pris néanmoins. Un bon point pour sa rentrée des classes. Ca peut l’aider dans sa première mission pourtant quasi impossible avec toutes ces lignes rouges…Une « situation, qui, a-t-il dit, ce mercredi, mérite mieux que ces petites phrases et exige de la responsabilité » Ne visait-il pas là tout particulièrement et à juste titre Gabriel Attal et Gérald Darmanin ? Voilà qui pourrait sceller négativement l’hypothèse d’un Darmanin au Quai d’Orsay. Ce qui par voie de conséquence nous promet à l’avance de beaux échanges de balles dans les travées de l’Assemblée nationale et pas seulement avec le « montagnard » mais une bataille féroce pour prendre le leader-ship de l’héritage macroniste entre les deux hommes ! Je serai tenté de croire que le député de Tourcoing serait davantage tenté de quitter le navire. Et que « l’affaire des impôts » aurait servi de prétexte ! C’est d’autant plus misérable qu’il y a urgence à la gouvernance…